De la standardisation de taqbaylit (partie 3/4)

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Professeur Kamel Bouamara

De la standardisation de taqbaylit (Tamurt) – Dans la précédente mouture de cette contribution, je disais que la standardisation de taqbaylit n’est que l’un des aspects de l’aménagement linguistique de cette langue, lequel consiste plus précisément à aménager ou à normaliser le corpus. Son statut juridique constitue un autre débat que nous n’aborderons pas (ou peu) ici.

Que signifie « aménager le corpus » d’une langue, en l’occurrence taqbaylit ? Il s’agit d’intervenir sur cette langue, supposée non encore « aménagée » ou non encore « normalisée », afin d’en tirer finalement une « langue de référence ». Cette intervention, qui doit allier méthode et rigueur, se fera par ailleurs en plusieurs étapes interdépendantes et articulées entre elles et, par conséquent, s’étalera sur une période assez longue.
Contrairement à ce que l’on pense et redoute quelquefois, l’élaboration des normes , qui serviraient de langue véhiculaire dans divers champs (enseignement, communication, politique, religion, …) de la vie sociale des locuteurs de cette langue, ne porterait pas atteinte à ses divers usages oraux et vivants et ne viendrait nullement à bout de ceux-ci. Au contraire, en nous appuyant sur d’autres faits de langue similaires, tout porte à croire que les deux types d’usages linguistiques, à savoir l’oral et l’écrit, fonctionneraient bien en parallèle et se compléteraient sans aucun doute.

De quelques principes généraux d’ordre méthodologique

La présente réflexion repose sur quelques principes de base, dont les suivants :

1. Il convient de capitaliser les efforts de nos prédécesseurs en la matière ainsi que les expériences de l’autre dans le domaine en question. Ainsi, parce que, d’un côté, tout travail ex nihilo conduit le plus souvent son auteur à réinventer la roue et que, d’un autre côté, les expériences des autres peuvent nous procurer des enseignements utiles et pourraient surtout, si l’on s’en informe suffisamment, nous faire gagner du temps – une autre donnée importante pour nous, pour peu que nous sachions l’exploiter à l’avenir, et à bon escient.

2. Cette intervention sur la langue ne doit pas être seulement un « travail de laboratoire ». Il existe bien des choses que les linguistes peuvent faire dans un bureau, sans se soucier des préférences et des aversions des autres usagers de cette langue. Mais, étant également concernés par la vie de leur langue et de son avenir, les spécialistes d’autres disciplines connexes (sciences du langage, sciences de l’Homme, …), les praticiens de la langue écrite (écrivains, enseignants, journalistes, …) et enfin les divers locuteurs ont le droit d’intervenir chacun de leur côté, chacun dans son domaine et chacun à sa façon. Dans tous les cas, sans l’adhésion, forte et motivée, des autres membres de la même communauté linguistique, celle-ci aurait peu de chance d’aboutir.

3. La standardisation de la langue se fait essentiellement au moyen de l’écrit, du moins à un niveau inférieur, tels que l’adoption d’un alphabet usuel, d’une orthographe des mots et celle des phrases, etc. Au niveau supérieur, comme le choix du (ou des) « corpus de référence » et représentatif(s) de la langue en question ou sa large diffusion par le truchement des divers supports et médias, au sein de la communauté des locuteurs, l’intervention d’autres acteurs sociaux (intellectuels, enseignants, écrivains, journalistes, …) serait indispensable.

4. Il convient de bien étudier le rapport qu’il y a entre ces normes à élaborer au cours de cette intervention sur la langue et les divers usages oraux que l’on en fait quotidiennement et d’en évaluer la distance. L’idéal serait que la langue de référence ne s’éloigne pas trop des usages vivants de cette langue. Si cette distance est trop grande, on aboutira à l’élaboration d’une « langue de laboratoire » qui risquerait d’être en total déphasage avec la réalité de la langue en question ; cette sorte d’esperanto serait, par conséquent, rejetée par le reste de la communauté des locuteurs et des usagers. Dans ce cas de figure, on assistera sans aucun doute à un phénomène de diglossie, tel que celui que connaissent déjà certaines langues, à l’image de l’arabe. Et c’est bien à ce phénomène qu’on aboutirait, si l’on voulait « normaliser » en d’un seul coup l’ensemble des variétés amazighes pour en faire une tamazight standard.

