120.000 logements pour la wilaya de Tizi-Ouzou

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La wilaya de Tizi-Ouzou jouit d’un quota de pas moins de 120.000 logements dont 55.000 sont déjà achevés. C’est ce qu’a annoncé, jeudi, Abdelkader Bouaghzi lors du conseil de wilaya qu’il a présidé et réservé spécialement à l’ordre du jour portant spécialement « logement dans la wilaya de Tizi-Ouzou ».

« Ce chiffre équivaut à la moitié de la wilaya de Tizi-Ouzou », a observé le wali avant d’ajouter que « le besoin en matière de logement n’est pas ressenti par la moitié de la population de cette wilaya ». Plus optimiste que jamais, Abdelkader Bouaghzi a indiqué que le problème de logement dans cette wilaya sera définitivement réglé dès l’année 2014. C’est pourquoi le premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi-Ouzou a insisté auprès de tous les acteurs et responsables concernés par cette question d’unifier leurs efforts pour réussir une conjugaison d’une réelle synergie dès lors que « le programme de construction est connu, les financements existent et la visibilité établie ».

S’agissant de l’habitat rural, le programme global, soit depuis l’année 2005 à ce jour, il est de l’ordre de 64.000 constructions, c’est-à-dire les aides à l’auto-construction. De ce quota de 64.000, 41.000 opérations sont achevées et 17.000 sont en cours de réalisation. Les opérations restantes seront lancées dans un proche avenir. Le wali a insisté auprès des parties concernées pour que l’ensemble du programme rural soit entièrement exécuté d’ici l’année prochaine.

Cependant, certains chefs de daïras ont soulevé une problématique qui a pour origine la nouvelle loi concernant le droit à l’habitat rural et qui date de juin 2013. Certaines personnes retenues initialement comme « bénéficiaires à l’habitat rural » se voient exclues de la liste des bénéficiaires par la force de cette nouvelle loi d’où le grand risque d’encourir un contentieux. Il se trouve que tous les chefs de daïras confrontés à de tels cas ont exprimé clairement leur crainte d’un quelconque contentieux avec le citoyen. Par ailleurs, certains citoyens ayant bénéficié de l’aide à l’auto-construction n’ont pas agi dans le respect de la loi en vigueur. En effet, certains citoyens, après avoir bénéficié de la première tranche du programme n’ont jamais demandé la seconde tranche. D’autres ont bénéficié de deux tranches mais n’ont pas demandé la troisième. Cela veut dire, qu’ils ont utilisé les tranches obtenues à d’autres fins. Après avoir étudié la question sous les angles de la réglementation en vigueur, c’est-à-dire à la lumière de la nouvelle loi relative à l’habitat rural, la décision tomba comme un couperet : ceux qui ont enfreint la loi doivent impérativement rembourser ce qu’ils ont pris. Par ailleurs, cette loi de juin 2013 précise que tout prétendant à l’habitat rural doit avoir des « activités rurales ». Ces mots « activités rurales » sont jugés par les chefs de daïras comme « non suffisamment explicites ». En dépit des efforts du directeur du logement et des équipements publics (DLEP) de la wilaya pour expliquer la portée de ce concept, l’assistance, particulièrement les chefs de daïras, resta sur sa faim.

Les autres programmes relevant des formules relatives au logement telles que l’AADL, LSP, LPP etc, sont également passés en revue. Et si dans l’ensemble, tout va pour le mieux, il n’en demeure pas moins que des difficultés sont signalées par les acteurs concernés. Le problème majeur signalé avec récurrence a trait au statut juridique des terrains d’assiette devant accueillir les logements. Bien souvent, les programmes ne sont pas lancés à cause de la nature juridique du terrain n’autorisant pas la construction tant que son propriétaire légal n’a pas donné son aval. Et bien souvent aussi, le propriétaire du terrain se trouve être une personnalité morale.

Toujours à cause des contraintes juridiques, des constructions en voie d’achèvement sont laissées à l’abandon depuis plusieurs années. Ce qui fait que les parties déjà construites ont fini par subir de grandes dégradations. Le chef de daïra de Tigzirt a signalé au’au niveau de sa circonscription, plus exactement à l’entrée de la petite ville balnéaire (Tigzirt sur mer), c’est carrément un immeuble de 20 logements non encore achevés qui est exposé depuis belle lurette à l’abandon. Les propriétaires de ces logements, des enseignants, ont trouvé des logements ailleurs d’où leur désintérêt pour l’achèvement. Etant bien situé et surtout son utilité certaine, cet immeuble en question a été demandé par le chef de daïra. « Je souhaite que ces 20 logements non achevés deviennent la propriété publique pour que je puisse autoriser l’achèvement de leurs travaux et les utiliser selon les besoins », a plaidé le chef de daïra de Tigzirt. Notons enfin qu’il existe un déficit de communication entre les différentes parties concernées par le logement. Aussi bien le directeur de l’OPGI que le responsable de l’AADL au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou ont signalé « la disette en matière de terrains pour la construction que beaucoup de chefs de daïras ont signalé que les terrains sont loin de faire défaut dans leurs circonscriptions respectives. D’ailleurs, beaucoup de ces commis de l’Etat ont manifesté leur intérêt à accueillir des logements, quelle que soit leur nature, dans leurs circonscriptions respectives. C’est pourquoi le wali a décidé de revenir à la charge en insistant sur l’importance de la communication et l’esprit d’initiative. Signalons en dernier que les Chinois se sont montrés froids quant à l’exécution d’un programme de 500 logements à Tizi-Ouzou. Le motif : les entreprises chinoises ont beaucoup de créances impayées à l’échelle nationale. La balle est donc dans le camp du ministère de l’habitat.

Addenda/ Abdelkader Bouaghzi (le wali de Tizi-Ouzou) a toujours insisté auprès de ses collaborateurs et subalternes sur la nécessité de communiquer. Pourtant, ce point qui lui fait grand défaut. A titre d’exemple, lors du conseil de wilaya, les journalistes ayant couvert l’évènement auraient voulu avoir entre les mains une documentation pour relever surtout les données chiffrées. Eh bien, les données qu’ils ont pu relever sont celles qu’ils ont entendues chez les différents intervenants. Et à vrai dire, un journaliste a plus de chance de mettre la main sur les documents les confidentiels de la CIA (Central Intelligence Agency) que d’arracher le document le plus insignifiant des mains de « tonton » Abdelkader. Hormis ce défaut, Abdelkader Bouaghzi est reconnu comme « un excellent commis de l’Etat ». Sa loyauté et sa compétence ont été d’un grand apport pour le développement de la wilaya de Tizi-Ouzou. Peut-être même c’est à cause de sa compétence et de sa loyauté que le pouvoir d’Alger a tenu à le sanctionner en lui refusant le poste ministériel.