Sur 10 000 postes d’enseignants : Seuls 57 sont réservés à Tamazight !

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Enseignants de Tamazight

ALGÉRIE (Tamurt) – C’est une honte. Le choix, fait (ou imposé) par le ministère de l’Education nationale en Algérie, de ne réserver que 57 postes d’enseignants de tamazight sur les 10 000 nouveaux postes qui seront lancés dès la rentrée scolaire prochaine (2017/2018) est une preuve supplémentaire que la « reconnaissance » de tamazight comme langue officielle dans la constitution algérienne n’est que de la poudre aux yeux.

Surtout quand on sait que c’est tamazight qui connait le plus grand déficit en matière d’enseignants. D’ailleurs, la langue amazighe n’est enseignée que dans les wilayas de Kabylie alors que le pouvoir et ses relais ne cessent de chanter que tamazight sera promue et son enseignement sera répercuté dans toutes les wilayas algériennes. Ce qui est encore aussi grave, c’est l’absence de réaction de la part de toutes les parties concernées par ce volet. De toutes les parties concernées par la défense de la langue amazighe et de son enseignement, il n’y a qu’un syndicat qui a osé se prononcer. Il s’agit de la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation. Dans une déclaration rendue publique par ce syndicat, celui-ci s’est élevé énergiquement contre l’ostracisme qui frappe encore tamazight en Algérie. Selon les responsables de ce syndicat, le nombre de 57 enseignants de tamazight sur le nombre global de 10 000 enseignants à recruter, dès septembre 2017,  « contredit de manière claire les différentes déclarations faites par les responsables du ministère de l’Éducation nationale au sujet de la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe dans toutes les wilayas du pays ».

Au concours de recrutement d’enseignants, programmé pour le 29 juin prochain, tamazight aura une part honteuse de 0, 57 %. Pourtant, les responsables du ministère de l’Education nationale algérien ne pourront trouver aucune excuse puisque le nombre de détenteurs de licences en langue et culture amazighes, en Algérie,  et qui sont en chômage, est de l’ordre de 5 000. Donc, la seule raison est l’absence d’une volonté réelle de réhabiliter et de promouvoir la langue et culture amazighe par l’enseignement. Ceci prouve encore que la soi-disant officialisation de tamazight en 2016 n’était qu’une mesure politicienne visant à tromper l’opinion internationale sur l’existence d’une quelconque discrimination à l’égard de la population amazighophone d’Algérie.

Tahar Khellaf