La fête du bijou kabyle à Ath Yanni, édition 2010 : L’héritage d’une culture part en lambeaux

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BIJOUX TIZI OUZOU

CULTURE (Tamurt) – Un bien triste constat que celui de cette édition de la fête du bijou kabyle, qui s’est tenue du 16 au 24 Juillet.

«Le nerf de la guerre» ayant été probablement et totalement investi par «Alger, capitale de la culture arabe» que restait-il à Ath yanni pour pouvoir réaliser une éclatante fête du bijou comme antan? » déclare Abdellah GHERAB, habitant du village d’Ath Yanni.

Pourquoi un tel délaissement et par quel jeu de complicité l’âme kabyle est-elle ainsi mise à mal? L’ argument avancé est la volonté de rendre la matière première inabordable. En effet avance M. Gherab, les « véritables artistes » ont d’entrée boycotté la manifestation refusant ainsi les calculs et dénonçant les instances d’avoir rendu inabordable la matière première. Les artistes ne peuvent se permettre des réalisations ou des œuvres trop onéreuses qui du coup deviendraient invendables. Pour pallier à ceci, les artistes joailliers sont condamnés à faire du petit bricolage pour assurer la survie de leur activité d’abord et de leur art ancestral ensuite.

Une telle attitude d’abandon de la culture des traditions ancestrales kabyles par les instances publiques génère chez les Ath Yanni une révolte intérieure et sentiment d’injustice. Ils y voient une véritable volonté de torpiller la culture kabyle pour la faire supplanter par une culture du socio-gourbisme.  » Nous sommes conscients des manœuvres et de la volonté de faire reculer la Kabylie. Mais les monopoles ne peuvent rester entre les mains de saboteurs. Les responsables devront répondre de leurs choix et de leurs actes. Car qui sème le vent récolte la tempête ».

6 COMMENTAIRES

  1. Avec notre GPK, il n’y a aucun souci a se faire Ms. Brigitte Jakob, il faut ecrire donc la prochaine fois: « L’Heritage des lambeaux part en culture. » Merci votre comprehension!

  2. {{Où va la Kabylie ?}}

    Elle est en proie à de multiples transformations sociologiques lui faisant perdre ses coutumes

    La Kabylie vit à un rythme soutenu de transformations sociologiques menaçant même ses traditions et coutumes. Entre évolution à l’occidentale et conservatisme oriental, la région se perd et ne sait plus où donner de la tête.

    La Kabylie a adopté un mode de vie qui n’était pas sien. Le vent du changement qui n’arrête pas de souffler sur elle, a emporté plusieurs de ses valeurs ancestrales qui faisaient sa fierté dans un passé récent. La parabole et les nouvelles technologies ont fini par influencer le comportement individuel et collectif de la région. Où sont la robe et le bijou kabyles dans les tenues vestimentaires de la femme kabyle ?

    Ces habits que portaient fièrement les Aldjia, Drifa, Fadhna, Taous… ne sont plus du goût des Lina, Sabrina, Sadjia et Melissa, parmi les prénoms de femmes en vogue ces quelques dernières années. Heureusement, doit-on dire qu’il y a les festivals que le mouvement associatif a ressuscités, sinon on aurait peut-être, rien gardé de ces us. Le festival de la poterie, celui du tapis, du bijou… ont ce mérite surtout d’avoir préservé jalousement ce véritable trésor kabyle.

    Que reproche t-on donc à ces coutumes pour qu’on les ignore de la sorte. La robe kabyle, le burnous, le bijou local…, on les arbore qu’à l’occasion des fêtes. L’été qui est, en Kabylie, une saison de fêtes familiales plus que autre chose, constitue ainsi une opportunité pour la robe kabylie notamment de mettre en valeur. Le restant de l’année, on lui a préféré les autres habits “made in”.

    Force est de constater, en outre, que la Kabylie est devenue une proie à plusieurs phénomènes sociaux qui lui sont étranges. Le banditisme, la consommation de l’alcool et de la drogue et la prostitution sont, en effet, autant de fléaux qui ont fait leur entrée dans la région. Le suicide qui y fait des ravages n’était pas connu ni à Tizi, ni à Béjaïa et Bouira. Plus d’un estime que cet état des choses est la conséquence de l’influence de la parabole et autres moyens technologiques. Bien entendu le chômage auquel est soumise la jeunesse en particulier, est une des causes principales pour l’infiltration de ces phénomènes, mais toujours est-il que certains autres paramètres ont grandement contribué à ce que certains qualifient “d’invasion socioculturelle.” D’aucuns estiment que l’évolution technologique, se traduisant par l’abondance des voies de communication, est pour beaucoup dans cette transformation.

