Soutien aux détenus d’opinion : Le réalisateur Bachir Derrais « déçu » par la démission de l’élite algérienne

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Bachir Derrais
Bachir Derrais

FRANCE (TAMURT) – Personne ne semble se soucier vraiment du sort des détenus d’opinion qui croupissent injustement dans les geôles algériennes, sauf leurs familles et une catégorie d’avocats convaincus et engagés pour la défense des droits de l’homme. Voulant lancer une initiative pour mobiliser « l’élite » algérienne sur la cause des détenus d’opinion, le réalisateur kabyle Bachir Derraïs a été aussitôt contraint d’abandonner devant la démission de cette soi-disant « élite ». Il faut le reconnaitre que même à Tizi Wezzu, qui a accueilli, récemment, l’écrivain algérien Yasmina Khadra à la maison de la culture Mouloud Mammeri, aucun mot n’a été soufflé sur le sort des détenus d’opinion.

Dans un message qu’il vient de poster sur sa page Facebook, le réalisateur du film sur Larbi Ben M’hidi dont l’exploitation est interdite par l’Etat Algérien, a fait part de sa volonté de lancer une initiative avec Nadia Matoub, la veuve du chanteur kabyle Lounes, pour venir en aide aux détenus d’opinion qui croupissent injustement dans les prisons algériennes. « En bavardant avec Nadia Matoub, il y a une dizaine de jours, autour de la situation des détenus d’opinion, nous avions pensé à lancer une initiative sérieuse en leur faveur, en contactant des personnalités algériennes et binationales de notoriété internationale comme les artistes, les sportifs, les cinéastes et autres, qui sont neutres et qui n’ont pas l’habitude de se mêler de politique afin de sensibiliser les hautes autorités du pays », a d’abord confié Bachir Derrais, scénariste, réalisateur et producteur de film. Toutefois, après avoir contacté pas moins de quatre « personnalités », il renonce à cette initiative, tout en exprimant sa déception devant la démission de cette « élite ». « Alors, j’ai commencé à prendre contact avec certains d’entre-deux, (et) au bout de 4 ou 5 contacts, j’ai été vite déçu et j’ai fini par abandonner. J’ai compris que personne ne veut prendre de risque », a-t-il déploré.

Désormais, ce scénariste et réalisateur engagé dit espérer un miracle pour que les détenus d’opinion en Algérie, et qui sont en majorité des kabyles, retrouvent leur liberté confisquée. « J’ose espérer qu’un miracle se produise et qu’ils soient tous libérés afin de retrouver leurs familles et reprendre leur travail, leurs projets, s’occuper plutôt de l’avenir de leurs enfants par tous les moyens au lieu de penser aux autres indifférents et insensibles à leur situation », a-t-il écrit.

Pour ce réalisateur engagé, « les personnalités algériennes » qu’ils voulaient solliciter préfèrent leur confort à une prise de risque pour plaider la cause des détenus d’opinion. « Si personne ne bouge, c’est qu’ils sont heureux. Alors, ces pauvres militants ne peuvent les perturber dans leur bonheur et qu’ils se reposent bien dans leur sommeil », a-t-il conclu. Il faut le reconnaitre, même en Kabylie, aucune mobilisation notable n’est lancée en faveur de la libération des détenus. Le 19 juillet dernier, l’écrivain algérien Yasmina Khadra a été chaleureusement accueilli à la maison de la culture Mouloud Mammeri par un public kabyle nombreux. La question des détenus d’opinion n’a pas été évoqué ni par l’auteur algérien ni pas le public kabyle. Néanmoins, la Kabylie ne peut pas ignorer le travail acharné et formidable d’une catégorie d’avocats, qui se mobilisent pour la défense des détenus d’opinion.

Pour le moment, la répression qui s’abat sur la Kabylie via des arrestations arbitraires empêche toute initiative citoyenne d’envergure en faveur des détenus d’opinion, dans l’attente d’un sursaut d’orgueil ou d’un miracle, comme ose l’espérer l’enfant de Palestro, Bachir Derraïs.

Arezki Massi

1 COMMENT

  1. Eh oui le Hirak a lessivé et a séché toutes les revendications nobles de la kabylie. chose promise et chose due du gouvernement Taboune ,,,,,,,,,,,,
    Il nous reste qu’à revenir à nos propres préoccupations identitaires et protéger nos propres enfants . les années passent , il est temps de revenir aux choses concrètes et urgentes avant le grand remplacement identitaire et l’effacement des valeurs kabyles !!!!
    Les élites ( soit-disant les démocrates) ont atteint leur but matériel et corporel ) , la souffrance de leurs frères prisonniers et surtout de leurs familles est loin d’atteindre leurs masses corporelles ( intélégencia ). la moindre des choses à faire est de créer une cagnotte financière pour faire face aux besoins de ces enfants et les familles en question; car parmi eux, ils sont vraiment dans la pauvreté !!!!! c’est ça la vraie solidarité humaine !!!
    Au jour d’aujourd’hui, mendier la bonne parole des intéléctuels est révolue et tout le monde se prétend être un superman moraliste et inventeur du fil à couper le beur. La meilleure des forces se trouve dans les rangs de la classe populaire, la mieux exposée aux différentes rafales de vent du zaamisme.

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