Accusé de terrorisme par Alger : Maître Salah Debbouze défend le MAK devant les députés français et interpelle la communauté internationale

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Maiître Salah Debbouze
Maiître Salah Debbouze

FRANCE (TAMURT) – Intervenant au colloque sur « La situation des droits de l’homme en Algérie », organisé, le 15 octobre, à l’Assemblée nationale française, le maître Salah Debbouze a évoqué devant les députés français l’acharnement du régime algérien contre le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), accusé sans fondement de terrorisme.

« C’est pour la première fois qu’un régime politique désigne une organisation comme ‘’organisation terroriste’’ par une décision administrative du Haut Conseil de la Sécurité (HCS) avant qu’il n’y ait aucune procédure, ni sécuritaire ni judiciaire. Je parle du MAK. Et ensuite, on monte des dossiers qui font rire pour dire qu’on a arrêté x ou y parce qu’il est terroriste sur la base d’une somme d’argent ou d’une déclaration d’un individu, alors que jusqu’aujourd’hui il n’y a aucun acte terroriste commis en Algérie que ce soit par des gens qui peuvent appartenir à cette organisation ou à une autre organisation », s’est indigné, vendredi dernier, Salah Debbouze, avocat et militant des droits de l’homme devant les parlementaires français, lors d’un colloque consacré à la situation des droits de l’homme en Algérie. Pour lui, cette « situation inédite » lui inspire inquiétude, car le régime algérien peut, selon ce même avocat, commettre des attentats pour ensuite les attribuer au MAK dans le but de l’incriminer et de justifier ainsi la répression féroce et les arrestations arbitraires contre les militants indépendantistes. « Ce qui fait peur, c’est que, devant cette situation, les autorités, qui voudraient bien qu’il y ait des actes terroristes pour justifier ces actions-là, peuvent encourir à les fabriquer », a-t-il alerté.

Par conséquent, Salah Debbouze, qui a fait l’objet d’une tentative d’assassinat en septembre 2019 par deux individus cagoulés, à Ghardaïa, interpelle la communauté internationale et demande son intervention. « Devant une situation comme ça, je pense que la communauté internationale a le devoir moral d’intervenir sérieusement », a-t-il insisté, tout en soulignant qu’il « ne trouve aucune excuse valable à la passivité de la communauté internationale devant les agissements de ce régime en Algérie qui dépasse l’imaginaire ».

Par ailleurs, ce défenseur des droits de l’homme, qui vit désormais à l’étranger, a évoqué le cas du militant indépendantiste de confession chrétienne, Slimane Bouhafs, qui vivait en Tunisie sous le statut de réfugié. « (Il a été) kidnappé en Tunisie en violation de la souveraineté de la Tunisie, (et) en violation de l’autorité de l’ONU à travers l’UNHCR (agence des nations unies pour les réfugiés) », a dénoncé Salah Debbouze, qui était l’avocat du militant Djamel Eddine Fekhar, décédé dans une prison algérienne. Pour cet avocat, les services secrets algériens commencent à agir « même en dehors des frontières de l’Algérie, ce qui est très grave ». L’activiste kabyle Slimane Bouhafs a été placé sous mandat de dépôt, début septembre, par le juge instructeur du tribunal Sidi M’hamed (Alger).

Pour rappel, une quarantaine d’ONG activant en Tunisie s’étaient insurgées contre la remise de Slimane Bouhafs par les autorités tunisiennes au régime algérien, et ce, en violation flagrante des conventions internationales, notamment celle de Genève de l’année 1951 portant sur la protection des réfugiés.

Arezki Massi

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