Les islamistes contre-manifestent à Tizi-Ouzou pour « dénoncer » l’historique initiative laïque

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Quarante huit heures seulement après l’historique initiative laïque ayant consisté à casser le tabou ramadhanesque et vingt-quatre heures après la venue d’Ali Benhadj à la capitale du Djurdjura où il a inspecté minutieusement les places des Martyrs et de l’Olivier, les islamistes se sont mobilisés pour crier « haut et fort » que « Tizi-Ouzou est terre musulmane ».

En effet, ils ont appelés des centaines de personnes à venir, hier soir pour rompre le jeûne à la place de l’Olivier, distante à peine de quelque mètres de la place des Martyrs, lieu où les vaillants laïques ont rappelé au monde entier leur farouche opposition au diktat et l’aventurisme islamistes. Fidèles à leur méthode, les manifestants islamistes ont commencé à envahir les lieux à partir de dix-neuf heures. De jeunes gens fort excités se sont rassemblés en groupes pour exhiber ensuite des livres coraniques et des reliques au contenu religieux. Ces reliques contiennent naturellement des versets coraniques. Et, au même temps, ces jeunes manifestants scandaient des slogans démentant l’existence de la laïcité à Tizi-Ouzou, « région des Amazighs » et des « Allah Akbar “Dieu est le plus grand” ».

Ces slogans, trouvés et réfléchis par une compétence religieuse, politique et intellectuelle certaine, sont : « Tizi-Ouzou islamia (Tizi-Ouzou est musulmane ou islamiste ? », « Allah Akbar (Dieu est le plus grand) », Anwa wiggi ? Dhimazighène (qui sont ceux-là ? Des Amazighs) », « Assa, azekka, l’islam yella yella », « la gharbia la charquia, Tizi-Ouzou islamia (non occidentale, non orientale, Tizi-Ouzou est musulmane) ».

A travers leurs slogans, les jeunes manifestants n’ont à aucun moment ciblé
directement les laïques parmi lesquels certains ont rompu le jeûne 48 heures
auparavant à la place des martyrs. Quand vient la prière de l’adhan, les manifestants, – la plus part d’entre eux – ont déroulé de larges tapis sur
la place carrelée pour faire la prière. Et parmi ces manifestants figuraient
les militants et cadres régionaux du Mouvement de la Société pour la Paix
(MSP). Le Directeur des affaires religieuses et des wakfs de la wilaya de Tizi-Ouzou, Mohand Ouïdir Saïb a également figuré parmii les manifestants.

A notre question à ce commis de l’Etat, tenu logiquement par l’obligation de réserve, sur les lieux de la manifestation, il a répondu que sa participation est strictement personnelle. Toutefois, Mohand-Ouïdir Saïb a refusé de se faire filmer ou photographier, contrairement aux autres manifestants qui se sont volontairement exposés aux caméras et autres appareils photographiques. A la question de connaître le ou les initiateurs de cette manifestation, le militant et cadre du MSP, M. Mohamed Mazouni a répondu qu’elle a été « initiée par un simple comité citoyen ». « Quant à notre participation à ce rendez-vous, ajoute notre interlocuteur, elle n’est qu’individuelle ». Autrement dit, selon Mohamed Mazouni, ce n’est pas son parti politique qui est engagé. Toutefois, vu le choix des slogans, le moment et le lieu
du rassemblement, la manifestation ne pouvait être l’œuvre d’un simple comité
citoyen. Seule une authentique autorité religieuse et intellectuelle pouvait
orchestrer une telle manifestation.

Serait-ce Ali Benhadj ? Sa présence la veille de la manifestation à l’endroit même de cette dite manifestation et ses alentours a été remarquée par de nombreux citoyens. Le N° 2 de l’ex-FIS était accompagné d’un groupe d’hommes inconnus sur la place publique de Tizi-Ouzou. Pour beaucoup d’avis, Ali Benhadj ne
pouvait pas être étranger à cette manifestation qui s’est voulue « une riposte » à l’action des laïques. Faut-il aussi signaler que les jeunes manifestants excités ont brandi « fièrement » le drapeau aux couleurs kabyles à côté de l’emblème
national algérien.

Un homme non expérimenté à la chose politique n’aurait pas réussi à réunir de tels ingrédients à la portée politique et idéologique certaine. Oui, exhiber le drapeau amazigh en pareille circonstance et en pareille endroit est un geste significatif et, par conséquent, ne peut être en aucun cas la réflexion d’un néophyte de la chose politique. Plus encore ! Aucune déclaration n’a été faite contre la famille politique du MAK. Même pas une syllabe. Notons également qu’au moment de l’adhan, les prieurs se sont alignés derrière un jeune homme à peine sorti de l’adolescence. C’est ce jeune homme, presque éphèbe et imberbe qui a dirigé la prière. Il a joué le rôle de ce qu’on peut appeler le coryphée. Après la prière, les manifestants adultes sont rentrés chez eux pour dîner. Après la prière, les manifestants adultes se sont retirés dans le calme absolu. Seuls quelques jeunes, avides du défoulement, ont continué à chanter à scander les slogans hostiles à la laïcité tout en s’exhibant devant les appareils photographiques.

En somme, une manifestation d’apparence pacifique. Quant au message qu’elle transmet, il n’est pas besoin d’être Jérémie pour savoir sa portée. La vigilance de celles et ceux croyant à la modernité et à la prospérité aussi de la Kabylie est plus que jamais recommandée.