    L’Internet et l’accès aux chaînes de télévision étrangères notamment, ont introduit un nouveau mode de vie à toute une génération de jeunes qui se voient séduits par “la belle vie” menée outre-mer. Pis encore, des jeunes kabyles pourtant aisés et ne manquant de rien dans leur pays ne s’empêchent pas de rêver d’aller vivre sous d’autres cieux en abandonnant tout derrière eux.

    Ce n’est pas forcément pour fuir une quelconque misère que l’on tente l’évasion à l’étranger, mais c’est aussi afin de rejoindre ce que les différents séries et films diffusés sur les chaînes satellitaires montrent comme un véritable Eden. Un Eden où tout est permis… absolument tout.

    D’ailleur, force est de remarquer que le nombre d’émigrés a considérablement augmenté ces quelques dernières années. “Je connais des gens qui vivaient comme des rois ici et qui ont tout abandonné pour aller vivre misérablement en France…” fait remarquer un citoyen. Ceux qui n’ont pas eu “cette chance”, de rejoindre l’outre-mer, tentent ainsi de vivre à l’Américaine  » et à  » l’Européenne  » dhi tmurth (au pays). Ce mode de vie  » importé  » n’est pas fait, toutefois, pour plaire à tout le monde en Kabylie.

    Une frange de la société ne se retient pas, pour afficher clairement à travers un autre comportement pas du tout Kabyle, son refus par le port du jeans, du T-shirt, ou encore le décolleté par exemple.

    Des islamistes intégristes continuent à essayer d’imposer un autre système de vie tout aussi étrange à la région. La Kabyle continue tout de même à résister aux tentations des uns et des autres. Une sorte de conflit a vu ainsi le jour. Pour le moment, la région n’a pas totalement bousculé ni pour l’un ni pour l’autre des deux tendances.

    Des voies se lèvent d’ores et déjà pour crier au scandale se demandant où va la Kabylie ?

    M. O. B.

  3. -«{{ {Pourquoi un tel délaissement et par quel jeu de complicité l’âme kabyle est-elle ainsi mise à mal ?} }}»

    Alors, comme ça, il y a encore des kabyles qui se posent de telles questions ?…

    -«{ {{Une telle attitude d’abandon de la culture des traditions ancestrales kabyles par les instances publiques génère chez les Ath Yanni une révolte intérieure et sentiment d’injustice.}} }»

    {« sentiment d’injustice »}… c’est tout !? {« révolte intérieure »}… c’est tout !?

    -{{ {que restait-il à Ath yanni pour pouvoir réaliser une éclatante fête du bijou comme antan ? »} }}

    {« comme antan »}… c’était quand ?… c’était où ?… sous quelle domination encore !?…

    -«{{ {l’héritage d’une culture part en lambeaux.} }}»

    Qui dilapide {« l’héritage »} si ce n’est l’héritier lui-même ?…

    cet article nous balance dans la gueule un pur fiasco mental ! l’école coranique a réussi son oeuvre ! il est même étonnant de ne pas entendre {« mektoub »} et {« allah ghaleb »} !

    {{ {« le MAK »} }}… ça ne leur dit rien ?

    On n’est pas rendu !

  4. C’est clair! Il faut un état qui a la volonté de préserver la culture de son peuple!
    Il faut que tous comprennent ceci. Seul un état qui protège et préserve son histoire, sa culture peut sauver ce qu’il reste de l’ identité kabyle. Si les bijoux disparaissent c’est toute une tradition qui disparait; pas seulement la fabrication des bijoux mais tout une tradition de l’ esthétique kabyle et aussi sa signification sociale ( les bijoux de la mariée kabyle par exemple…).
    La volonté du pouvoir d’Alger est de réduire à une peau de chagrin ce qui reste de la culture kabyle et ave elle, ses traditions. Il est temps que chaque individu conscient puisse prendre position en faveur de ce qui est bon pour lui. Qu’il s’engage pour préserver son identité et perpétuer ses traditions.

  5. Je ne comprends rien a cet article. Un texte semblant de reproche ou complainte que les bijoutiers ne peuvent produire des choses grnadiose, car l’argent et l’or sont chers, ce qui les rend inabordables. D’un autre cote’ il est fait reference a l’annee de la culture arabe a alger qui elle, je suppose est sponsorise’e par la mafia d’alger, ou tout simplement un etat ouvertement arabe. Voila donc le probleme, je suppose.
    Ma question est « combien des At Yenni, se mobilisent-ils pour creer leur propre gouvernement local, et s’engage dans une participation a l’elaboration du GPK? La notion de culture en 2010, inclut le mode vie, et de gestion de cette vie entre autre, c.a.d. leur engagement politique.

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