Détention arbitraire : Le groupe de travail de l’ONU demande à l’Algérie « la libération immédiate » de Kamira Nait Sid

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Kamira Nait Sid
Kamira Nait Sid

NATIONS UNIES (TAMURT) – La militante kabyle et coprésident du Congrès Mondial Amazigh (CMA), Kamira Nait Sid, est détenue dans les geôles algériennes depuis septembre 2021 « d’une manière injuste ». C’est ce qu’a révélé, récemment, un rapport du groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire. Par conséquent, cet organisme dont le mandat est, entre autres, d’« enquêter sur les cas de privation de liberté imposée arbitrairement », a demandé au gouvernement algérien sa « libération immédiate ».

« Le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire vient de déclarer dans un rapport détaillé que Kamira Nait Sid est détenue en Algérie de manière arbitraire et demande sa libération immédiate », a annoncé la sœur de la détenue sur sa page Facebook. Dans son rapport, ce groupe de travail, dont le mandat est d’«enquêter sur les cas de privation de liberté imposée arbitrairement ou de toute autre manière incompatible avec les normes internationales pertinentes énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ou dans les instruments de droit international pertinents acceptés par les États concernés », a formulé la raison pour laquelle il estime que la détention de Kamira Nait Sid est arbitraire. « La privation de liberté de Kamira Nait Sid est arbitraire parce qu’elle est tout simplement « contraire aux articles 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 11(1), 19 et 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et aux articles 2(1), 2(3), 9, 14, 16, 19, 22, 26 et 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». Par conséquent, les rédacteurs de ce rapport estiment que, « compte tenu des circonstances de l’espèce, y compris le risque d’atteinte à sa santé, la mesure appropriée consisterait à libérer immédiatement Mme Nait Sid et à lui accorder le droit d’obtenir réparation, notamment sous la forme d’une indemnisation ».

Le même organisme, rattaché au Haut-Commissariat des Nations Unies sur les droits de l’homme, « appelle le Gouvernement (algérien) à prendre des mesures urgentes pour assurer la libération immédiate de Mme Nait Sid», notamment « dans le contexte actuel de la pandémie mondiale de la maladie due au coronavirus (COVID-19) et de la menace qu’elle représente dans les lieux de détention ». Dans un autre chapitre, ce groupe de travail dit avoir demandé « instamment » au gouvernement algérien « de veiller à ce qu’une enquête approfondie et indépendante soit menée sur les circonstances de la privation arbitraire de liberté de Mme Nait Sid, et de prendre les mesures qui s’imposent contre les responsables de la violation de ses droit ».

Pour rappel, Kamira Nit Sid a été kidnappée par les services secrets algériens près de son domicile à Draa Ben Khedda, dans le département de Tizi Wezzu, fin aout 2021. Transférée en toute discrétion à Alger, elle a été présentée devant le juge d’instruction du tribunal Sidi M’hamed (pôle pénal spécial) et placée sous mandat de dépôt, le 01 septembre. Elle est poursuivie pour 8 chefs d’inculpation dont certains à caractère criminel sur la base du controversé article 87 bis du code pénal algérien. Cet article stipule qu’« il est considéré comme acte terroriste ou sabotage tout acte visant la sûreté de l’Etat, l’intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions ». Elle est détenue à la prison de Koléa sans procès ni jugement depuis dix mois.

Arezki Massi

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