L’évènement a été qualifié d’historique : Présentation du projet de la première Constitution de la Kabylie indépendante par MAK-ANAVAD

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Ferhat Mehenni
Ferhat Mehenni

PARIS (TAMURT) – Dans un évènement qualifié d’historique, la mouture de la première Constitution de la Kabylie, dans l’attente de son indépendance, a été présentée, jeudi 19 mai, par le gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad) et le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), lors d’une conférence organisée, à Paris. Pour le président de l’Anavad, Ferhat Mehenni, ce projet de Constitution représente pour la Kabylie une « importante étape de sa marche vers la reconquête de sa liberté ».

Devant plusieurs militants du MAK-ANAVAD, le projet de la première Constitution de la Kabylie indépendante a été présenté, jeudi dernier, à Paris, par les cadres de l’Anavad et du MAK. Dans une allocution prononcée à cet effet, le président de l’Anavad, Ferhat Mehenni, a expliqué l’enjeu de cette démarche et les circonstances ayant conduit à ce projet. « Le peuple kabyle est en passe de parachever une importante étape de sa marche vers la reconquête de sa liberté confisquée depuis le 24 juin 1857 à la bataille d’Icheriden. Désormais, elle est décidée à reprendre par la paix ce qui lui a été arrachée par la force. Ni la prison ni la guerre génocidaire que mènent les généraux algériens contre la nation kabyle ne pourront sauver leur domination coloniale sur la Kabylie », a-t-il annoncé d’emblée.

Le leader indépendantiste a souligné que la première mouture de la Constitution de la Kabylie est le fruit de deux ans de labeur et que la date choisie pour sa présentation au peuple kabyle et à l’opinion internationale n’a pas forcément de lien avec la date du classement arbitraire du MAK comme « organisation terroriste » par l’Algérie. « Même si nous avons choisi la date du 19 mai 2022 pour cet historique évènement correspondant notamment à celle de notre classement aussi aberrent qu’illégal comme terroristes par l’Algérie, il y a de cela un an, il ne saurait être un acte de vengeance ou de représailles de notre part. Cela fait déjà deux ans que nous en avions entamé les travaux. Nous préférons cultiver face à nos adversaires les valeurs de respect et de dignité à la place de la haine », a-t-il affirmé.

Pour le président du MAK, cette Constitution désormais soumise à débat, une fois adoptée, revêtira une valeur symbolique considérable dans l’histoire de la Kabylie. « Cette constitution, une fois débattue, puis adoptée, sera un acte fondateur d’une inestimable valeur symbolique, d’une inépuisable ressource juridique et d’une irrépressible puissance historique pour le peuple kabyle. Elle participe de la consolidation d’un avenir commun avec les ensembles nord-africains et méditerranéens ainsi que d’une Afrique débarrassée des scories du colonialisme et de la dictature », a-t-il estimé. Tout en dédiant cette Constitution « à tous les combattants tombés pour la liberté du peuple kabyle (…), à tous les kabyles assassinés, torturés, emprisonnés par le pouvoir algérien pour leur délit de kabylité et à tous les kabyles qui sont dans les prisons coloniales de l’Algérie », Mas Aselway a déclaré que l’Algérie, même si elle emprisonne les kabyles, « ne peut arrêter leur histoire en marche vers leur indépendance sur la base du droit des peuples à l’autodétermination ».

Justement, pour les indépendantistes kabyles, l’aboutissement de ce projet de Constitution représente déjà une victoire. « C’est là notre trophée à toutes et à tous. Elle est d’abord une victoire sur nous-mêmes en tant que nation et sur cette nuit coloniale que nous essayons d’écourter en hâtant la levée du jour », a-t-il soutenu.

Une Constitution à la fois rattachée aux valeurs ancestrales et à la modernité

Tout en respectant la spécificité de la société kabyle, les rédacteurs de la mouture de la première Constitution de la Kabylie (tous du MAK-ANAVAD) ont également cherché à s’inspirer des meilleures démocraties de ce monde. C’est ce qu’a développé le président du MAK dans son discours. « Une Constitution n’est pas uniquement un ensemble de textes juridiques et politiques d’une nation. Elle est la définition de son peuple. Un concentré de sa vision d’elle-même et du monde. Comme elle est écrite au 21eme siècle, elle se doit d’être exemplaire. A la fois fidèle aux valeurs ancestrales qui ont fait de chacun de nos villages une mini-république comme Tijmuyaa (comités de villages) et Laarachs (les aârchs), elle est fidèle aussi à celles pérennisées par les plus grandes démocraties du monde », a-t-il précisé.

