Le fils de Boudiaf :"Je ne cherche plus qui a tué mon père"

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Nacer Boudiaf

ALGERIE (Tamurt) – Le fils de Mohamed Boudiaf, tué par les généraux Algérien en juin 1992,  a annoncé qu’il renoncera à toutes ses activités en vue de faire la lumière sur crime. « Tant que le régime est le même, ça ne sert absolument à rien d’espérer de voir la vérité sur assassinat de mon père éclater », a déclaré à la presse Nacer Boudiaf.

C’était sa réponse au patron du journal El Nahar qui a affirmé que Boudiaf a été tué par le général Toufik.  » On se demande pourquoi ce Rahmani a attendu 29 ans pour nous dire que c’est le général Toufik qui a tué mon père. Il est clair qu’il s’agit de règlement de comptes entre clans du régime », a répondu Nacer Boudiaf au patron d’Enahar qui a subi l’humiliation de sa vie à travers cette réponse salutaire à plus d’un titre. Nacer Boudiaf a remis carrément à sa place l’opportuniste d’Enahar.

Le fils de Mohamed Boudiaf est toujours resté loin des champs du sérail. Il a tant cherché la vérité sur son père, mais il s’est retrouvé tout seul. Aucun parti politique, aucune organisation ni même les amis de son père ne sont venus à son aide. Il a fini par  baisser les bras devant le régime algérien qui a tué son père. « De toutes les façons tout le monde connait qui sont les commendataires de l’assassinat de mon père », assène Nacer Boudiaf.

Ravah Amokrane 

4 COMMENTS

  1. Boudiaf a été tué par le monstre qui vient directement des ténèbres. Ce monstre relâché en 1962 contre tous les Algériens capables de construire un pays, L’histoire se répète malheureusement, on a juste l’impression de tourner en boucle. La vérité sera éclatée un jour, mais peut-être quand ça va être trop tard. Parce que la mauvaise graine est répondu partout, et nul n’aura besoin de vérité en ce moment là. Je crois que Boudiaf était le dernier souffle de l’Algérie libre et démocratique.

  2. AUCUN HOMMAGE DE VOTRE PART POUR L’ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DE BOUDIAF PAR LE POUVOIR ALGERIEN.

    Il est des hommes qui marquent l’Histoire en la faisant et ainsi fut votre vie Monsieur le Président.

    Grand militant, artisan et penseur de la fin d’un des systèmes de domination raciale le plus abject que l’Histoire n’ait jamais connu, en l’occurrence le colonialisme français, vous fûtes éloigné par vos frères de combat une fois la liberté recouvrée en vous confisquant le fruit de votre combat. Depuis, le pays fut livré à une horde de bradeurs, de bandits, de braconniers, à une mafia de casino, une « mafia politico-financière » pour reprendre votre expression on ne peut plus appropriée. L’Algérie sombrait au jour le jour dans une impasse politique et un marasme économique, aucune vision politique à long terme, les militaires ont fait main basse sur le pouvoir politique et imposaient leur direction au navire tanguant. Voyant la noyade imminente, cette bande au pouvoir savait que vous êtes l’homme de la situation et des solutions, elle était venue vous chercher dans votre coin douillet au Maroc.

    Mais la mafia reste une mafia, elle ne changera pas, un homme politique reste un homme politique, entre elle et vous, il y a une grande différence. Vous, vous avez une vision d’État de l’Algérie, elle, en a une de casino ; vous, vous percevez le pays en tant que propriété nationale à laquelle chaque citoyen algérien a le libre accès, elle c’est le contraire, elle s’est approprié l’Algérie et en a fait une propriété privée et familiale. Vous n’êtes pas du même bord, il est clair alors qu’une fois la tempête passée, votre liquidation était incontournable. Après votre assassinat le 29 juin 1992, un nettoyage contre tous les opposants : intellectuels, journalistes, hommes politiques, artistes a été organisé et le pays a été massivement livré au pillage. Voici ma lettre Monsieur le Président.

