Répression en Kabylie : Une délégation du MAK reçue par un haut responsable d’Amnesty International

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Amnesty International
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PARIS (TAMURT) – Une délégation du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), conduite par son président Ferhat Mehenni, a été reçue en audience, ce vendredi 12 novembre, par un haut responsable d’Amnesty International (AI), au niveau du siège parisien de l’ONG, a indiqué un communiqué signé par le Porte-parole de la présidence de l’Anavad (Gouvernement Provisoire Kabyle). Au cours de cette rencontre, la délégation du MAK a exposé la situation qui prévaut en Kabylie, marquée notamment par une répression féroce contre les militants kabyles, notamment les indépendantistes. Elle est aussi revenue lors de cette réunion de travail, entre autres, sur les incendies criminels ayant ravagé la Kabylie, en aout dernier.

Continuant son travail de sensibilisation, de plaidoyer et d’interpellation des instances internationales et des ONG de défense des droits de l’homme sur la situation plus qu’alarmante que traverse actuellement la Kabylie, qui fait face à une répression sans précédent de la part de la junte militaire algérienne, une délégation du mouvement indépendantiste kabyle (MAK) a été reçue au siège d’Amnesty International, à Paris, a-t-on appris d’un communiqué de la présidence de l’Anavad, rendu public ce samedi. Accompagné de Zidane Lafdal et Aksel Ameziane, respectivement premier ministre de l’Anavad et porte-parole de la présidence de l’Anavad, le président du MAK, Ferhat Mehenni, a porté à la connaissance de cette ONG « les dépassements et violences dont sont victimes les militants indépendantistes kabyles et plus généralement tous les Kabyles ciblés en tant que tels ».

La délégation du MAK a soulevé avec acuité les arrestations arbitraires visant les indépendantistes kabyles. « Les arrestations et les emprisonnements en dehors de tout motif ou cadre légal ont été longuement et précisément évoqués », rapporte le communiqué de l’Anavad. Dans ce sillage, « une liste de tous les détenus d’opinion kabyles ainsi qu’un dossier complet sur la situation actuelle en passant par l’opération « zéro Kabyle », les incendies criminels du mois d’août dernier et le crime crapuleux de Djamel Bensmaïl et, quelques jours avant, le blocage par le régime algérien de l’envoi de matériel médical réuni par la diaspora kabyle pour porter secours aux malades atteints de la Covid en Kabylie dont beaucoup d’ailleurs, sont décédés faute d’avoir reçu ce matériel qui aurait pu sauver leurs vies » ont été remis à ce haut responsable d’Amnesty International. Par ailleurs, la délégation du MAK a particulièrement évoqué « les cas emblématiques de Lounès Hamzi, Sofiane Babaci et plus récemment, de Slimane Bouhafs ». Ces cas interpellants ont été clairement exposés au responsable de cette organisation, a-t-on assuré. Pour rappel, Lounes Hamzi est incarcéré depuis plus d’un an à la prison de Koléa, sans jugement. Selon ses avocats, son dossier est vide. Le militant indépendantiste Sofiane Babaci est aussi victime d’un acharnement judiciaire parce qu’il assume publiquement son combat pacifique en faveur de l’autodétermination de la Kabylie. Concernant le cas de Bouhafs Slimane, un kabyle de confession chrétienne, qui a défrayé la chronique tunisienne fin août dernier, il a été livré par la Tunisie à Alger dans des circonstances obscures, alors qu’il bénéficiait d’un statut de réfugié que lui a accordé le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) au pays du Jasmin.

D’ailleurs, une quarantaine d’ONG des droits de l’homme activant en Tunisie avaient dénoncé début septembre « une violation flagrante des obligations internationales de la Tunisie sur la protection des réfugiés ». Pour la délégation du MAK, « les informations transmises au responsable d’Amnesty International ont permis de lever le voile sur les pratiques du régime algérien qui seront dénoncées et portées à la connaissance des plus hautes instances internationales pour que cesse le terrorisme d’État que l’Algérie exerce sans relâche contre la Kabylie ». Tout en qualifiant la présence policière algérienne en Kabylie « de forces d’occupation coloniales », le MAK promet de poursuivre son travail de plaidoyer et de sensibilisation en faveur de la Kabylie auprès de cette ONG en sorte que « les exactions » des différents corps de sécurité algériens (BRI, gendarmerie, les services secrets) en terre kabyle « seront remontées en temps réel auprès de cette prestigieuse organisation qui lutte sans relâche contre la torture et toutes les violations des droits humains à travers le monde ».

Arezki Massi

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