Pour sa rédaction, il a donc fallu, enchaîne-t-il, « que nous restions nous-mêmes tout en nous inspirant des meilleures Constitutions de ce monde comme celles des Etats-Unis et de la Suisse ». Anticipant toute accusation d’aventurisme ou de précipitation, l’auteur de ‘’Réflexions dans le feu de l’action : Histoire de la renaissance du peuple kabyle’’, a expliqué que cette Constitution « n’est pas tombée du ciel », mais elle « est la suite logique de l’aspiration du peuple kabyle à vivre libre et indépendant loin de la répression et de la domination coloniale ». Pour lui, l’idée de doter la Kabylie de sa propre Constitution a déjà germé lorsque les jeunes kabyles tombaient sous les balles assassines des gendarmes algériens durant le printemps noir. « Cette Constitution fait suite à la déclaration du 05 juin 2001 en plein printemps noir, à la mise sur pied de l’Anavad le 1er juin 2010 et à la proclamation de la motion pour l’autodétermination du peuple kabyle et pour son indépendance. Elle fait suite à toutes les affres et toutes les douleurs que la Kabylie a enduré jusqu’ici pour recouvrer sa liberté », a-t-il affirmé. Il est à noter l’absence anormale de l’autre mouvement indépendantiste kabyle l’Union pour la République Kabyle (URK) qui, parrait-il, ne serait ni associé à l’initiative ni convié à cette cérémonie. A signaler aussi qu’aucune personnalité kabyle de premier plan n’était présente à cet événement.

Yennayer 2973 pour l’adoption de la première Constitution kabyle

Par ailleurs, Ferhat Mehenni a déclaré officiellement soumettre ledit projet de Constitution à débat. Elle sera largement diffusée via les médias et les réseaux sociaux. Son adoption est prévue à partir de Yennayer 2973 correspondant à au mois de janvier 2023.

Lyes B.

5 COMMENTS

    • On chasse le naturel il revient au galop. Lorsqu on est en bute face à des difficultés on appelle à l union mais lorsqu on décide on le fait tout seul comme d hab.
      Moralité :les kabyles ne feront jamais rien car ils sont incapables de s entendre

  1. Les personnalités kabyles de premier plan, pour celles qui sont en Kabylie, elles ne peuvent prendre part sans risquer à coup sûr une arrestation et un emprisonnement. Pour celles qui sont dans la diaspora, elles ont volontairement décidé de ne pas prendre part pour les raisons qui les regardent, et c’est leur droit… Elles peuvent naturellement, si elles le souhaitent, prendre part au débat sur le projet de cette constitution, l’amender, corriger ce qui doit l’être, etc. C’est la constitution de tous les Kabyles.

  2. Face une farouche dictature, il y’a que la résistance et la persévérance qui peuvent faire barrage aux flux sanguinaires de ces zbirs ;mes chers frères berbères et en en particuliers , un état ne se construit pas en une année surtout dans un pays gouverné pour perdurer de génération en génération ( confisqué ); soyons patients, unis et plein d’espoir, ne donnant l’occasion au ridicule et surtout à nos ennemi, ennemi de la démocratie , de la liberté et de l’enthousiasme ;;;;;;;
    Prendre part au débat sur notre chère enfin constitution kabyle, nous honore et nous rend fort et combatif, il faut toujours rendre hommage aux initiateurs de cette belle naissance, le chemin est rude mais on avance, traçons bon chemin à notre belle génération future kabyle car l’histoire souviendra de vous , reconnaissance oblige;vive la kabylie indépendante et épanouie. l’anayaa kabyle est très forte et encrée

  3. C’est incroyable ce que l’autosuggestion peut nous faire faire ou croire. Nous ne vous avons jamais mandaté pour quoi que ce soit et surtout pas pour démolir notre pays. Parlez pour vous, dans vos salons parisiens ou marocains, mais pas au nom de nous autres qui sommes restés accrochés à nos montagnes, malgré toutes les adversités.

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