En somme, tout le dilemme est là, mais là réside également le gage de réussite et la voie de l’aboutissement de cette intervention. D’un coté en effet, pour avoir quelque chance de parvenir à l’élaboration de ces normes, il est nécessaire de prendre distance à l’égard des divers parlers composant cette langue, lesquels sont par ailleurs caractérisés par la variation à tous les niveaux linguistiques. Mais, d’un autre côté ces normes ne peuvent et ne doivent être puisées que dans ces divers usages oraux.

Comment procéder concrètement pour aller de l’avant dans le processus de la standardisation de taqbaylit et œuvrer dans le sens de parfaire cette intervention?

Ainsi que nous l’avons dit dans les précédentes moutures de cette contribution, le début du processus de cette intervention a été enclenché il y a déjà longtemps. Ce processus continue son cours de nos jours. Cette intervention doit se faire (et se fait déjà) aux différents niveaux que voici:

-Celui de l’alphabet (= phonético-phonologique) ;
-Celui de l’orthographe des « mots » (= unités lexicales) ;
-Celui de l’orthographe des syntagmes et celle des phrases ;
-Celui du choix du (ou des) corpus de référence ;
-Celui de la production d’outils de grammatisation (grammaires, dictionnaires, …).

Chacun sait que le tamazight (i.e. berbère) est « uni dans la diversité » ; ce qui signifie que les divers dialectes amazighs sont divers à la surface et unis en profondeur ; le niveau le plus profond de la langue est ici la morphosyntaxe et le plus superficiel, le phonético-phonologique, entre les deux s’intercale le lexico-sémantique. Ce qui est dit pour le tamazight et ses variétés dialectales est, toute proportion gardée, valable également pour le taqbaylit et les parlers qui le composent.

Le « niveau » de l’alphabet (usuel)

Le niveau phonético-phonologique correspond, au niveau graphique, à celui de l’alphabet usuel. Comme il était déjà dit, c’est à ce niveau que se manifeste plus la diversité (ou la variation) qui caractérise les parlers kabyles. A ce niveau , le plus superficiel, le principal problème qui a été posé a trait à la nature de l’alphabet (usuel, s’entend) à adopter : doit-on adopter un alphabet (plutôt) phonétique, (plutôt) phonologique pour codifier graphiquement non pas seulement les parlers, mais tout le taqbaylit ? L’expérience en la matière, vielle d’un siècle et demi au moins, a fini par trancher aujourd’hui en faveur de ce dernier.
Aujourd’hui, au niveau de l’alphabet usuel, il ne reste à résoudre, de façon définitive et probablement irréversible , que certains « problèmes en suspens », tels que la prise en compte ou non des phonèmes /ṛ/ et /ṣ/ et, depuis récemment, une réalisation phonétique du phonème /b/, à savoir le [ḇ] que d’aucuns assimilent à [v].

NB. L’alphabet usuel actuel de taqbaylit est à base gréco-latine (seuls le « ɤ » et le « ɛ » sont grecs, le reste des graphèmes est d’origine latine). D’autre part, tous les graphèmes de cet alphabet sont des phonèmes en taqbaylit, sauf, d’un côté, le « ṭ » qui est une réalisation phonétique du /ḍ/ et, de l’autre, le « e » que l’on a adopté pour faciliter la lecture des mots et celle des phrases.

