Ahcène Chérifi a été enterré, hier, à At Amar : L’Adieu au grand militant berbériste !

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Enterrement de Ahcène Chérifi
Enterrement de Ahcène Chérifi

TIZI WEZZU (TAMURT) – Les obsèques du grand militant amazigh Ahcène Chérifi, décédé le 15 mai à l’âge de 71 ans, ont eu lieu ce mardi, après-midi, à At Amar, son village natal, relevant de la commune d’Ait Bouadou, en présence d’une foule nombreuse. De nombreux militants kabyles, des amis et collègues ont également tenu à lui rendre hommage.

Profondément émue par la perte du valeureux militant, qui vient d’achever sa course ici-bas, laquelle était marquée par des luttes constantes pour les droits de l’homme, l’identité et la culture kabyles et amazighes en général, une foule nombreuse a accompagné Ahcène Chérif à sa dernière demeure. Des amis de combat, des militants kabyles, des proches et des anonymes ont tenu à témoigner par leur présence de la considération et de la gratitude à celui qui a énormément donné à la culture kabyle et à Tamazgha en général.

Au début des années 1970, Ahcène Chérifi a milité au sein de l’Organisation des Forces Berbères (OFB), fondée par son ami Masin Ouharoun et d’autres militants. Les membres de cette organisation ont joué un rôle majeur dans l’éveil culturel des jeunes kabyles à travers la rédaction et la diffusion de brochures et de revues, comme Atmaten, Itij, etc. Dda Ahcène Chérifi a payé cher son militantisme en faveur de la préservation de sa culture et de son identité, alors que la politique d’arabisation à outrance visant la dépersonnalisation de l’âme kabyle a été lancée sous la dictature de Boumediene. Il est arrêté en 1976, en compagnie de ses camarades de lutte Masin Ouharoun et Smail Medjebeur, dans l’affaire des « poseurs de bombes ».

Ahcène Chérifi a connu la torture dans geôles algériennes. Il a été incarcéré à Berouaguia, puis à Tazoult-Lambèse. Après sa libération, il n’a pas renoncé à son combat. En effet, il a continué à œuvrer pour la promotion de la langue et civilisation amazighes, malgré une santé rendue fragile par les années de calvaire et de torture dans les prisons algériennes. Même du haut de ses 70 ans, Ahcene Cherifi n’a pas échappé à la répression du régime algérien. Il a été arrêté le 4 décembre 2021 par la gendarmerie algérienne, à Tizi Wezzu, et placé en garde à vue. Il a été ensuite transféré à Alger et placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal Sidi M’hamed, le 16 décembre. Il a été remis en liberté provisoire le 31 mars dernier, en compagnie des militants Ahcène Graichi, Hocine Moula et Mohamed Belkacemi (URK), dit Muh-Said. Son procès était renvoyé au 30 mai 2022 au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger. Da Ahcène s’affichait fièrement avec le drapeau kabyle. Humble, sa vie était marquée par un dévouement désintéressé.

Arezki Massi

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