    Monsieur le Président,

    Quand vous fûtes arrivé à Alger en 1992, j’avais 13 ans, j’étais en collège, un petit garçon qui faisait assidûment et goulûment ses études dans l’espoir de devenir un cadre de la nation, car à la maison mes parents me répétaient chaque soir et à chacun instant que la seule façon d’avoir une vie facile, meilleure et une place dans l’Algérie de demain était la réussite dans mes études.

    Dans cette école où je fus pris en otage, cette école ennuyeuse et oppressante, cette école que je n’ai jamais aimée à ce jour, car je n’en avais gardé que de mauvais souvenirs, cette école traumatisante où j’étais interné dès mon jeune âge arraché à un stade embryonnaire à ma langue maternelle et à ma culture authentique, on ne m’a jamais parlé de vous. On ne m’avait jamais dit que vous êtes le héros de la Révolution, que vous êtes dans l’avion arraisonné par l’armée coloniale française le 22 octobre 1956, premier attentat terroriste de l’histoire contre des civiles organisé par l’État français, que vous faites partie de la fratrie révolutionnaire ayant préparé et donné le coup d’envoi à Révolution en 1954.

    Monsieur le Président, Monsieur le Président assassiné,

    Quand fûtes arrivé le 16 janvier 1992 en Algérie, la première impression que j’avais spontanément c’était « d’où nous ramène-t-on encore ce type ? Pourquoi un accueil tant chaleureux pour un type maigrichon comme vous ? Je suis désolé Monsieur le Président pour mes questions abruptes et ma langue un peu biaisée, mais moi je ne vous connais pas. Ce sont, j’imagine, les questions que se sont posées tous les enfants de mon âge sinon même les plus âgés que moi.

    Moi qui ne connais dans ma vie que Chadli et entendu parler que de Boumediene, je pensais que vous n’êtes même pas Algérien sinon un extra-terrestre ramené d’où je ne sais pour nous gouverner, je ne savais pas que s’il y a quelqu’un qui a toute la légitimité de réclamer son algérianité plus que les autres c’était vous, je ne savais pas que le mot Algérie est consubstantiel à votre nom, je ne savais pas que votre vie est synonyme de l’Algérie, je ne savais pas que vous êtes né algérien, avez respiré l’Algérie depuis votre naissance, avez vécu pour l’Algérie, rêvé et pleuré pour l’Algérie, que vous êtes emprisonné pour l’Algérie, que vous êtes exilé pour avoir été trop algérien, revenu au pays parce que vous êtes Algérien et puis assassiné, car vous voulez sauver l’Algérie. Je ne savais pas que vous êtes revenu pour nous offrir le meilleur, pour propulser le pays dans le premier rang des nations, pour faire de nous les jeunes enfants les cadres de la nation de demain, je ne savais pas que vous êtes revenu pour faire de moi ce jeune cadre dont rêvaient mes parents et toutes les mères algériennes meurtries par l’atrocité de la colonisation, ces mères qui ont connu toutes les privations. Je pensais que vous êtes revenu pour achever la besogne de ceux qui étaient au pouvoir depuis l’indépendance, je suis vraiment désolé de vous confondre avec ces braconniers, je n’ai jamais entendu parler de vous, je n’ai entendu parler que du messianisme de Boumediene et de sa politique négationniste envers la Kabylie. Je pensais que vous êtes tous pareils !

