60eme anniversaire de l’indépendance de l’Algérie : Pas de grâce présidentielle pour les militants indépendantistes kabyles ?

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Abdelmadjid Tebboune
Abdelmadjid Tebboune

ALGER (TAMURT) – Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a signé, lundi 04 juillet, cinq décrets portant « mesures de grâce et d’apaisement », à l’occasion du 60eme anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, a annoncé un communiqué de la présidence algérienne. Un projet de loi en faveur des personnes définitivement condamnées pour terrorisme durant la décennie noire est en préparation, a indiqué la même source. Des détenus du hirak et d’opinion sont concernés par cette mesure de grâce, mais pas les personnes poursuivies sur la base de l’article 87 bis, dont des dizaines de militants indépendantistes kabyles toutes tendances confondues.

Pas moins de 14914 personnes condamnées définitivement du droit commun et poursuivies dans des affaires liées à « l’utilisation des réseaux sociaux à des fins incitatives » ont bénéficié des mesures de la grâce présidentielle décrétée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, à la veille de la célébration du 60eme anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. En outre, des détenus politiques et d’opinion sont également concernés par ces mesures.

En effet, un décret présidentiel signé, hier, a appelé « à prendre des mesures de détente en faveur des jeunes poursuivis en pénal, en détention, pour avoir commis des faits d’attroupement et autres actes en lien ». Il s’agit probablement des détenus du hirak algérien. Toutefois, aucun mot n’est soufflé sur les militants poursuivis sur la base de l’article controversé 87 bis. Des dizaines de militants kabyles, dont des indépendantistes croupissent dans les geôles algériennes à cause de cet article. Ils sont faussement accusés de terrorisme depuis le classement du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), le 18 mai 2021, comme « organisation terroriste ».

Par ailleurs, le communiqué de la présidence algérienne a informé qu’une loi en faveur des personnes condamnées impliquées dans la décennie noire est en préparation. « Dans le cadre des mesures que prend le Président de la République, à travers les consultations avec les représentants des partis politiques et de la société civile, un projet de loi est en préparation, en faveur des personnes condamnées définitivement, et ce en prolongement des lois portant Errahma et Concorde civile », souligne-t-on dans le même communiqué. Pour rappel, la loi sur Errahma a été décrétée sous la présidence de Liamine Zeroual en février 1995. A l’arrivée du Bouteflika au pouvoir, il a lancé l’initiative de la concorde civile, votée au Parlement algérien en juillet 1999, puis soumise au référendum populaire, qui l’a plébiscitée à 90% des suffrages (selon les chiffres officiels), en septembre de la même année.

Cette loi, décriée par les familles des victimes, avait amnistié des terroristes islamistes impliqués dans la décennie noire de 90. Pour ces familles, les autorités algériennes, à travers cette loi, veulent « effacer les mémoires parce qu’elles se sont forcément rendues coupables d’actes condamnables qui les couvrent de honte ».

Lyes B.

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