Procès en appel de Saïd Djabelkhir : l’esprit critique au banc des accusés

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Saïd Djabelkhir
Saïd Djabelkhir

ALGER (TAMURT) – C’est hier que s’est tenu le procès en appel de l’islamologue Saïd Djabelkhir. Le procès a été programmé devant la cour pénale de Ruisseau suite au refus de la justice de réexaminer la demande de la défense qui a dénoncé « la constitutionnalité » de l’article 144 du code pénal, en vertu duquel Djabelkhir a été poursuivi par un enseignant d’informatique, pour « atteinte aux préceptes de l’Islam ».

Hier, comme lors du procès tenu en avril de l’année passée, les débats ont tourné autour, notamment « de l’interdiction » à quiconque d’émettre un avis sur la pratique religieuse telle que définit par les tenants de la morale islamique. Du côté de la défense, l’on a défendu le droit à la réflexion, surtout que l’accusé est dans son domaine de prédilection. Auteur de deux ouvrages sur le sujet, l’affaire remonte à l’année 2020, lorsque le salafiste Ferkous avait mené une campagne contre la célébration de Yennayer. Pour Ferkous, représentant du courant wahabite en Algérie, fêter Yennayer est une hérésie, voire tout simplement païen. Dans sa réplique, Saïd Djebalkhir a soutenu sa thèse en se basant sur des « vérités » religieuses qui mettent en cause certains rite, comme le pèlerinage.

Dés lors, une levée de bouclier contre lui s’était déclenchée et l’affaire a été portée devant la justice. Lors du procès en première instance, il a été condamné à 3 ans de prison ferme, assortis de 50.000 DA d’amende. « Soumettre le texte à l’esprit ou le contraire », telle est le débat qui a eu lieu devant la justice. D’un côté, une défense qui défend le droit à la libre pensée, y compris au sein de la communauté religieuse, et de l’autre, des plaignants qui « interdisent » toute réflexion sur un sujet qu’ils considèrent « sacré » et non éligible à un débat.

Le procès intenté à Djabelkhir par un informaticien renvoi l’image d’un pays et d’une justice gagnés par la stagnation, voire une régression mortelle.

A. I

2 COMMENTS

  1. La famille qui recule contre la famille qui avance.
    L’ignorance contre l’intelligence.
    Le régression contre le progrès.
    L’archaïsme contre la modernité.
    Une justice pathétique et sans valeurs humaines.

  2. L’islam est une secte coloniale arabe, elle ne comprenne que la FORCE ! aucun autre langage n’est compris par les MOUSLIM

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