Association Tamazgha : Mettons un terme à l’humiliation de la Kabylie !

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Drapeau amazigh
Drapeau amazigh

PARIS COMMUNIQUE TAMAZGHA – La Kabylie est gravement persécutée depuis quelques années : arrestations massives, incendies de nos villages et nos forêts notamment, et bien d’autres méfaits… Nos camarades qui défendent la Kabylie (autonomistes, indépendantistes, …), notamment celles et ceux qui sont critiques vis-à-vis de l’idéologie arabo-islamique, véritable poison à l’encontre de l’Amazighité, sont des centaines à croupir dans les geôles du pouvoir algérien. Notons que la chape de plomb dépasse les frontières. Les réseaux sociaux de la diaspora kabyle sont moins entreprenants que d’habitude. La peur est palpable et les représailles hantent les esprits, mais cela ne saurait durer. Certes, les militants kabyles sont pacifiques mais fermes.

Les mascarades « judiciaires » que l’Etat algérien organise pour condamner ou « acquitter » des citoyens arrêtés arbitrairement, souvent de façon brutale et humiliante, sont une preuve de plus qui confirme le caractère dictatorial de ce régime qui n’a que trop duré. L’instrument « judiciaire » algérien, nous le constatons bien, est aux ordres, comme il l’a toujours été. Ce régime est si rétrograde qu’on ne peut lui demander de se hisser à la modernité. Par ailleurs, il est à déplorer que des milliers de jeunes tentent l’eldorado avec des chaloupes ou autres rafiots de fortune, souvent au péril de leurs vies. Parmi eux, il y a des cadres, des médecins, des ouvriers, des ingénieurs…
Tous sont dramatiquement dans la désespérance. Au sein de notre camp, nous sommes affligés par l’amateurisme de quelques groupes qui gesticulent mais n’apportent finalement que le discrédit à notre Kabylie. L’État algérien est mortel. Nous le savons bien : il use de toutes les violences pour éradiquer toute ambition d’affirmation berbère. L’éradication de l’Amazighité est leur leitmotiv : nous l’avons vu au Mzab comme en Kabylie.

Nous le voyons aussi au Rif : nos amis y sont lourdement réprimés par le royaume marocain. Les deux régimes antiberbères, aussi bien le marocain que l’algérien doivent être fermement combattus ! En ce qui nous concerne, nous restons combatifs et n’allons pas abdiquer ou accepter l’ordre établi par une autocratie. Aujourd’hui, que peut-on attendre d’un système animé par la haine viscérale du berbère qui a fait de l’éradication de l’Amazighité un projet ? Rien si ce n’est qu’il accentue la répression si nous ne faisons rien, si nous n’agissons pas et si nous restons passifs. Le peuple doit-il continuer à subir un régime qui le méprise, qui le réprime et l’humilie ? Certes, nous nous devons d’admettre notre incapacité présente à nous retrouver TOUTES et TOUS pour la cause commune, mais cela viendra nous l’espérons avant qu’il ne soit trop tard. Nous sommes, peut-être, sans trop d’illusions immédiates mais bourrés d’attente active. Ceci étant, la situation en Kabylie fut similaire avant Avril 1980 et avant Avril 2001. Dans les deux situations, il s’en est suivi les déflagrations générales que l’on connait. Nous gardons donc l’espoir d’un nouveau sursaut qualitatif.

Nous l’avons déjà dit ; face à cette situation inédite qui menace la Kabylie dans son existence-même, peut-on rester indifférents et être spectateurs de notre propre anéantissement ? N’est-il pas plus qu’urgent d’organiser la résistance et la lutte afin de mettre fin à cette agression sans fin que mène l’État algérien contre la Kabylie ? N’est-il pas temps de s’affranchir de ceux-là, parmi nous, qui collaborent avec la voyoucratie algérienne ; ceux-là qui sont “le bâton” des forces de répression en Kabylie ?

La responsabilité de la diaspora, notamment en France, est également engagée : elle doit prendre sa part dans cette incontournable lutte qui doit être menée pour redonner à la Kabylie sa dignité. Il est urgent que soient initiées des actions collectives nées d’une large concertation des différents acteurs kabyles en France, et dans la diaspora de manière générale, et quelles que soient leurs tendances ou leurs appartenances : l’intérêt de la Kabylie et sa défense doit rester l’unique objectif de la mobilisation.

Tamazgha,
Paris, le 11 décembre 2022

3 COMMENTS

  1. Pour un mouvement transversal aux clivages idéologiques, qui sera la base d’un rebond salutaire. Un mouvement qui pourrait d’ailleurs devenir l’Agraw où serait discutée la possible constitution de la république Kabyle, POURQUOI PAS COMME NOYAU D’UNE RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE NORD AFRICAINE.

