Le 10 mars 1980, Mouloud Mammeri empêché de tenir une conférence à Tizi-Ouzou

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Le 10 mars 1980, Mouloud Mammeri empêché de tenir une conférence à Tizi Wezzu
Le 10 mars 1980, Mouloud Mammeri empêché de tenir une conférence à Tizi Wezzu

KABYLIE (Tamurt) – 36 ans déjà  depuis le 10 mars 1980, le jour ou le régime algérien avait envoyé ses policiers pour empêcher Mouloud Mammeri de tenir une conférence sur la poésie kabyle ancienne et sur le poète Si Muh U Mhand.

Une interdiction qui a fait déborder le vase et qui a provoqué la colère et l’indignation des  Kabyles.  C’était à la ville de Nacéria que le regretté Mouloud Mammeri a été intercepté par les services de la sécurité militaire. La nouvelle a vite fait le tour de toutes les villes et des villages de la Kabylie. Des manifestations, des grèves au niveau des lycées, de l’usine de l’ENIEM, des médecins de Tizi-Ouzou et surtout de l’université de la ville de Tizi-Ouzou ont sensibilisé tous les Kabyles.

Le régime algérien s’est acharné davantage sur la population et les manifestants. Chadli et son mentor le patron de la sécurité militaire, le Kabyle Kasdi Merbah, ont ordonné l’arrestation de 22 militants de la cause amzighe ce qui a engendré une manifestation historique le 20 avril 1980. C’était pour la première fois depuis l’insurrection kabyle de 1963 que le Kabyles reprennent  le chemin de la protestation populaire mais cette fois-ci pacifiquement.

Le printemps amazigh était né.  Les Kabyles ont, depuis, essayé de revendiquer l’officialisation de tamazight à travers toute l’Algérie.  En vain. Ils sont restés seuls. Non seulement personnes d’autres n’est venu se joindre à leur noble combat, mais ils sont traités de traîtres de la nation arabe. La Kabylie a ainsi perdu plus de 20 ans à essayer de convaincre les autres régions d’Algérie de revenir sur le droit chemin. En 2001, le printemps noir a convaincu enfin les Kabyles qu’ils sont condamnés à prendre leur destin en main.

Lounès B