Saïd Tissegouine

4 COMMENTS

  1. nutni vghigh a-d innigh adavu adzayri a3rave, yevghan ad yesenger tamazight luked tgherma tamazight ; ikavaren msp ,hamas … mi ara-d assen gher tmurt nnegh ttafen xersum cituh (cwi kan macci atas n imdanen iten yetava3en) nekwni ikavaren nnegh rcd , ffs mi ara ruhen wa3raven , ttqedimen-ten id wa3raven u akkagi rcd luked ffs a-gh id qaren belli nekwni d-idzayriyen ad agh id innin kan nekwni d-a3raven meqar ivan . lume3NA ASAGI IVAN BELLI LLANT SNAT TGHARMIWIN DEG TFARKA UGAFA TAMEZWARUT D TAGHERMA TAMAZIGHT ILLAN D VAV N TMURT TAYEDH D TAGHERMA TAVERANIT (TA3RAVT ) AKKAGI I ASEN IQAR HAZM LUKED KHELDUN . SEG ZIK (LES MADGHIS -IMAZIGHEN ) LUKED WEXSIM NSEN(LES BRANS- IVERANIYEN

  2. Nous avons manqué 3 occasions d’etre des hommes et des femmes libres

    1962 : a l’indépendance tous les espoirs nous étaient permis, au lieu de cela nous nos aieux ont préférés nous sceller au destin d »une algérie démocratique et populaire » qui s’est avérée ni démocratique, ni populaire mais suicidaire.

    1991 : avec la junte militaire en guerre frontale avec les islamiste, au lieu de profiter de cette occasion pour prendre notre envol ou du moins monayer chèrement notre participation nous avons grâce à Said Sadi et sa click était à la rescousse du pouvoir, en obtenant que des cacahuètes, qui s’est ensuite naturellement retrourné contre nous une fois l’empoignade avec les islamistes terminée.

    2001 : Nous aurons pu revendiquer clairement notre autonomie voire notre indépendance grace à une mobilisation sans précédent du peuple kabyle, mais au lieu de cela on préféré pondre une « constitution algérienne bis » que le nain d’elmouradia s’est empressé de mettre à la poubelle en lachant simplement « l’amaghité langue nationale » qui s’est avéré juste un slogan creux et sans conséquence.

    Maintenant bien que le régime ai les caisses bien garnies, le contexte international défavorale à la junte et notamment l’isolement diplomatique régional, nous devons saisir cette ultime occasion pour enfin prendre notre envol, mais pour cela il faut taper la ou ça mal, la ou tout se décide : en FRANCE, le talon d’achile de ce régime qui ne tient que grâce a FAFA.

  3. Faites un peu attention a ce que vous ecrivez. Vous utilisez le terme laic a tort et a travers. Vous mettez en opposition des des « Laics », c.a.d. des gens dont l’action/manifestation est des tine’e a manifester, c.a.d. montrer et exprimer une position politique, a des gens qui expriment leurs sentiments prive’s. Du coup, vous ouvrez la porte a ce bidule de belhadj. J’explique:

    1. Les casseurs-de-jun de samedi dernier ont exprime’ un desavoeu des autorite’s publiques (les agents/representants) de l’etat algeriens. Cette action est est un act politique car il s’adresse et s’oppose directement aux autorite’s politiques, pour leur nier l’autorite’ sur la chose religieuse.

    2. Les prieurs d’hier par contre ont exprime’ un sentiment religieux sur la place publique. Mais n’ont pas adresse’ de message politique, c.a.d. n’ont pas reclame’ un regime theocrate – ce que vous leur faites dire – et ce qu’aurait voulu leur faire dire le Ali Belhadj. Mais il est interdit de faire de telles declarations, alors en sorte, vous les faites a sa place !!!

    Ce qu’il y a lieu de comprendre de cette priere et de la presence de non-jeuneurs du samedi, est que la pratique religieuse est libre en Kabylie, et est hors porte’e de l’etat et du politique ! Mieux encore, c’est une action citoyenne qui se separe de cellee d’ali belhadj –

    Personne n’est alle’ justement le soutenir dans sa manifestation prive’e – sauf les agents de la securite’ militaire ramene’s de blida. La police locale a refuse’ de donner protection a cet energumen interdit de discours politique, justement. Ils aurait l’arreter, en fait dans toute la legalite’.

    Votre article rend une injustice au Musulmans de Tizi, en les offrants comme agents d’un parti politique islamiste. A force de leur repeter, ils finiront eventuellement par s’y identifier. Je suggere qu’il faut plutot les reconnaitre comme des laics qui ont separe’s leur action de celle de l’etat et celle d’ali belhadj. Vous faites de la recuperation pour ce monsieur, sans le vouloir… Il fallait par contre isoler sa visite, comme un acte qui oppose acte politique, donc est politique et contre la loi, contrairement a celui des gens.

    • Tu es complétement Out L’ami, si c’était ce que tu es entrain de dire, tout monde aurait applaudi des deux mains. Mais la réalité est tout autre. Leurs Slogan  » Tizi Wezzu Islamia  » c’est quoi ça?

      Brandir des Livres du Coran et un drapeau Islamiste, c’est affirmer quoi au juste?

      Nous qui étions sur place le 03/08, notre seul slogan était « liberté de conscience » Laïcité et contre l’inquisition de état. Nous n’étions ni contre les musulmans ni contre L’islam, ni contre aucune autre croyance.

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