Violent accrochage à Maâtkas (Tizi-Ouzou) entre un groupe terroriste et une troupe de militaires

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Il n’existe aucun bilan officiel de cet accrochage nocturne. Cependant, selon des sources locales, quatre à cinq blessés seraient à enregistrer chez les militaires. Par ailleurs, avons-nous appris, les militaires étaient en déplacement à bord de leurs camions lorsque les terroristes, embusqués dans les fourrés, les ont surpris avec un feu nourri. Il semble que les soldats de l’ANP s’apprêtaient à assurer la relève de sentinelles au niveau de deux barrages fixes dont l’un se trouvait à l’entrée du Pont Noir et l’autre à sa sortie. C’est entre ces deux barrages que les terroristes ont tendu leur embuscade. Les premières rafales des pistolets-mitrailleurs ont commencé aux environs de 11 heures et 30 minutes et les dernières ont été entendues aux environs de 03 heures du matin. Une chose est sûre : les habitants de Maâtkas et des environs n’ont pas pu fermer l’oeil de la nuit tant le bruit provoqué par le feu craché par les armes était assourdissant.

A vrai dire, il y a lieu de parler d’une bataille entre les deux belligérants tant les deux adversaires étaient forts aussi bien en hommes qu’en armement. En effet, une quarantaine de terroristes solidement armés et mobilisés pour une embuscade prouve aisément que les structures terroristes sont puissantes. Il reste à savoir cependant – la question est fort pertinente – à quelle mouvance politique appartiennent ces terroristes ? L’ex- Front Islamique du Salut (FIS) ? Peu probable ! Si c’était le cas, fort probablement Abassi Madani et Ali Belhadj n’auraient pas passé 12 ans de prison chacun. L’AQMI ? Cette fraction terroriste n’a aucune corrélation avec quelque parti politique algérien. En ce moment où le Maghreb est soumis à une redistribution des cartes géopolitiques, il est difficile, voire impossible, pour un simple observateur de faire la moindre analyse un tant soit peu juste.

Ce qui est en revanche certain, c’est que la politique de réconciliation nationale, prônée jusqu’à maintenant par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, ne semble pas être du goût de la majorité des responsables civils et militaires concernés directement par le dossier terroriste. Ce qui est certain également, c’est le peu d’intérêt que portent les simples citoyens à ces événements relevant du terrorisme. Les simples citoyens qui souffrent de la sous-alimentation et de la malnutrition plaident quant à eux pour un changement radical aussi bien du système de gouvernance que des responsables. Certains vont jusqu’à même souhaiter que l’Algérie subisse le même sort que la Libye, car c’est la seule voie possible quant au changement souhaité. C’est pourquoi ces mêmes esprits suivent avec une grande attention les analyses du journaliste américain, Daniel Pipes, expert de la politique internationale, selon lequel il existe de fortes chances que l’Algérie et la Jordanie soient frappées à leur tour par des « révolutions populaires ». En lisant les écrits de Daniel Pipes avec une parfaite attention, on déduirait que ce retour en force du terrorisme n’est qu’une préparation du terrain pour cette « révolution ». A moins que ce soit carrément l’inverse. Dans ce cas, la tête de ce terrorisme est à rechercher ailleurs que dans le camp islamiste.

Autrement dit, ce seraient les partisans du régime actuel qui actionnent les leviers de violence comme ce fut le cas en 1992, où la menace d’une révolte sociale a été détournée pour la transformer et la traduire sur le terrain en terrorisme. La peur de mourir par balles fait oublier la faim. A la différence qu’à l’instauration du multipartisme en 1989, les caisses de l’Etat étaient vides alors qu’aujourd’hui elles sont pleines. Ce qui n’a pas changé, c’est la misère criarde des simples citoyens.

En tout cas, les populations du Sud algérien sont tellement désespérées devant le peu de chances de voir un jour une amélioration de leur condition qu’elles stockent des armes. Leur référence historique : le FLN-ALN en I954.

Quand toutes les voies du pacifisme et de la sagesse sont largement épuisées, il ne reste plus que celle de la violence pour faire valoir des droits humains universellement reconnus.

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