« Haine raciale » : Convoquée par le juge, Naïma Salhi fait appel à Tebboune

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Naima Salhi
Naima Salhi

ALGERIE (TAMURT) – Ce jeudi 02 décembre, l’ex députée et présidente du parti islamiste Pour l’Equité et la Proclamation (PEP) a été convoquée par le juge d’instruction près le tribunal de Cheraga, suite aux plaintes déposées contre elle pour notamment « haine raciale ». Dans un message qu’elle a posté sur la page officielle de son parti, elle fait appel au président algérien Tebboune.

Après la confirmation, lundi dernier, des plaintes déposées contre elle au tribunal de Chéraga, l’ex parlementaire Naïma Salhi a été convoquée, aujourd’hui, par le juge d’instruction. C’est elle-même qui a confirmé sa convocation officielle par la justice dans une déclaration publiée sur la page Facebook de son parti. Connue pour son obsession haineuse envers la Kabylie et l’identité amazighe en général, Naïma Salhi s’est fait connaître pour ses discours haineux et aux relents racistes contre les militants kabyles, la langue amazighe et le drapeau berbère.

Pour rappel, l’activiste Mourad Amiri avait porté plainte, en janvier 2020, contre l’ex députée pour « diffamation » et « atteinte à l’unité nationale » suite à des propos racistes tenus à l’encontre du plaignant et des kabyles, proférés notamment au temps du général Gaid Salah. C’est à ces deux accusations que Naïma Salhi a fait allusion dans son message. Toutefois, elle est aussi poursuivie pour « incitation à la haine raciale » et « appel au meurtre », suite à la plainte déposée contre elle, en juin 2019, par les maîtres Kader Houali et Soufiane Dekkal, avocats barreau de Tizi Wezzi, ainsi que par le militant politique Salim Chait. « La présidente du PEP, Naima Salhi, confirme sa convocation officielle par le tribunal de Cheraga dans une publication sur la page officielle de son parti. Par contre, elle ne mentionne pas les accusations contenues dans notre plainte qui sont : « incitation à la haine raciale » et « appel au meurtre ». Des délits plus graves qu’elle feigne d’oublier et se contente de parler d’une autre plainte pour « diffamation » et « atteinte à l’unité nationale » déposée contre elle quelques temps plus tard », a souligné Salim Chait dans une déclaration publiée, ce jeudi, sur sa page Facebook.

Personnage controversée, Naïma Salhi ne ratait aucune occasion pour s’attaquer à la Kabylie et à ses symboles, profitant du silence complice et de la protection du régime algérien. Elle qualifiait vulgairement la bannière amazighe par l’expression méprisante « râyat al-farchitta » (le drapeau à la fourchette), les kabyles par « zouaves », « juifs » ou « traîtres à la nation ». Ses discours haineux et anti-kabyles sont relayés par des médias de tendance arabo-islamique. La cheffe du parti pour l’Equité et la Proclamation avait défrayé la chronique à maintes reprises en se prononçant ouvertement pour la polygamie, en traitant les migrants subsahariens de « source de maladie » et de « sorciers » et en se considérant comme descendante de la lignée de Mohamed, prophète de l’Islam. Dans sa publication postée, ce jeudi 02 décembre, sur la page officielle de son parti, l’ex-députée a interpellé le président algérien Tebboune. « Monsieur le président, le seul fait d’avoir accepté la plainte pour atteinte à l’unité nationale contre ma personne est une atteinte à mon patriotisme », a-t-elle écrit, tout en reconnaissant que cette convocation officielle par la justice lui a causée « une profonde blessure inguérissable ».

Ainsi, après plus de 30 mois d’attente par les plaignants, la justice a décidé enfin d’instruire l’affaire. Mais, ira-t-elle jusqu’au bout. Seul l’avenir nous le dira.

Arezki Massi

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