20 ème anniversaire de son assassinat : Matoub sera célébré dans la diversité

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Matoub Lounes
Matoub Lounes

KABYLIE (Tamurt) – Matoub Lounès s’est toujours battu pour la liberté de pensée et pour la diversité. C’était son cheval de bataille. Faut-il d’ailleurs rappeler que tout le mal de l’Algérie a été engendré par la politique de l’unicité : parti unique, langue unique, religion unique, système éducatif unique, télévision unique, etc…

Cette peste a été tellement ancrée dans l’esprit de certains qu’aujourd’hui, les enfants de ce régime dictatorial algérien interprètent toute initiative qui se déroule dans la diversité comme étant une anomalie voire une tare, quelque chose de très négatif en tout cas. Matoub Lounès n’est pas l’Emir Abdelkader ou Abdelhamid Ibn Badis pour que ce soit le FLN, et seul le FLN, qui supervise les activités commémoratives du 20 ème anniversaire de son assassinat. Et fort heureusement ! C’est donc dans la même optique que son esprit favorable à la diversité avec toute la richesse qu’elle engendre que cet anniversaire sera commémoré aussi bien en Kabylie qu’en France. C’est ainsi donc que plusieurs associations se sont impliquées dans ce grand événement.

Qu’il s’agisse de l’association « Matoub Lounès Mémoire et Transmission » ou de la Fondation « Matoub Lounès » ou de toutes les autres associations animées par des kabyles, des dizaines d’activités sont annoncées par ces dernières dans plusieurs régions de Kabylie et des villes françaises. Chaque organisateur est libre de choisir de marquer cet événement historique comme il veut et de s’appuyer sur les partenaires qu’il veut. Ainsi, l’association « Matoub Lounès, Mémoire et Transmission » que préside la veuve du rebelle Nadia Matoub a fait le choix de ne pas s’acoquiner avec le pouvoir algérien ni aucune de ses institutions.

Nadia Matoub reste ainsi fidèle à l’esprit  d’indépendance de son époux. La fondation « Matoub Lounès » que préside Malika, la sœur du poète, a elle, fait le choix d’organiser ces activités sous la chapelle des autorités locales dont le wali de Tizi Ouzou et la direction de la culture de la même wilaya. Chacun est responsable devant ses actes et les assumera d’une manière ou d’une autre. Tant mieux si Matoub Lounès aura autant d’hommages à la fois. Tant pis pour ses adversaires, qu’ils soient des chanteurs kabyles de services ou des personnalités politiques, dont les pratiques malsaines n’ont cessé d’être dénoncées par Lounès Matoub durant ses vingt ans de carrière.

Tahar Khellaf