Tizi n’Berber : L’administration algérienne interdit un Salon du livre

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Tizi N'Berber
Tizi N'Berber

VGAYET (TAMURT) – Le Salon du livre qui devait être organisé au village Tazrourt, dans la commune de Tizi n’Berber, les 20 et 21 mai, a été finalement annulé. L’administration algérienne, représentée par la daïra d’Aokas, a ordonné son annulation, arguant que les organisateurs n’avaient pas sollicité une autorisation préalable. Pourtant, les initiateurs de l’évènement avaient obtenu l’aval des autorités municipales, lesquelles ont mis à leur disposition la bibliothèque communale. Un même évènement a été autorisé à Chlef (18-21 mai), une wilaya algérienne.

« C’est avec un grand regret que nous annonçons l’annulation du Salon du livre qui est prévu pour le 20 et 21 mai 2022. Le motif de l’annulation consiste sur le fait que nous n’avons pas eu l’autorisation pour l’activité de la part de la Daira d’Aokas, malgré que nous ayons l’autorisation du P/APC de Tizi n Berber portant sur l’utilisation de la bibliothèque municipale pour organiser le salon du livre », a expliqué dans un communiqué l’un des organisateurs, l’association socioculturelle Waggaz. Celle-ci a précisé qu’elle n’a pas jugé utile de demander une autorisation à la daïra car elle avait déjà obtenu celle de l’APC de Tizi n’Berber.

« Nous n’avons pas demandé l’autorisation et ce n’est pas délibérément, vu que nous avons l’autorisation du P/APC », a-t-on justifié. D’aucuns estiment que le motif réel de cette annulation n’est pas en lien avec une quelconque bureaucratie ou « anomalie administrative ». « On prétend que cette interdiction serait due au fait que les organisateurs de l’évènement n’avaient pas soumis celui-ci à l’autorisation préalable du chef de daïra. On veut donc couvrir cette interdiction du voile d’une anomalie administrative. Il n’y a pas plus faux que cela. Le chef de daïra de Sidi-Aïch avait pourtant donné son aval pour l’organisation du salon du livre de cette localité avant qu’il ne soit interdit par l’académie de Bejaïa en invoquant un autre prétexte.

Les autorités veulent-elles prendre les gens pour des cons ? L’opinion sait qui décide, sait qui interdit », a réagi Kader Sadji, responsable du Café littéraire de Vgayet, dans une déclaration postée sur sa page Facebook. Pour rappel, l’association Soummam Eco-Culture de Sidi Aïch (Vgayet) avait projeté l’organisation d’un Salon du livre les 28 et 29 décembre dernier, au lycée Taos Amrouche de la région, avant de l’annuler à la dernière minute. La raison ? La Direction de l’éducation de Vgayet avait tout bonnement exprimé son refus à la tenue de cette manifestation culturelle au niveau de cet établissement scolaire.

Apparemment, le pouvoir algérien veut tuer la vie culturelle en Kabylie. A Chlef, une wilaya algérienne, la deuxième édition du Salon du livre de la région s’est normalement déroulée du 18 au 21 mai.

Arezki Massi

3 COMMENTS

  1. Hermann Goering le ministre de l’intérieur d’Hitler disait « Quand j’entends le mot culture , je sors mon revolver  » En dignes successeurs du sus dit , les indigents culturels au pouvoir actuellement ont adoptés par mimétisme le même comportement et dès qu’ils entendent s’ouvrir un salon de la culture, ils envoient leurs sbires pour refermer toute porte ouvrant l’Esprit à la Conscience. Mêmes causes, mêmes effet

  2. L’administration veut tout simplement humilier les Kabyles. D’ailleurs, ces organisateurs, comme pour s’excuser de ne pas avoir sollicité l’autorisation du chef de daira, insistent sur le fait que ce n’est pas délibérément qu’ils n’ont pas sollicité ce représentant du pouvoir central !! Jusqu’où ira cette humiliation ?

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