Le « niveau » de l’orthographe des « mots », c’est-à-dire des unités du lexique

Comme il été déjà dit (cf. supra), les niveaux ici considérés sont non seulement interdépendants mais également articulés ; cela signifie que les principes adoptés au niveau précédent sont également valables aux autres niveaux , en l’occurrence celui des mots .

Ainsi, certains phonèmes, à l’image de /w/, sont phonétiquement « corrompus », en ce sens qu’ils se réalisent autrement dans certains mots. A titre d’exemple, le verbe (simple) awi se réalise (sauf erreur) partout en Kabylie en [awi], mais dès qu’on change de forme (verbale), ce même verbe se réalise différemment, selon le parler considéré ; à la place de [i/yewwi], par exemple, on trouvera d’autres prononciations , comme : [i/yebb°i], [i/yepp°i], [i/yegg°i]. Autre exemple : rebbi est, par les femmes dans certains parlers, réalisé [repp°i]. Autre exemple : dans la région environnante de Bougie, aḍar se dit [aṭar].

NB. Le but de la manœuvre étant l’élaboration de la ou les « norme(s) » à l’écrit et seulement à l’écrit, il convient bien de faire la distinction entre le taqbaylit à l’oral et le taqbaylit à l’écrit. Il n’est nullement demandé ou recommandé à quiconque de modifier la façon dont il parle couramment taqbaylit-is, s’il ne le souhaite pas. En revanche, à l’écrit, il est recommandé à chacun de noter aḍar au lieu de aṭar ; i/yewwi au lieu de i/yebb°i, i/yepp°i ou i/yegg°i.

La « normalisation » de taqbaylit, à ce « niveau » précis, ne s’arrête pas à l’orthographe des unités du lexique (au sens large), celle-ci ne sert tout au plus qu’à évacuer ce qui est peu ou pas pertinent à l’échelle de taqbaylit. A ce niveau -ci, la diversité ou la variation existe bel et bien et manifeste sa présence, aussi bien au plan de la forme des mots qu’au plan de leur sens (ou signification). Ainsi, il arrive qu’un même « mot », qui a la même signification, se trouve sous deux ou plusieurs formes concurrentes. Exemple : Leqbayel/Iqbayliyen; tabzert et lbezra; amuddur/amiddur/imiddur; urgal/argul; tiyersi/takerrust; tayerza/takerza; … Il en est de même au plan de la signification : à titre d’exemple, le « mot » abbuc, qui fait pourtant partie du lexique fondamental, ne signifie pas dans certains parlers de Tuβiret ce qu’il signifie partout ailleurs ( ?) en Kabylie.

A cela, il faudra ajouter les autres problèmes, tels que la synonymie et l’homonymie. Pour ce qui est de la synonymie, on remarquera que le taqbaylit dénomme un même et seul référent (ou « chose »), par deux ou plusieurs « mots » (synonymes). En voici quelques exemples puisés dans le lexique fondamental : aqcic/aqrur/agrud/ameččuk; aḍajin/bufraḥ/afan/imsisker ; aferruj/igersekkur… Pour ce qui des homonymes, c’est-à-dire deux « mots » dont le signifiant est identique, mais dont les signifiés sont différents, nous citerons les exemples de : iɤil/iɤil (respectivement « avant-bras » et « col ou colline ») ; amur/tamurt, l’un a pour équivalent la « part » et l’autre le « pays »…

On voit bien que les problèmes à traiter à ce niveau sont nombreux et divers. Pour commencer, il convient bien d’exploiter les documents déjà existants et de mener des enquêtes complémentaires sur le terrain pour constituer des « banque de données » lexicales et, par-là même, confectionner des dictionnaires généraux et spécialisés. Ce n’est qu’ainsi qu’on peut avancer … et faire avancer le processus de la standardisation de taqbaylit.

