Farroudja, mère du détenu politique Tahar Amichi : « Mon fils n’est pas un terroriste »

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Tahar Amichi
Tahar Amichi

KABYLIE (TAMURT) – Un an vient de s’écouler depuis l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt du militant kabyle Tahar Amichi. En compagnie de pas moins de 24 autres détenus d’opinion, tous originaires de la Kabylie, il a entamé une grève de la faim depuis le 12 septembre pour dénoncer l’arbitraire que le régime algérien lui fait subir. Sa mère affirme avoir rejoint ce mouvement de grève en solidarité avec son fils et ses codétenus.

Faroudja, mère du détenu politique kabyle Tahar Amichi

Arrêté le 14 septembre 2021 dans le cadre d’une vaste vague d’arrestations ciblant les militants politiques kabyles, notamment les indépendantistes, Tahar Amichi a été placé sous mandat de dépôt, le 16 septembre de la même année. 366 jours après sa détention injuste dans la prison algérienne de Koléa (Tipaza), sa mère Farroudja se confie à Berbère Télévision. « La dernière fois que j’ai rendu visite à mon fils Tahar, il m’a dit ces paroles : ‘’On n’a rien fait de mal. Cette grève de la faim est notre seul recours. Nos dossiers sont vides. Pourquoi ils nous détiennent encore en prison ?», a raconté Farroudja. Celle-ci a décidé de rejoindre ce mouvement de grève en solidarité avec son fils. « Moi aussi je suis en grève de la faim. Ceux qui sont en prison souffrent. Ils ont quitté leur famille, enfants et travail. Ils ne sont pas des terroristes. Un terroriste est celui qui tue. Mon fils n’est pas un terroriste, ainsi que ses codétenus », a-t-elle affirmé.

Animée d’un formidable courage, Farroudja lance un appel aux familles des détenues afin qu’elles s’expriment. « C’est la peur qui empêche les familles de parler de l’emprisonnement de leurs enfants. Ils (les corps de sécurité algériens) ont terrorisé les familles des détenus et leurs voisins lorsqu’ils effectuaient des descentes violentes au domicile familial. Les familles des détenus doivent s’exprimer sur le sort de leurs enfants », a-t-elle appelé. Natif du département de Vgayet, Tahar Amichi a été arrêté au domicile familial suite à une perquisition opérée par la police algérienne. Pour rappel, en 2010, ce même militant a été arrêté et poursuivi en justice par le régime algérien pour avoir collé des affiches appelant à la marche du 20 avril, commémorant les printemps kabyles de 1980 et 2001.

Lyes B.

3 COMMENTS

  1. Ton fils madame est un héros .
    Il faut être fière , il fait parti des hommes à l’image de ses ancêtres qui ont combattu l’injustice et l’oppression et qui se sont sacrifier pour les valeurs de justice et de liberté.
    Gloire à tous les prisonniers et honte à ce pouvoir oppresseur et injuste et à tous ses complices.

  2. Tous les villages doivent se sentir concernés par l’injustice. Quand un mal ronge un peuple cela commence par être le problème que quelques-uns puis grâce au silence et le manque d’esprit de groupe, cette peur fait le reste, en rendant tous vulnérables. Il est temps de dire que les problèmes politiques ne peuvent être dégradés à la dimension policière. Le FFS devrait refuser de participer aux « élections » prochaines et se porter comme lien entre les villages pour en dégager un mouvement pacifique transversal aux clivages idéologiques pour dire Basta avec cette dictature qui malgré les urnes continue avec la confiscation du pouvoir, toute honte bue. Notre silence est une complicité civilisationnelle. Commencer par dire clairement non à l’Etat arabe et à l’arabisation forcennée, outre à être un acte nazi-fasciste elle est contre-productive soit pour le système éducatif qu’administratif. Le compromis se fait sur les conditions secondaires et jamais sur les fondamentaux de la société et de l’identité. Une Algérie arabe islamique ne me représenterait jamais, ni un Etat islamique ou militaire, soit il dirigé par des Kabyles! Nous n’avons pas à nous arabiser ou renoncer à la laicité- des piliers de notre Amazighité – pour etre citoyens!

  3. Ce cri d’alerte de cette mère qui souffre des injustices faites à son fils et ses paires me bouleverse. Comme le dit si bien dame ,les familles doivent s’organiser pour dénoncer et crier à la face du monde l’injustice faites à leurs enfants. Et leur appel fera écho pour un soutien qui brisera la chape de plomb de la peur. Que les familles ‘s’expriment. Et que des relais se solidarisent pour enfin briser l’omerta. Toute ma solidarité …

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