Migration clandestine : Un jeune kabyle retrouvé mort sur les côtes espagnoles

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Abdelkader Bitous, un jeune kabyle retrouvé mort sur les côtes espagnoles
Abdelkader Bitous, un jeune kabyle retrouvé mort sur les côtes espagnoles

SEDDOUK (TAMURT) – Porté disparu, il y a plus de neuf mois, le corps sans vie d’un jeune kabyle a été repêché, dernièrement, sur les côtes espagnoles. Il a tenté de rejoindre l’Europe, au péril de sa vie, en fuyant la « hogra » et le marasme imposés par le régime algérien en Kabylie.

C’est une fin tragique pour le jeune kabyle Abdelkader Bitous, ou Kader pour les intimes. Son corps inerte vient d’être retrouvé sur les côtes espagnoles. Natif de M’cisna, relevant de la circonspection administrative de Seddouk, il a essayé de gagner l’Europe pour « un avenir meilleur ». « Kader était un jeune de ma génération, avec lequel j’ai partagé une jeunesse pleine d’espoir ! (…) Kader était un jeune plein d’ambition et dynamique, il vivait pour construire sa vie de bonheur et de joie », a témoigné B. Mahmoud, l’un de ses amis pour qui Kaker est « une autre victime de la Harraga, conséquence de la Hogra (mépris) et d’une gestion catastrophique des affaires du pays ».

Abdelkader Bitous, ancien footballeur au RC Seddouk

Ancien footballeur au Racing Club de Seddouk, Kader a réalisé « que son rêve ne peut être réalité » sous un régime algérien autoritaire. « L’espoir de construire sa vie dans la rive nord de la Méditerranée le comble. Il est ainsi poussé à prendre le large, au péril de sa vie, avec ses compagnons, à la recherche d’un avenir radieux et meilleur. Le destin en a voulu autrement, il périt au large ! », a déploré l’ami de Kader. Sans nouvelles de lui depuis neuf mois, vécus dans le chagrin et le stress, et « face à une insouciance et négligence totales des autorités », sa famille et ses amis « peuvent au moins faire leur deuil », a encore indiqué l’ami de Kader.

Pour rappel, plusieurs familles de Vgayet sont à ce jour sans nouvelles de leurs enfants, 23 harragas, ayant pris le large de la plage d’Oued-Dass (littoral Ouest de Vgayet), le 17 décembre 2020, vers les côtes espagnoles. 17 jeunes de Melbou, Souk El Tenine et Kherrata sont partis le 29 octobre 2021, à 1h du matin, de la plage oranaise, Kristel, vers l’Espagne, sont portés disparus. Un autre groupe de jeunes kabyles du département de Tizi Wezzu ont pris le large le 02 janvier 2022, à partir d’une plage de Mostaganem, à l’Ouest Algérien. Depuis, aucune nouvelle d’eux.

Leurs familles continuent de souffrir le martyr dans l’indifférence totale. La seule solution que les élus kabyles proposent aux familles des disparus et de les accompagner dans le bureau des autorités algériennes pour denoncer le courage de leurs fils. Ces mêmes autorités responsables de la detresse des familles des disparus. « Nos élus ne travaillent pas nos intérêts. Ils sont devenus les piliers de la dictature coloniale algérienne en Kabylie », nous dira le frère d’un disapru de Kherrata.

Aksil K.

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