    Monsieur le Président,

    Je vous prie de m’excuser pour cette flagrante ignorance, j’aurais dû chercher à vous connaître, mais je ne savais même pas comment je dois procéder et où vous trouver? Vous ne vivez même pas en Algérie quand je suis né, comment voulez-vous que je sache qui vous êtes? Oui, vous me direz, que vous êtes l’un des artisans de la lutte armée et l’incubateur de la révolution algérienne, que vous étiez dans ce fameux avion détourné par l’armée française, que vous êtes arrêté et torturé par la Police de Ben Bella après l’indépendance, que vous aviez écrit un livre intitulé  » Où va l’Algérie? ». Comment se fait-il que je n’aie pas connaissance de tout cela ? Mais permettez- moi Monsieur le Président de vous dire que je ne lis pas en français, je suis un enfant arabisé, même si j’avais ce livre, je ne serais pas en mesure de le lire. Pour votre information Monsieur le Président, votre livre je l’ai lu à l’âge de la trentaine, je n’avais pas le niveau pour vous lire avant, l’école algérienne d’ où j’étais sorti m’a rendu incapable de vous lire ni de vous comprendre. Vous êtes trop compliqué et illisible pour moi. Voyez-vous la différence entre l’école formatrice et constructive que vous aviez faite et l’école destructive et abrutissante qui est la mienne? Vous à l’âge de trente ans vous élaboriez un plan de démantèlement de l’un des plus vieux systèmes de domination raciale, en l’occurrence le système colonial français, moi à trente ans, j’ai enfin lu votre livre et je l’ai juste lu, car je ne suis pas sûr d’avoir compris grand- chose. Je suis en retard d’une révolution par rapport à vous. La vôtre est faite, la mienne est à faire….et ce n’est pas sûr qu’elle soit faite.

    Monsieur le Président,

    Je vous demande pardon pour mon inculture.

    Je ne vous connais pas et je n’ai jamais entendu parler de vous nulle part, ni à l’école, ni dans la rue, ni à la télévision. Jamais un professeur d’histoire ne m’avez parlé de votre existence ne serait-ce que furtivement et grossièrement. Les seuls noms que je connais ce sont ceux de Amirouche, Ben M’hidi, Mustapha Ben Boulaid et Si El Haous, et même eux on me les présentait dans les livres que comme morts, on dirait ils n’avaient pas d’existence à part cadavérique. Les seules bribes d’informations que j’ai sont celles sur Amirouche, elles me provenaient de ma mère et de ma grand-mère, qui me racontaient la légende d’Amirouche vivant et non pas mort.

    Monsieur le Président,

    Maintenant je sais qui vous êtes, mais c’est trop tard. C’est trop pour moi, car je ne suis pas ce cadre de la nation dont rêvaient mes parents, et je ne suis pas sûr de pouvoir l’être dans cette Algérie. C’est trop tard pour moi, car à part vous relire et vous relire, aller à la rencontre de votre pensée et m’en imprégner, je ne pourrais plus vous rencontrer. Même votre tombe m’est accessible, car même mort, vous faites peur.

    Monsieur le Président,

    J’ai envie de vous dire le fond de ma pensée, celui de mon cœur, ma vérité, mon intime conviction, ma certitude, mes doutes, mon scepticisme, mon désarroi, mon désespoir. Si vous étiez vivant, je ne connaîtrais pas Amar Saadani, l’Algérie ne serait pas prise en otage par la fratrie bouteflikienne ayant transformé le pays en propriété privée et en « Mamlaka », le pays ne serait pas spolié par un Chakib Khelil et Bouchouareb, et à la place de la grande mosquée, vous construiriez un grand Centre de recherche.

    Enfin, Monsieur le Président, si vous n’étiez pas assassiné pour ne pas dire mort, à mon âge je ne serai pas un étranger en France, mais pleinement citoyen chez moi en train de servir mon pays en tant que ministre ou député ainsi le cas des citoyens français ou des pays où l’alternance au pouvoir est possible. Si vous étiez vivant, l’Algérie ne connaîtrait pas Bouteflika et ne serait pas dirigée par un homme malade, l’Algérie aurait prétendu à un président en pleine jeunesse et notre parlement ne serait pas infesté par une bande de vendeurs à la sauvette, d’ignares de tous genres, mais de femmes et des hommes dignes de vous. Oui, si vous n’aviez pas été assassiné Monsieur Boudiaf, le rêve algérien aurait été une réalité, il n’y aurait aucun algérien à l’étranger, nous auriosn tous été en train de bâtir notre pays et non pas à la recherche d’une bouchée de pain sous des cieux peu cléments.