A suivre…

31 COMMENTAIRES

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  3. J’ai beaucoup de plaisir à lire ces articles pédagogiques et non moins militants de Mr K. BOUAMARA que je compare (toutes choses égales par ailleurs) à Platon qui allait enseigner la philosophie à ses disciples ainsi qu’à la plèbe à l’Academia (le jardin au nom du mythique personnage Akhademos).

    Il semble que certains jalons ont été déjà plantés de façon durable et sans doute irréversible (choix des caractères gréco-latins et de l’alphabet phonologique) pour réaliser une transcription du kabyle qui respecte la morphologie de la langue et qui est en même temps assez simple pour qu’elle puisse être mise en oeuvre correctement : .

    Je suis également persuadé que les autres points que vous avez soulevés trouveront aussi des solutions pertinentes si on s’attache surtout à chercher le plus souvent un plus grand dénominateur commun (c-a-d, loin de tout chauvinisme, de l’idéologisation et de certaines lubies).

    Cela dit, la langue kabyle, même normalisée, ne pourra pas tenir sur ce seul pilier technique. Il lui faut absolument le pilier politique.
    « Une langue est un dialecte qui a réussi politiquement ».


    Autre chose :
    Je dispose d’une banque de données appréciable que j’ai collectée durant plus de vingt ans dans un terroir – vivier d’une richesse insoupçonnée : La Kabylie du centre-est (Ayt εidel, Ayt Yemmel, Iberbacen, Ayt Bumesεud, Ayt Sliman, … ) et l’extrême-est (Isaḥliyen, Ayt Smaεel, Iεamucen, …).

    Je souhaite partager ce « bien » en mettant en ligne un dictionnaire kabyle<->français  »
    œcuménique » qui pourrait s’adresser aussi bien aux néophytes qu’aux initiés.

    Une partie du travail a déjà été faite ( programmes informatiques opérationnels) mais la partie lexicographique pose des problèmes d’ordre syntagmatique (transcription kabyle des mots et liason des mots dans une phrase ).

    Les personnes compétentes (pourquoi pas Mr BOUAMARA ?) qui désirent collaborer/contribuer bénévolement à la réalisation de ce projet peuvent me contacter à l’adresse suivante pour de plus amples détails: inig.n.bgayet.@gmail.com.

    Merci beaucoup
    .

    Amitiés.

  4. je pense que l’éthymologie,science des mots, doit etre associer a la standartisation de notre langue.
    on trouve des ressemblances intrigantes dans toutes les langues,prenant le mot tir-gwa.du verbe sureg, on le retrouve dans l’espagnole,l’italien,voir meme dans uraguay et nicaragua,est ce une coincidance ou ils proviennent de la meme source.quant au adhar,et s’il provient de eddu?pour le B et le V,a l’heure actuelle,il serait a mon avis,nécéssaire d’employer le v,en attendant de trouver en kabyle l’equivalent aux,vilbrequin,au clavier et autre nouveaux mots qui nous viennent de l’anglais,

  5. Azul,

    {{Pour illustrer quelque peu mon propos:
    }}
    {{1.}} {Le standard de fait existe , celui de K.Nait-Zerrad}
    {{2.}} {Manque d’outils didactiques pour l’enseignement.}

    {{Illustration de 2. On dispose meme d’un lexique pour le vocabulaire (en plus bien sur de celui de M.Mammeri) , cet ouvrage gagnerait a être illustre avec des phrases simples en kabyle donnant par exemple les définitions et/ou illustrant ce vocabulaire. Il pourrait aussi accompagne un manuel d’apprentissage, un tel travail s’appuyant sur des standards permettrait surement de faire un pont entre la communauté des chercheurs et celle des enseignants.
    }}

    ________________________________________________________________

    http://www.ircam.ma/doc/publica/vocabulaire_grammatical.pdf

    Vocabulaire grammatical

    Le Vocabulaire grammatical est le fruit d’une collaboration entre l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) et l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Le choix du thème de la terminologie grammaticale a été dicté par le besoin en matière de métalangage grammatical pour l’enseignement de l’amazighe, principalement au Maroc et en Algérie.

