10ème anniversaire du séisme qui a frappé la région : Les kabyles étaient les premiers à porter secours aux victimes de Boumerdès

3

SOCIÉTÉ (Tamurt) – Dix ans sont déjà passés, jour pour jour, depuis le fatidique tremblement de terre qui a touché la région de Boumerdès. Plus de 5 000 personnes ont péri dans cette catastrophe naturelle en ce jour du 21 mai 2003. La magnitude de ce séisme, annoncé dans les premiers temps par le pouvoir à 4,8 sur l’échelle de Richter, était en fait de 7,1.

Incroyable, à ce jour, certains sinistrés habitent toujours dans des gourbis et des habitations précaires. Au lendemain de la calamité, l’Etat n’avait mobilisé pratiquement aucun moyen pour venir en aide aux villes et villages entièrement détruits. Au même moment, et en un temps relativement court, les comités de villages de toute la Kabylie se sont réunis en urgence. En quelques heures seulement, des quantités importantes de médicaments, de couvertures, de nourriture, eaux minérales et habits ont été envoyés par de longs convois de camions et véhicules, déferlant des montagnes et villages de Kabylie. Des équipes de distribution ont accompagné les convois. Les Kabyles étaient alors les premiers à arriver sur les lieux de la catastrophe, avant même les unités de l’Armée du pouvoir.

Les villageois Kabyles, bien encadrés et organisés, ont distribué les dons à toutes les victimes, que ce soit pour les régions berbérophones ou arabophones. Un geste qui a marqué fortement les habitants de Boumerdès. Ils avaient découvert ainsi la solidarité des Kabyles, décriés par le pouvoir et sa presse comme régionalistes et racistes. Des semaines durant, les aides des villageois continuaient à arriver dans les régions sinistrées de Boumerdès.

Aucune autre région d’Algérie ne s’est mobilisée, excepté la Kabylie. Une région qui a fait de la solidarité une sacralité, voire une religion. Des dons, parfois même en argent ont été octroyés aux victimes, abandonnées à leur sort par le pouvoir. « C’est dans les moments difficiles qu’on reconnait les vrais amis. Je me souviens que les islamistes à l’époque n’avaient pas trouvé quoi dire et au lieu de porter secours à la population en détresse, il n’avaient fait qu’enfoncer le clou. Ils ont accusé les femmes qui ne portaient pas le Hidjab d’être à l’origine de cette catastrophe naturelle, puisqu’ils ont considéré le séisme de Boumerdès comme une punition divine contre les mécréantes », se souvient Rafik de la localité de Benchoud et qui a perdu deux de ses sœurs lors de cette catastrophe.

Quelques mois après le tremblement de Boumerdès, vers la fin de l’année 2003, les habitants de cette région, et pour marquer leur gratitude envers les villageois et montagnards Kabyles, ont apporté des quantités importantes de poissons pêchés dans les ports et l’on distribué dans la ville de Tizi-Wezzu aux citoyens « . Cet épisode avait démontré que les vraies régionalistes sont les membres de clan de Bouteflika qui a nommé 13 personnes de sa tribu comme ministres dans son gouvernement.

Youva Ifrawen