    Tétaniser les peuples pour imposer l’arabislamisme comme camisole du peuple libre qui a ses valeurs qui datent d’avant la naissance de l’islam est un acte barbare. Du reste, si la notion de peuple est liée à une vision propre du monde, des pratiques endogènes, l’Algérie ne peut voir d’existence propre sans la Kabylie qui est le grenier valeurs. La Turquie ne s’arabise pas, autant l’Iran, justement parce que la caste qui avait confisqué le pouvoir en 62, a tout intérêt de tétaniser le peuple en l’éloignant du pouvoir, l’arabisation de l’État est le meilleur moyen.
    Il n’y a aucune preuve que c’est la Kabylie qui aurait assassiné le pauvre artiste de Tiaret. Comme pour réduire la Kabylie on lui crée ad-hoc le sens de culpabilité.

    D’ailleurs nous exigeons le jugement des criminels qui firent le charnier en 63 en Kabylie, y compris les mandants et les soutiens politiques, comme les oulèmas qui hallalisèrent le crime des 400 Kabyles qui se sont soulevés contre la dictature des criminels. Un jugement pour les crimes contre Krim Belkecem et Mecili en passant par les victimes individuelles qui avaient pour objectif de menacer les opposants.

    Non la Kabylie ni le Rif, ne se rendront jamais. Ensembles, plus jamais les Rifains seuls et les Kabyles isolés tous ensemble contre le féodalisme multicolore qui veulent nous proposer une guerre pour diviser les peuples et ainsi y mettre leur progéniture au pouvoir pour les siècles à venir. Unis les opposants marocains et Kabyles pour une république fédérale nord africaine

  2. Le combat de la Kabylie pour la liberté est génétique, il a toujours existé et existera toujours jusqu’ à celle ci devienne réalité vécue par chaque citoyens. Les Kabyles sont de plus en plus convaincus que la seule issue est tout simplement l’indépendance de la Kabylie avec un état laïc et de droit, politiquement on pourrait même mettre en place un pouvoir horizontale avec la mise en oeuvre de la participation active du citoyen dans la gestion de la cité, sachant que la Kabylie possède cette tradition avec  » thajmaath=assemblée citoyenne ) qu’il faudra modernisée. Certes tous les Amazighs sont opprimés, certaines région comme le Rif en effet se bat aussi contre le pouvoir pour exister, dans certaines régions il faut le reconnaître bien arabisées et islamisées au point où ils renient carrément leur origine Berbère, c’est pour cela que la Kabylie doit se battre pour elle même où le niveau de conscience politique est déjà très élevé, son indépendance et surtout son développement qui en 10/15 ans sera au top, son impact sur le reste de L’Afrique du nord ne peut être que positif surtout dans la renaissance de cette grande civilisation Berbère dans son berceau légitime. Le MAK est le plus réaliste dans sa vision, la Kabylie rien que la Kabylie c’est pour cela que le projet d’indépendance est une nécessité et de plus en plus de Kabyles adhèrent à cette idée, avec un référendum je suis certains que la majorité des Kabyles voteront oui pour en finir avec ce régime qui est bien colonial, et un colon finira toujours par partir si le peuple le décide et le peuple Kabyle est déjà sur ce chemin. Malgré l’oppression, la repression sous toutes les formes, la haine, le racisme, les coups fourrés de la milice du drs etc…qui il faut le rappeler alimentent plus encore la conviction des Kabyles encore récalcitrants à l’idée d’indépendance, autrement dit il n’ y a jamais eu autant d’espoir que maintenant.

    • Comme les Kabyles arabisés, les Rifains doivent faire une autoanalyse comme nous l’avions faite. Je suis plus que certain qu’ils se rendront compte que l’islamisme est contreproductif, il suffit de leur donner les moyens de situer les raisons de leur oppression, qui ne réside pas dans la force, mais dans leur propre contradiction. Plus les rifains s’islamisent, plus ils seront opprimés, c’est le cas de l’Algérien, qui se démêle depuis le Moyen Âge, croyant créer un islam algérien, pour finir dans l’islam le plus violent. Ils nourrissent leurs oppresseurs. Notre devoir moral est de lancer un message à ces frères Rifains et les autres qui pourraient être intéressés, puis bien entendu c’est l’histoire qui décidera. En attendant, la Kabylie doit travailler pour son agenda, un parlement de la Kabylie.

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