Sid-Ahmed Ghozali est son invité d’honneur : Quand le RCD fait appel aux hommes du système  

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SOUK EL TENINE (Tamurt) – Que reste-t-il du parti du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) authentique ? Rien, sinon le reniement de tous les idéaux sur lesquels il avait été fondé, dans des moments difficiles par des hommes, dont la majorité était sincère et avait des parcours respectables et honorant de militants des causes justes.

En 2017, soit vingt-huit ans après la création du RCD, ce dernier, ou ce qu’il en reste, a, non seulement, perdu toute sa base et l’ensemble de ses cadres ainsi que la totalité de ses membres fondateurs, mais aussi, les idées qui constituaient sa sève et son essence. Il est déplorable de constater, à chaque fois, que le RCD, dans sa chute libre et sa descente aux enfers va jusqu’à offrir des tribunes inespérées même aux hommes du système politique algérien ayant occupé de très hautes fonctions au sein du pouvoir qui a ruiné le pays. Ainsi, la « star » de l’université d’été qu’organise le parti de Mohcine Belabbas, ces jours-ci à Souk-El Tenine, dans la wilaya de Bougie, n’est autre que Sid-Ahmed Ghozali, ancien chef du gouvernement algérien. Sid Ahmed Ghozali a succédé à un certain Mouloud Hamrouche avant de céder sa place à Belaid Abdesselam. Ce Sid-Ahmed Ghozali, dont le RCD s’enorgueillit aujourd’hui d’avoir comme invité d’honneur, est un pur produit du système politique algérien. Déjà, en 1964, il est nommé, sous Ahmed Ben Bella, sous-secrétaire d’Etat aux Travaux Publics (un mini-ministère), Sous Boumediene, Sid-Ahmed Ghozali reste un fidèle au pouvoir dictatorial algérien puisqu’il est désigné, de 1966 à 1979, PDG de la très puissante Sonatrach puis, en 1979, ministre de l’Hydraulique. Même quand il n’est pas au gouvernement, Sid-Ahmed Ghozali est gâté par le pouvoir algérien. Il est envoyé à Bruxelles comme ambassadeur, en 1984, avant d’être de nouveau rappelé au gouvernement pour occuper le poste de ministre des Finances puis des Affaires étrangères.

C’est lui qui a organisé les premières élections pluralistes en Algérie ayant offert la victoire sur un plateau d’argent au Front Islamique du Salut. Ce n’est qu’en 1994 qu’il est lâché définitivement par ses parrains du FLN après avoir coulé des jours heureux en France en tant qu’ambassadeur de 1992 à 1994. Aujourd’hui, à l’âge de 80 ans, le RCD l’invite pour être la tête d’affiche de son université d’été. Avec un tel CV et un parcours politique pareil, Sid Ahmed Ghozali n’aurait eu même pas la chance de serrer la main à l’un des anciens vrais fondateurs, cadres ou militants du RCD. Autres temps, autres mœurs politiques.

Tahar Khellaf

6 COMMENTS

  1. Le RCD ne fait que rendre hommage à ces créateurs qui sont encore en vie, sans lesquels il n’aurait pas existé.
    Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

  2. Le RCD vit grace à sa fonction de « mediateur » de l’assimilation des kabyles. Tout comme tous les kds. Les arabes leurs reconnaissent un bout juste pour faire passer l’arabité. Sans cela ils seraient comme vous et moi, des denies.
    Le regime qui n’a pas besoin de consensus- pas plus de 10% avaient voté, mais le regime fait comme s’il avait le pays en proprietè privée. Donc ses subordonnés ont le role de figurants du moment. Car d’autres client en competition tappent à la porte.

  3. Sid-Ahmed Ghozali a le mérite d’etre le premier chef du gouvernent algerien, non kabyle à ma connaissance, à faire un geste courageux et historique, en accordant 5 minutes d’information en kabyle sur l’ENTV à 13 heures. Ce jour-là, un certain Dr Chibane ( si ma memoire est bonne), kabyle de surcroit, a demandé à etre reçu par Sid Ahmed Ghozali pour protester contre cette decision pour la raison qu’elle divisera les algeriens. Sid-Ahmed Ghozali lui a répondu que c’est la rue qui la demande.

    NB: En un mot, le problème a été toujours kabylo-kabyle. Ils y en a qui tirent vers le haut pendant que d’autres tirent vers le bas. Le pouvoir, pas aussi fort qu’on le pense, ne fait qu’exploiter la faille.
    A bon entendeur.
    Salut.

    • C’est juste une conjoncture, que -les décideurs- dont il n’a jamais fait partie, avaient cru etre une facon de normaliser/controler la kabylie.

  4. On est arrivé à une situation où il faudrait faire parler le langage de la poudre et ce n’est qu’à ce moment là que tout un chacun reconnaitra les siens et ainsi pouvoir remettre chacun à sa place. Comme toute chose le blabla a ses limites

  5. alors si je comprend bien ;tout les cadres qui ont construit l etat algeriens apres l independance sont des traitres ???? NON chacun a fait ce qu il pouvait ;l essentiel qu il soit honnete et integre ;

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