Université de Tamda (Ouaguenoun) : 17.000 places pédagogiques et 22.000 lits attendus d’ici 2015

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Pas moins de 17.000 places pédagogiques et 22.000 lits doivent être livrées d’ici 2015 pour l’université de Tamda (Ouaguenoun). Le coût de ce programme est d’un peu plus de 20 milliards de DA. C’est ce qu’a déclaré Abdelkader Bouaghzi jeudi dernier à l’occasion du conseil de wilaya dont les travaux ont été consacrés au secteur de l’enseignement supérieur.

« Il est absolument impératif de redoubler d’efforts pour achever ce programme ambitieux », a martelé le wali à l’endroit de ses interlocuteurs, en l’occurrence les représentants des entreprises concernées par ce projet. Toutefois, Abdelkader Bouaghzi, connu, rappelons-le, pour son réalisme, n’a pas caché ses doutes quant à l’impossibilité d’honorer le rendez-vous d’ici 2015.

En effet, le taux de réalisation des travaux enregistré en cette fin d’année 2013 ne dépasse guère 20%. Pourtant, pas moins de neuf entreprises sont engagées dans cet énorme chantier. A la question de savoir pourquoi un tel déficit, pour ne pas dire gabegie, dans le travail, le wali et le recteur de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, M Idir Ahmed-Zaïd ont entendu en guise de réponses toutes sortes de fadaises et fariboles. Mêmes des collégiens auraient trouvé des réponses plus intelligentes pour justifier leur médiocrité ou incurie dans le travail.

C’est le cas de le dire dès lors que certains représentants d’entreprises, toute honte bue, ont justifié leur « inertie » par des intempéries. Même le voile devant protéger la plate-forme supportant des constructions n’a pas été fait. « Un voile se construit durant les saisons sèches », a souligné le représentant de COSIDER. Le directeur du logement et des équipements de la wilaya (DLEP) réplique que si ce voile de protection ne venait pas à être construit dès maintenant, la plate-forme et l’ensemble des constructions qu’elle supporte seraient emportés par l’affaissement du terrain.

Pour Idir Ahmed-Zaïd, l’argument d’intempéries ne tient pas du tout la route. « Dans les pays comme la Suède et la Norvège, le travail se fait en dépit de la pluie et même de la neige », souligne le vice-recteur de l’université Mouloud Mammeri qui n’a pas du tout caché sa colère vis-à-vis des représentants des entreprises.

Comme, l’argument portant sur les intempéries a été rejeté aussi bien par Abdelkader Bouaghzi que par Idir Ahmed-Zaïd, ont signalé aussi le temps « exagéré » que prennent les laboratoires pour faire des analyses et des études géo-techniques. « Des fois, on met six à sept mois pour nous rendre les résultats d’analyses, signale un intervenant».

Est-ce vrai ? Est-ce faux ? En tout cas, le wali de Tizi-Ouzou a considéré que ce laps de temps de six mois pour faire une analyse géo-physique relève de « l’inacceptable ». Comme un nouveau professeur qui veut connaître le niveau de ses élèves pour savoir où et comment commencer l’enseignement avec eux, Abdelkader Bouaghzi commence à questionner les uns après les autres sur la façon d’améliorer leur rendement.

Et tous et toutes ont déclaré leur volonté de renforcer les effectifs de leurs entreprises respectives. Il se trouve effectivement que la main d’œuvre de certains chantiers ne dépasse guère une soixantaine d’individus.

Selon le wali, la norme pour la construction d’un lycée est de 100 ouvriers. Donc, l’université nécessite une plus grande mobilisation de la ressource humaine. Quant à l’entreprise SEDDIKI laquelle se trouve en justice avec la wilaya de Tizi-Ouzou, Abdelkader Bouaghzi a instruit le DLEP, M. Mustapha Bannouh, d’accorder plus d’intérêt à ce dossier judiciaire et à commencer par « fournir tous les détails à la justice ». « L’entreprise SEDDIKI a fait beaucoup de mal à l’université de Tizi-Ouzou », a encore réitéré le wali.

Avant de lever la séance, le premier commis de la wilaya de Tizi-Ouzou a appelé les acteurs concernés par l’exécution de ce programme à manifester plus de rationalité et plus de persévérance dans le travail car « faute de quoi, nous accuserons un retard que nous pourrons jamais rattraper ».

Addenda : Données concernant ce programme et son exécution,
17.000 places pédagogiques. 7.000 places relèvent du reliquat du programme 2004 -2009. Les I0.000 autres relèvent du programme 2010-2014. Idem concernant le quota des 22.000 lits. Le total des places pédagogiques du pôle de Tamda est de 25.000 places. Les 22.000 lits sont destinés pour 13 cités universitaires. Chantiers en cours : 17. Identité des entreprises mobilisées : EUROCASA (Espagne), HAISUM (Chine), Entreprise BELKKASSAM, ELSOBIOS (Portugal), Sarl ERGOSOT (Espagne), SNC ABERCI, CGL (Chine), ETPB KESSI Akli et SARL SSEDDIKI.

-L’effectif estudiantin de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou est de 50.000 individus. 47.000 étudiants évoluent en graduation et 2500 autres en post-graduation. Le personnel enseignant est de 3200 éléments. 2000 enseignants sont permanents et les 1200 autres sont des vacataires.

1 COMMENT

  1. N’oubliez surtout pas , monsieur le wali, le sanctuaire de la transformation de l’âme égarée du kabyle en serviteur zélé au service de la foi servile .

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