12ème vendredi : les Algériens rejettent la présidentielle du 4 juillet

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Election présitentielle, Algérie
Election présitentielle, Algérie

ALGERIE (TAMURT) – Un slogan a fait son apparition en ce douzième vendredi de la protestation en Algérie, c’est celui du rejet des élections. Dans la majorité des villes algériennes, les manifestants ont scandé en masse des slogans hostiles à la tenue de toute élection à commencer par la présidentielle prévue le 4 juillet prochain.

Cette nouvelle donne complique davantage une situation qui était déjà suffisamment complexe jusque-là. L’annulation des élections présidentielles du 4 juillet 2019 de dessinait certes déjà à l’horizon mais en ce douzième vendredi, l’unanimité avec laquelle le refus de ces élections a été exprimé ne laisse aucune place à l’option de leur maintien L’armée sera donc obligée d’intervenir pour interrompre ce processus électoral après avoir poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission. Au-delà du 4 juillet prochain, l’Algérie se retrouvera dans une situation anticonstitutionnelle.

Le pays sera sans président. Le mandat provisoire de Abdelkader Bensalah, qui est le président par intérim expirera. Le gouvernement Bedoui ne jouira plus d’aucune crédibilité, une crédibilité qui lui fait d’ailleurs défaut même actuellement puisqu’il a été nommé par un président qui a été poussé par le peuple à la démission? Ce vendredi 10 mai aussi, les Algériens ont continué à scander des slogans contre le chef d’état-major, le général Ahmed Gaid-Salah, en exigeant son départ à l’instar de Bensalah et Bedoui. Ce genre de revendications extrêmes conduira inéluctablement vers des dérives puisqu’en plus du vide constitutionnel dans lequel sera plongée l’Algérie après le 4 juillet, aucune personnalité de dimension nationale ne fait l’unanimité pour pouvoir assurer la responsabilité d’une période de transition.

Logiquement, c’est l’armée qui prendra le gouvernail jusqu’à l’organisation de ces élections. Mais quand on constate comment la rue s’est retournée contre le général des corps d’armée Ahmed Gaid-Salah, il est fort à parier que ce dernier serait également disqualifié comme l’avaient été toutes les personnalités qu’on avait voulu introniser, sans élections, à la tête de l’Etat en attendant la tenue des élections présidentielles. Une confusion totale règne désormais en Algérie.

Les citoyens appréhendent le pire et sont de plus en plus en proie à la panique alors que l’instabilité pointe à l’horizon. Les Algériens ne savent même pas qui est actuellement le vrai décideur : Gaid Salah ou un autre cabinet noir non identifié et invisible à l’instar de tous eux qui ont géré le pays depuis l’indépendance.

Tarik Haddouche