Le syndrome d’Alger

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CONTRIBUTION (Tamurt) – S’il est un fait qui ne surprend guère au moment où les Kabyles libres célèbrent la naissance du gouvernement de leur résurrection, c’est bien le silence assourdissant de la Presse dépendante algérienne.

Aucun « journaliste » — permettez que j’abuse des guillemets aujourd’hui — n’a eu, ne serait-ce que le réflexe de son appartenance lointaine à la profession, qui aurait consisté à couvrir l’évènement, même de manière incolore et inodore, avec le recul d’un observateur extérieur qui aurait relaté cette cérémonie grandiose sans le moindre parti-pris.

Mais que doit-on espérer d’une corporation à majorité inféodée qui, à genoux, quête l’autorisation des services secrets pour publier le moindre article? Il est vrai que le 1er juin, au Palais des Congrès à Paris, on ne distribuait pas de lots de terrains, de logements ou de licences de taxi, mais on signait l’acte de renaissance d‘une Nation Kabyle trop longtemps mise sous le boisseau par les tenants d’une culture raciste, extrémiste, invasive, dominatrice et fondamentalement orientée vers la destruction de tout ce qui n’est pas en phase avec elle.

Au Palais des Congrès, le 1er juin, on nommait des ministres jeunes, braves et déterminés à sauver leur région, la Kabylie. Leur seule motivation réside dans leur amour inconditionnel de leur patrie. Ils sont d’autant plus braves que la tâche qui les attend et considérée virtuellement insurmontable par une pensée défaitiste mise en place, soutenue et financée par un système éducatif criminel dont la mission est la production à la chaine d’infracitoyens et de terroristes opposés à toute initiative salvatrice étrangère au pouvoir en place.

Depuis 2001, le MAK s’est attelé, contre vents et marées, à réanimer la flamme d’une conscience nationale kabyle en danger d’extinction. Aujourd’hui, il a mis en place un gouvernement provisoire avec un Président et des ministres libres pour une Kabylie Libre. Ensemble et avec l’aide de tous les Kabyles affranchis, ils ont décidé de conjurer la fatalité et de récuser la soumission générale. Ils ont accepté de relever le défi de la vie contre la secte de la mort et de l’étouffement collectif.

Mais aveugle, cupide et dénuée de courage, la presse algérienne n’a rien vu de la beauté de cet acte digne, civil, pacifique et citoyen. Elle a fermé les yeux devant l’expression du plus bel acte de l’homme : l’expression de sa Liberté pour ne retenir que le  » tintamarre « , pardon, les flatulences verbales d’un KDS en mal de dignité.

Prisonnière d’un défaitisme ambiant à couper au couteau et de la démission collective face au régime en place, la presse algérienne s’est tue, le bâillon de l’{imprimatur} sur la bouche et les rotatives. Otage, ensuite consentante, la presse algérienne est aujourd’hui atteinte de cette pathologie du séquestré qu’il convient de nommer le syndrome d’Alger.

Les Kabyles et les Algériens doivent se faire une raison. La presse algérienne n’en est pas une. Elle a abdiqué un rôle fondateur et une mission essentielle de contrepoids civil, intellectuel et social devant l’ennemi au Képi.

La presse algérienne en est à quêter l’autorisation de respirer, pour ne pas dire autre chose. La manne publicitaire monopolisée par un État subverti par les militaires et le clan présidentiel la tient en laisse comme un petit chien incapable de se passer de son maître. C’est à quel canard de dépasser les autres en excès de zèle, sinon en zèle dans l’excès, comme dirait le brave soldat Chvéïk, le coloré personnage de Jaroslav Hašek

Enfin, cette aphone et aphasique presse algérienne juste bonne à emballer de la sardine et essuyer les pare-brises, s’effondrera-t-elle, sans doute, une fois perdus son lectorat kabyle et le régime cruel qu’elle sert si servilement.

Boycottons, boycottons !

Muhand Aksil

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