  3. HOMMAGE à Slimane Amirat le LION INDOMPTABLE!
    ÉVOCATION Il y a 25 ans déjà !
    Slimane Amirat, une vie, un combat
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    Au lendemain du lâche assassinat de feu Mohamed Boudiaf, l’Algérie, sous le choc, était à la croisée des chemins. Le décès du Président Boudiaf a suscité colère et émoi chez les Algériens.
    [Slimane Amirat, une vie, un combat]

    Parmi eux, un homme dont le cœur n’a pas résisté à cet énième affront que l’on avait fait subir à l’Algérie, la patrie qu’il aimait par-dessus tout et même au delà de sa vie qu’il a sacrifiée pour une Algérie libre, indépendante et démocratique. Cet homme, que tout le monde appréciait à sa juste valeur, est tombé sous le coup de l’émotion suite à l’assassinat, deux jours auparavant, du symbole de l’espoir des Algériens. Slimane Amirat n’aura pas eu le temps de parachever son idéal, à savoir «l’Algérie au-dessus de tout et avant tout».

    A 26 ans, Slimane fait trembler l’Ile-de-France

    Cet idéal, le jeune Slimane Amirat, natif de Takerboust, commune d’Aghbalou, wilaya de Bouira, se l’était tracé dès son plus jeune âge et c’est Abderrahmane Mira, voyant en lui un homme de terrain remarquable, qui le missionnera afin de sensibiliser l’immigration algérienne en France. L’année 1955 venait de voir la création de la SAS (Section Administrative Spécialisée) par le tristement célèbre Soustelle, et Rabah Bitat venait d’être arrêté lorsqu’au mois de mars de cette année, plusieurs hauts responsables du FLN focaliseront sur Slimane, alors âgé de 26 ans, pour installer et diriger les groupes de choc d’Ile-de-France. Des commandos d’élites dévoués pour combattre les Messalistes du MNA en contrecarrant leurs desseins. Le jeune Slimane, fort de ses convictions, s’attaquera en premier lieu au bastion du MNA dans les 18ème et 19ème arrondissements de Paris, en confortant ainsi la position du FLN. Ensuite, il s’attèlera à la préparation et à l’organisation de la grève des huit jours pour soutenir la cause algérienne devant l’ONU. De 1955 à 1958, pendant trois ans, il s’acquittera de l’ensemble des tâches qui lui auront été confiées avant d’être capturé et emprisonné à Constantine puis à El Djorf, dans la wilaya de M’Sila. Une détention au cours de laquelle son codétenu et ami de longue date, Kab Achour, racontera que Slimane s’est illustré en organisant une désobéissance généralisée dans ce centre pénitencier. Refusant systématiquement de saluer les couleurs du colonisateur lors de la levée du drapeau français, ses geôliers, outrés par ce comportement, le traîneront de force dans un chenil où il sera jeté en pâture aux chiens affamés qui lui déchiquetteront ses vêtements. En voulant de la sorte mater cette rébellion, les tortionnaires se rendront compte que Slimane Amirat était animé d’une volonté de fer car en sortant, il continuera à refuser de saluer le drapeau tricolore. De par cette action, son compagnon affirme que ce fut la fin, dans cette prison, de saluer le drapeau français. Il continuera, toutefois, à être régulièrement battu par ses tortionnaires qui voulaient ainsi laver cet affront. En parallèle à ces souffrances quotidiennes, le jeune Slimane n’aura rien perdu de son activisme durant sa détention à M’Sila. Mieux encore, il organisera les prisonniers en collectant plus de 400 000 francs par mois, sans parler des médicaments qu’il fera passer à l’extérieur du camp au profit de l’ALN. Au cours de cette période, son courage et sa détermination auront naturellement eu le dessus sur la fatigue et les misères infligées. Fin 1959, Slimane sera libéré et rejoindra la France, muni de faux papiers pour reprendre la tête du commandement du groupe armé de la région parisienne. Sans relâche et armé de sa volonté, il ripostera aux harkis ayant pour mission d’anéantir la Fédération de France du FLN. Deux ans plus tard, en 1961, un de ses combattants faisant parti de son groupe, sera capturé. Sous la torture, il dénoncera Slimane Amirat qui sera immédiatement arrêté par les services de la DST avant d’être, une fois de plus, emprisonné et de renouer avec les tortionnaires des geôles françaises. Les nombreux sévices qui lui seront infligés ne l’empêcheront pas de faire un coup d’éclat en déposant plainte contre ses bourreaux. S’ensuivra une instruction de plus de cinq mois, après laquelle il sera transféré dans les camps de Mourmelon-Vadenay dans la Marne et celui de Larzac, commune de La Cavalerie dans l’Aveyron, jusqu’au cessez-le feu. Libéré suite à une manifestation estudiantine d’Algériens et de Français à Paris, il rentrera à Alger pour y être désigné responsable des groupes armés à Bouzaréah et El Biar, où il affrontera l’OAS jusqu’au conflit des wilayas. Slimane Amirat sera enrôlé dans les forces de police à Tlemcen puis à Alger, suite à la prise de pouvoir par le groupe d’Oujda et Ben Bella. Toutefois, il gardera toujours le contact avec Krim Belkacem, Mohand Oulhadj, Mohamed Boudiaf, Ait Ahmed et bien d’autres qui tenteront de créer l’UDRS au cours de cette période.

