Lyazid Abid (URK) sur la condamnation de Ferhat Mehenni à perpétuité par la justice algérienne: « Cela répond à une logique coloniale »

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Lyazid Abid
Lyazid Abid

KABYLIE (TAMURT) – Le porte-parole de l’Union pour la République Kabyle (URK), Lyazid Abid, a réagi, ce jeudi 17 novembre, à la condamnation du président du MAK, Ferhat Mehenni, à perpétuité pour terrorisme par le tribunal criminel de Dar El Beida (Alger). Pour ce leader indépendantiste, cette condamnation répond « à une logique coloniale ». C’est ce qu’il a déclaré au journal marocain en ligne Akhbarona.com. « Quel pays s’est libéré sans que ses leaders ou activistes n’aient été accusés de terroristes ? », s’est interrogé Lyazid Abid. Et de répondre : « Aucun… ».

Le 13 novembre dernier, près de 50 militants kabyles ont été jugés par le tribunal criminel de Dar El Beida (Alger). Plusieurs condamnations ont été prononcées à l’encontre des prévenus. Les leaders politiques kabyles, vivant en exil, ont écopé des plus lourdes peines. En effet, le président du MAK et du Gouvernement provisoire kabyle en exil, ainsi que ses collaborateurs Zidane Lefdel, Brahim Belabassi et Mounir Boutegrabet, ont été condamnés par coutumace à des peines de 20 ans de prison ferme. D’autres militants et militantes, forcés à l’exil, ont été également condamnés par contumace à 20 ans de réclusion criminelle.

Réagissant à ces condamnations prononcées par la justice algérienne, le leader indépendantiste Lyazid Abid, porte-parole de l’URK, affirme qu’elles sont le propre d’un régime colonial. « La condamnation du président de l’Anavad et du MAK, Ferhat Mehenni, à perpétuité, et d’autres militants kabyles à de lourdes peines par la justice algérienne répond à une logique coloniale. Les nationalistes algériens lors de la colonisation française et les leaders d’autres pays qui se sont libérés des jougs coloniaux ont subi le même sort. Quel pays s’est libéré sans que ses leaders ou activistes n’aient été accusés de terroristes ? Aucun… », a annoncé Lyazid Abid au journal marocain d’information Akhbarona.com.

Dans ce sillage, ce militant politique estime que «la Kabylie ne fait pas exception » et que « l’Algérie lui fait subir les pires épreuves ». Abondant dans le même sens, le fondateur de l’URK affirme sur les colonnes du média marocain que la Kabylie est « le souffre-douleur d’une Algérie qui peine à émerger sur le plan régional et international » et « d’une Algérie de plus en plus isolée et agressive envers les kabyles ». Par ailleurs, ce militant de longue date, qui a contribué en 2010 à la mise sur pied du Gouvernement provisoire kabyle en exil (GPK), est satisfait du dernier examen périodique universel (EPU), qui a vu l’Algérie épinglée pour ses violations et ses atteintes aux droits humains, notamment en Kabylie. « Plusieurs pays membres du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ont exprimé, ce 11 novembre 2022, leurs vives inquiétudes quant à la détérioration des droits de l’homme en Algérie, à l’occasion du 41 examen périodique universel (EPU) ». Lyazid Abid, qui est lui-même recherché par la justice algérienne et cité dans l’affaire des militants kabyles, pense que l’Algérie « a perdu la boussole depuis la reconnaissance du Maroc du droit à l’autodétermination de la Kabylie ». Pour lui, « seule la panique des dirigeants algériens peut expliquer la qualification des kabyles de terroristes ».

En outre, ce militant politique soutient que « les indépendantistes kabyles du MAK et de l’URK, Ferhat Mehenni à leur tête, ne sont pas des terroristes ». Au contraire, Lyazid Abid les qualifie de « militants de la paix et de l’honneur qui sauveront un jour la Kabylie et l’Afrique du Nord des griffes des généraux algériens ». Fondée en 2017, l’URK représente, avec le MAK, la mouvance indépendantiste kabyle. Pour ses adhérents et militants, « le combat pour la libération de la Kabylie est irréversible ».

Lyes B.

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