Affaire du journaliste Mohamed Mouloudj : 13 mois de détention pour un SMS envoyé à Ferhat Mehenni lui demandant une interview

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Le journaliste Mohamed Mouloudj
Le journaliste Mohamed Mouloudj

KABYLIE (TAMURT) – A l’origine de la détention arbitraire du journaliste kabyle Mohamed Mouloudj, un petit SMS envoyé au président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) pour lui demander une interview dans un cadre professionnel. C’est ce que vient de révéler l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF).

« Le journaliste a été poursuivi pour un SMS envoyé en avril 2021 à Ferhat Mehenni, le chef du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), lui demandant une interview pour le journal Liberté-Algérie. Transformé de manière absurde en “preuve” d’appartenance à une organisation terroriste, ce SMS a été invoqué pour justifier les poursuites et sa mise en détention provisoire durant 13 mois », a déploré l’ONG RSF dans un récente déclaration intitulée ‘’13 mois de prison pour un SMS envoyé à un opposant du gouvernement’’. Mohamed Mouloudj, alors journaliste au quotidien Liberté, avait envoyé ce SMS au leader indépendantiste kabyle pour le besoin d’un article. Pour rappel, le 18 octobre dernier, le tribunal criminel de Dar El Beida avait condamné Mohamed Mouloudj et sept autres militants kabyles à deux ans de prison dont un avec sursis après avoir passé 13 mois à la prison algérienne de Koléa. Ce journaliste a été poursuivi pour « appartenance à une organisation terroriste » (MAK) et « atteinte à la sécurité de l’Etat ».

Finalement, le juge avait abandonné l’accusation à caractère criminel portant sur l’appartenance à une ‘’organisation terroriste’’. Le régime algérien avait arbitrairement classé le MAK comme ‘’organisation terroriste’’ le 18 mai 2021. A sa sortie de prison, Mohamed Mouloudj a annoncé à la presse qu’il était arrêté, lui et ses coaccusés, pour délit de kabylité. « Nous étions accusés parce que nous sommes kabyles, c’est un fait, ça n’a pas ébranlé nos convictions (…) même si l’accusation était très lourde. (…) Je l’ai dit : nous ne sommes pas des terroristes, nous étions des terrorisés », a déclaré l’ex journaliste de Liberté.

Aksil K.

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