19 mars 1962- 19 mars 2018 : Evian, Krim Belkacem et l’Algérie

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ALGÉRIE (Tamurt) – « Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font, et ceux qui en profitent », cette citation de Napoléon Bonaparte prend tout son sens dans le cas de la Révolution de libération algérienne. Au moment où des hommes comme Krim Belkacem se battaient avec hargne et témérité pendant des années aussi bien sur le plan armé que politique, d’autres sont restés tapis dans l’ombre, guettant sournoisement le moment propice pour surgir de nulle part et prendre les rênes du pays. Après quoi, ils le jetteront dans l’inconnu et la désolation.

C’est ce qui s’est malheureusement passé au lendemain de la signature des accords d’Evian par la délégation  de l’ALN-FLN, conduite par le lion des  montagnes Krim Belkacem qui sera d’ailleurs assassiné quelques années plus tard en Allemagne, où il s’était exilé. Ce dernier, incontestablement, une fois la guerre terminée, devait naturellement devenir le Président de la République Algérienne. Mais, les loups l’attendaient au tournant pour lui couper l’herbe sous les pieds. Aujourd’hui, lundi 19 mars 2018, soit 56 ans,  jour pur jour, après la signature de ces accords qui ont mis fin à 130 ans d’occupation française et à 7 ans de guerre atroce, le constat est sans appel : le pays est dans une situation déplorable. Et pour cause, juste après la signature des Accords d’Evian, les principaux acteurs de la guerre d’algérie à commencer par Krim Belkacem, se sont retrouvés écartés avec entre autres la complicité de certains pays arabe dont l’Egypte chère à un certain Ahmed Ben Bella.

Après 1962 donc, le pays a été pris en main et en otage par une poignée de dirigeants, sans stature et sans niveau d’instruction, mais surtout sans scrupules. Ils ont commencé à instaurer une dictature et à diriger le pays d’une main de fer. Les assassinats politiques s’en suivirent, la chasse aux compétences également a fait partie des priorités des gouvernants. Cinquante six ans plus tard, Krim Belkacem et ses compagnons, ceux qui ont déclaré la guerre en 1962, se retourneront dans leur tombe en constatant dans quel état  l’Algérie se retrouve aujourd’hui.

Tarik Haddouche