Répression en Kabylie : Rassemblement des indépendantistes kabyles devant Amnesty International à Montréal

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Les Kabyles à Montreal
Les Kabyles à Montreal

CANADA (TAMURT) – La diaspora kabyle continue de se mobiliser activement en faveur de la Kabylie. Ce samedi 30 octobre, un rassemblement a été organisé devant le siège d’Amnesty International à Montréal pour dénoncer encore une fois les exactions du régime algérien contre les militants pacifiques kabyles. Les intervenants lors de cette manifestation veulent interpeller l’opinion internationale sur la répression féroce dont sont victimes les militants kabyles, notamment les indépendantistes.

La mobilisation de la diaspora kabyle, que ce soit en Europe ou en Amérique, tend à s’inscrire dans la durée. Il n’est pas question pour elle d’abandonner à leur sort les dizaines de détenus d’opinion, qui croupissent arbitrairement dans les geôles algériennes. Hier samedi, la communauté kabyle du Canada s’est rassemblée devant le siège d’Amnesty International à Montréal. L’objectif de ce rassemblement, selon les organisateurs, est de « dénoncer les crimes du régime algérien contre la Kabylie, ainsi que ses multiples abus et intimidations contre les détenus d’opinion ». L’autre but de cette action est aussi « d’interpeller l’opinion internationale sur ce qui se passe en Kabylie ».
Dans ce sillage, Karim Achab, un cadre du MAK, a tenu à remercier Amnesty International pour avoir dénoncé, le 28 septembre dernier, les pratiques maffieuses du régime algérien dans son communiqué intitulé « Il faut cesser d’invoquer de fausses accusations de terrorisme pour poursuivre en justice militant·e·s pacifiques et journalistes ». « Nous remercions Amnesty International pour sa mobilisation et nous l’encourageons à continuer à dénoncer les mensonges de l’Etat algérien qui instrumentalise la loi et le code pénal afin de qualifier les militants pacifiques du MAK de terroristes », s’est exprimé ce cadre du MAK, activant en Amérique. Dans la déclaration remise à Amnesty International, la diaspora kabyle a rappelé que « le terrorisme est une arme fatale que le régime algérien manie le mieux » et qu’il « a pu le démonter lors de la décennie noire ».

En effet, dans ce qu’un militaire algérien, en l’occurrence Habib Souaïdia, qui a déserté l’armée et fui à l’étranger, avait qualifié dans un livre de « sale guerre », des généraux algériens commettaient également des crimes pour les attribuer à des groupes terroristes islamistes. Justement, selon la déclaration lue par Karim Achab, « c’est ce scénario que le régime algérien rêve de renouveler en essayant de pousser les militants du MAK au maquis ». Toutefois, affirme-t-il dans la déclaration remise à l’ONG, « les militants du MAK sont chez eux, ils militent pacifiquement à visage découvert ». Ce pacifisme des indépendantistes kabyles « contrarie les plans de la police politique algérienne et les généraux algériens », a-t-on souligné dans ce même document. Pour donc justifier sa répression féroce en Kabylie, le régime algérien recourt à la manipulation et au mensonge en montant des scénarios grotesques. « Alors, il faut se mettre à inventer des scénarios, mais des scénarios très mal écrits et qui ont été tournés en dérision par tous les algériens », a déclaré Karim Achab tout en citant l’exemple d’un certain Nourredine Hadar, « un dahdouh » (vocable utilisé pour désigner un figurant recruté spécialement pour passer aux aveux), qui affirmait devant la télévision algérienne, le 26 avril 2021, « que des gens du MAK avaient pris attache avec lui pour qu’il leur fournisse des armes ».

Pour rappel, le DG de la télévision publique algérienne a été limogé quelques jours après « ce mauvais scénario ». Pour la diaspora kabyle, les mensonges du régime algérien ne trompent personne. « Cette machination a été montée pour déclarer le MAK comme une organisation terroriste, ce qui devait préparer le terrain pour permettre aux milices paramilitaires algériennes comme la BRI tous les dépassements extrajudiciaires possibles sous prétexte que l’Etat est en lutte contre le terrorisme », note encore le document remis à Amnesty International.

Arezki Massi

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