Algérie : HRW et Amnesty exigent la libération de Slimane Bouhafs, un chrétien kabyle kidnappé par les services algériens en Tunisie

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Slimane Bouhafs en Tunisie
Slimane Bouhafs en Tunisie

ALGER (TAMURT) – Dans une déclaration conjointe, publiée ce lundi 26 septembre, les ONG Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) ont appelé les autorités algériennes à libérer « immédiatement » le militant kabyle Slimane Bouhafs. De confession chrétienne et jouissant d’un statut de réfugié en Tunisie, il a été kidnappé par les services secrets algériens fin août 2021 et ramené de force en Algérie. Il est actuellement détenu à la prison de Koléa (Tipaza) et poursuivi notamment pour « terrorisme » et « offense à l’Islam ».

Pour rappel, le 25 août 2021, des hommes en civil, dépêchés en Tunisie par la junte militaire algérienne, se sont présentés au domicile de Slimane Bouhafs à Tunis, et l’ont forcé à monter à bord d’un véhicule et sont partis, selon des informations rapportées par sa famille. Une semaine plus tard, il a été présenté devant le juge d’instruction du tribunal Sidi M’hamed à Alger et placé sous mandat de dépôt. Militant au sein du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Slimane Bouhafs est accusé de terrorisme sur la base de l’article 87 bis.

Converti à la foi chrétienne, cet ancien policier a été déjà emprisonné pendant deux ans pour des publications sur Facebook jugées offensantes envers l’islam. A sa sortie de prison, il est parti en Tunisie où il a demandé l’asile. « Slimane Bouhafs a fui l’Algérie après avoir été persécuté par les autorités, et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés lui a accordé une protection internationale en Tunisie », a souligné un responsable d’AI. C’est en 2020 que ce militant kabyle avait obtenu le statut de réfugié en vertu d’un accord entre le HCR et les autorités tunisiennes.

Actuellement, Slimane Bouhafs est détenu à la prison algérienne de Koléa. Pas moins de 10 chefs d’inculpation sont retenus contre lui. Selon ses avocats, il est notamment poursuivi pour « adhésion à une organisation terroriste » (article 87 bis 3), « apologie du terrorisme » (article 87 bis 4), « atteinte à l’intégrité du territoire national » (article 79), « offense au prophète [de l’islam] » (article 144 bis 2), « publication de fausses nouvelles » (article 196 bis), « incitation à la haine et à la discrimination raciale » (article 295 bis) et « obtention de fonds étrangers » (article 95 bis).

En guise de rappel, des ONG tunisiennes des droits de l’homme avaient dénoncé la complicité des autorités tunisiennes dans le kidnapping de ce militant kabyle alors qu’il jouissait de statut de réfugié en Tunisie.

Lyes B.

2 COMMENTS

  1. La liberté religieuse est non seulement sacrée pour les dieux, autrement ce sera un oxymore, mais aussi et surtout l’expression vitale de la cité. Les raisons qui devraient confirmer leurs solidité sont dans cette liberté de l’individu qui en exprimant sa dimension dunamise le groupe. Dans cette optique la « oumma » agit en uniformisant les individus par le haut, ce faisant elle suffoque la vie sociale et donc tue le groupe. Il y a des sociétés qui rentrent dans un appendice culturel et ne resortent plus. Comme les peuples qui sacrifiaient « aux divinités » des etres humains, la « oumma » sacrifie le potentiel qui date depuis des millénaires. La société Dans notre société la croyance dans toute divinité est subordonnée à la liberté de changer d’avis à tout moment.

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