    Des geôles françaises aux prisons algériennes

    Après cette période houleuse, Slimane Amirat qui avait adhéré au FFS, sera condamné à mort par contumace dans le procès avec Aït Ahmed et Chaâbani, avant de connaître l’exil jusqu’en juin 1965. Après le coup d’État militaire au lendemain du 19 juin 1965, et alors que Hocine Aït Ahmed croupit toujours en prison, entre Slimane et le nouveau régime le courant ne passait plus. Il refusera systématiquement toutes les propositions qui lui seront faites car, fidèle à ses principes, il n’apprécie pas que le Conseil de la Révolution emprisonne autant de militaires et de nationalistes. En 1967, Slimane dirigera une agence d’assurance et s’alliera avec Krim Belkacem et d’autres militants de la cause nationale en participant à la création d’un nouveau mouvement d’opposition. C’est de là qu’est né, dans la clandestinité, le MDRA qui verra le jour le 18 octobre 1967. Un mouvement qui fera immédiatement réagir de manière violente le pouvoir en place, considérant cela comme un complot contre-révolutionnaire. Arrêté le 2 juillet 1968, Slimane sera détenu au secret pendant plus de neuf mois, avant d’être une fois de plus jugé puis condamné à la peine capitale par la cour révolutionnaire d’Oran. Détenu au quatrième sous-sol de la prison militaire d’Oran, la tristement célèbre «Santa Cruz», quatre ans et demi durant, ses amis et ses proches lui demanderont de rédiger sa demande de grâce à Boumediene. Peine perdue, puisqu’il refusera toujours, tout en réclamant cependant ses droits de prisonnier politique ou bien l’application pure et simple de sa peine, c’est-à-dire son exécution ! Son compagnon, Krim Belkacem, aura moins de chance et sera assassiné dans une chambre d’hôtel en Allemagne. Après plusieurs grèves de la faim qui ont failli lui coûter la vie, Slimane sera évacué dans un état comateux à l’hôpital universitaire d’Oran. De là, il sera ensuite transféré à la prison de Berrouaghia où il restera en détention pendant deux ans, avant d’être de nouveau transféré cette fois-ci à El Harrach, un autre pénitencier qu’il quittera au bout de six mois. Finalement, libéré le 23 juin 1975, soit une semaine après le décès de son père, Slimane Amirat sera toujours étroitement surveillé même après sa sortie de prison. Il mènera alors, lui-même, le combat pour la libération de ses propres amis demeurés dans les geôles. Un combat de longue haleine mais il obtiendra leurs libérations tout en s’organisant dans une forme semi-clandestine jusqu’en 1989, année au cours de laquelle sont apparus le multipartisme et le pluralisme politique. Officiellement agréé en janvier 1990, le MDRA est alors découvert par toute une jeunesse ayant soif de militantisme. Ultime étape de la vie politique et publique de Slimane Amirat, l’agrément de son parti permettra à tout le peuple algérien de saisir véritablement la dimension de celui qui fut un jour accusé et traité de contre-révolutionnaire et d’agent à la solde du sionisme international. En 1991, Slimane Amirat demandera à ce que la date du 19 juin soit décrétée fête nationale et jour férié, un vœu pieu pour cet homme qui n’a jamais cherché la gloire ou une quelconque reconnaissance. Un parcours tumultueux jonché de hauts faits d’armes, mais ironie de l’histoire ou du sort de cet homme comme le rappelle ses compagnons : «Slimane Amirat a vécu plus d’années de prison dans son pays libéré du joug colonial que sous l’occupation française. Onze années sous le régime de Boumediene contre quatre ans avant l’indépendance !»

