Extradition de Ferhat Mehenni: « Ce silence (de la France) est synonyme d’un refus », selon le président algérien

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Tebboune
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ALGERIE (TAMURT) – Le président algérien Abdelmadjid Teboune a réitéré, hier dimanche, lors d’une conférence de presse qu’il a animée avec deux journalistes algériens, sa demande à la France pour « livrer » à l’Algérie le président de l’ANAVAD Ferhat Mehenni. Le silence de la France quant à cette demande est perçu par Alger comme un « refus ».

« Jusqu’à présent, il n’y a rien ». C’est ce qu’a répondu le président algérien Abdelmadjid Teboune à la question du journaliste algérien, Fayçal Métaoui, qui l’interrogeait sur une éventuelle coopération de la France concernant le mandat d’arrêt international émis par l’Algérie contre le président de l’ANAVAD (Gouvernement provisoire kabyle en exil). « Nous demandons le chef de file des terroristes du MAK. Il faut qu’il nous soit livré. C’est un terroriste, il le dit. Nous avons des preuves pour l’achat d’armes, des collectes de fonds pour l’achat d’armes. Ce n’est pas du terrorisme ça ? (…) Jusqu’à présent, il n’y a rien. Ce silence est synonyme d’un refus », a déclaré le président algérien. Pour rappel, le 26 août dernier, la justice algérienne avait annoncé qu’un mandat d’arrêt international sera lancé contre le chef du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK).

Ferhat Mehenni, qui vit en France sous le statut de réfugié politique depuis plus de dix ans, est accusé par la justice algérienne d’être impliqué dans le meurtre de Djamel Bensmail et les incendies criminels perpétrés en Kabylie, en août dernier. Pour sa part, le président de l’ANAVAD avait déjà rejeté en bloc les accusations de la justice algérienne, tout en accusant les services algériens d’avoir orchestré l’assassinat de ce jeune de Miliana et mis le feu en Kabylie pour ensuite faire porter le chapeau au MAK. A souligner que ce mouvement a été classé, le 18 mai de l’année en cours, « organisation terroriste » par le Haut Conseil de Sécurité (HCS) de l’Algérie. Pour le moment, les preuves mises en avant par le régime algérien pour incriminer Ferhat Mehenni se résument à des aveux de quelques prévenus se présentant comme membres du MAK.

Concernant les accusations d’achat d’armes, la télévision publique algérienne (ENTV), organe de propagande de la junte militaire algérienne, avait déjà diffusé un reportage qui présentait un certain Nourredine Hadar comme un vendeur d’armes approché par les militants du MAK. Cette mise en scène a été tournée en dérision par les internautes algériens et kabyles. D’ailleurs, le directeur de l’ENTV a été limogé quelques jours après.

Arezki Massi

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