20 août 1956-2018 : Que reste-il du congrès de la Soummam ?

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Congrès de la Soummam
Congrès de la Soummam

ALGÉRIE (Tamurt) – Hier lundi 20 août, les officiels algériens, à tous les niveaux, ont célébré le  62 ème anniversaire du congrès de la Soummam. Une célébration empreinte d’une grande hypocrisie car tout ce qui a été organisé a relevé plutôt du folklorique et le vrai contenu des résolutions du congrès de la Soummam a été tout simplement jeté aux oubliettes.

L’esprit du congrès de la Soummam a été mis de côté au lendemain de l’indépendance. Bien au contraire, ceux qui ont dirigé le pays ont exactement fait le contraire de tout ce qui a été préconisé par ce congrès. A commencer par la suprématie du civil sur le militaire et la primeur de l’intérieur sur l’extérieur.

Dès l’indépendance, l’Algérie a été gérée par l’armée et les civils ont été souvent relégués au second plan voire à camper le rôle de marionnettes dociles aux mains des vrais décideurs que sont les militaires. La commémoration du congrès de la Soummam n’est donc qu’une farce parmi tant d’autres dont excellent les gouvernants algériens. Ces derniers dont le populisme n’a d’égal que leur détermination à se maintenir au pouvoir quelque soit le prix à payer.

Aujourd’hui, les algériens récoltent, à leur corps défendant, les conséquences catastrophiques des choix hasardeux faits au lendemain de la fin de la guerre par ceux qui ont confisqué l’indépendance en ayant mis au placard toute trace du congrès de la Soummam comme si ce dernier n’avait jamais eu lieu. Mais 62 ans deux après, les mêmes  spoliateurs de l’indépendance n’hésitent pas à se rendre à Ifri-Ouzellagen pour faire mine de « jurer fidélité » aux résolutions du congrès de la Soummam.

Un congrès dont toutes les nouvelles générations ne savent d’ailleurs pas grand-chose. L’Algérie d’après 62 n’a jamais été celle du congrès de la Soummam mais celle de l’Emir Abdelkader et de Abdelhamid Ibn Badis. La preuve, dès 1991, avec le début du terrorisme, des centaines voire des milliers d’autres émirs sont apparus. Des émirs de groupes terroristes armés, faut-il le rappeler. Qui sème le vent, récolte la tempête et dans ce cas, on a récolté du sang et des larmes.

Tarik Haddouche