    Convaincu et invaincu

    Slimane Amirat a lutté corps et âme pour libérer la nation du joug colonial. Et jusqu’à son dernier souffle, il a mené une résistance autant psychique que physique. De cette conscience marquante, il a su se faire une place de choix dans le cœur et dans l’esprit de chaque Algérien. C’était un homme qui, par ses valeurs morales et ses principes, était largement estimé. Aujourd’hui, les Algériens gardent de lui cette fameuse phrase restée gravée à jamais au Panthéon de l’histoire, illustrant le grand Amour qu’il avait pour son pays et qui lui donnera cette dimension du Grand homme qu’il était : «À choisir entre l’Algérie et la démocratie, je choisirais l’Algérie.» Un homme de défi, non pas par goût mais par conviction et par son sens de responsabilités des adultes envers les générations futures. Son legs est de toujours proposer des solutions idoines et inédites dans les problèmes les plus ardus. D’ailleurs, Slimane Amirat a toujours œuvré dans l’intérêt exclusif de l’Algérie et n’a jamais ménagé ses efforts en devenant un acteur politique important et modérateur sur la scène nationale. Les Algériens ont toujours en tête le débat télévisé, où face à lui se trouvait un certain Abassi Madani, numéro un de l’ex-FIS, à qui il avait révélé certaines vérités, sans s’embarrasser outre mesure des conséquences et du danger de ce que l’intégrisme islamiste pouvait engendrer sur sa personne. Son charisme, sa stature, sa droiture, son honnêteté et sa ferveur dans la défense de ses idées pour placer «l’Algérie au-dessus de tout et avant tout» manque toujours autant aux Algériens. Cet illustre patriote s’est éteint à l’âge de 63 ans, emporté par une crise cardiaque un certain 1er juillet 1992, au moment où il venait se recueillir devant le cercueil du défunt président de la République Mohamed Boudiaf, son compagnon de toujours. Aujourd’hui, vingt cinq années après sa tragique disparition, l’évocation du nom de Slimane Amirat inspire toujours autant le respect et suscite l’admiration de tous envers un homme qui a su se dresser et se battre pour la liberté, devant les horreurs de la barbarie coloniale et devant l’offense faite à l’Algérie envahie par la France. Un révolutionnaire de la première heure qui a, à jamais, marqué l’Histoire et aujourd’hui son combat a permis à la nation de s’inscrire dans une Algérie libre et indépendante. Slimane Amirat, homme au parcours exceptionnel, s’est illustré par son héroïsme tout au long de son tumultueux combat lors de la guerre de libération nationale et jusqu’à son dernier souffle, sa patrie, aura fait vibrer son cœur meurtri par des années d’engagements fidèles à son Algérie.

    • Merci pour ce texte , merci d’avoir dit ce que jai envie de dire a ce grand Monsieur qui nous a laissé entre cette bande de charognards
      je me permet de le partager parceque je souhaite que beaucoup ressente ce que je viens de sentir a la lecture de votre magnifique homage
      thanmirth-merco
      Nordine
      paris

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