    L’ouvrage, coordonné par MM.Abdallah BOUMALK (IRCAM) et Kamal NAIT ZERRAD (INALCO), s’adresse, prioritairement, aux enseignants et aux étudiants et, secondairement, à toute personne désirant savoir comment sont nommées en amazighe les notions grammaticales.

    La nature de la nomenclature retenue se trouve être un vocabulaire grammatical dans le sens général de « grammaire » qui intègre des notions de linguistique, mais ne représente pas une terminologie linguistique stricto sensu. Il se veut être, d’abord, un minimum nécessaire à l’enseignement de la langue.

    L’ouvrage est quadrilingue ; il se compose de deux versions français-amazighe-anglais-arabe et amazighe-français-anglais-arabe auxquelles viennent s’ajouter deux index arabe et anglais.

  6. Azul,
    {{
    Il suffit de ‘faire un tour’ sur le net pour voir que ce standard de fait existe : en gros celui fixé avec la grammaire de K.Nait-Zerrad.

    Je crois que le plus difficile restant a faire est bien celui des outils didactiques pour l’enseignement. Et c’est exactement la que le travail a réaliser commence.}}

    Ar tufat.

  7. Interessant sujet et interessant point de vue… La crise m’a pris a la gorge, lorsque je me suis rendu compte, que grace a la constitution Americaine, j’ai enfin une langue, une nationalite’ reconnue et un model de pays ideal, avec lequel je partage les ideaux – Entre autre, la liberte’ des gens d’etre ce qu’ils sont, sans besoin de s’inventer une identite’, avec tout ce qui va avec. Dans mon cas, etre Aqvayli Amaricanan – Oh la triste realite’incapable de lire et ecrire ou meme paler ma langue maternelle avec autnat d’aisance que l’Americain ou le Francais. Impossible d’ecrire au pays, authentiquement… Mais l’angoisse est arrive’e quand je suis devenu papa…Tandis qu’avant je pouvais blamer mes parents et arriere-parents, maintenant, le seul parent a blamer est moi-meme… Les choses s’agravent, ca passe de l’angoisse a la colere…a la depression. Quand tu ne transmets pas ton souffle et l’intelligeance qui y est codee, tu ne transmet rien, du moins pas grand chose, de toi-meme a ta propre progeniture. C’est aussi important que grave, car, meme les betes sauvages, les serpents les bestioles les plus nefastes ont besoin de se reproduire… et toutes transmettent leur integrite’ a leur progeniture. J’en suis incapable – La plupart des Kabyles sont incapables – Sommes-nous moins que des betes?

    C’est la que je me suis dis, tans pis, je le ferai, quite a inventer mon Kabyle a moi, car de celui de ma jeunesse, il ne reste pas grand chose! Le 1er probleme qui s’en est suivi est celui de definir cette langue? – Je me suis rendu compte que des que cela est defini, le reste suivra de lui-meme. Il y a lieu donc lieu d’etablir le cahier des charges de la langue Kabyle. Je la veux donc:

    1. Un systeme de codification du savoir,
    2. un system de communication d’idees,
    3. un moyen de recherche – donc d’expansion d’idees en savoir.

    De la charge 1. donc derivent

    a. le besoin de memoire qui lui reuiere l’ecriture, c.a.d.
    i. Un alphabet
    ii. Un vocabulaire
    iii. Une grammaire et des regles donc d’ecriture, et de lecture.

    b. Le savoir lui-meme, qui s’avere de 2 categories, absolu et artistique
    i. savoir absolu, veut dire le savoir scientifique – Le Kabyle doit pouvoir codofier et exprimer l’absolu.
    ii. Le savoir artistique quand a lui, traite de tout ce qui est fluide, ou comme on l’appele « les arts »

    De la Charge 2 derivent

    i. La Phonetiqe et les prononciations de characteres, mots, et meme les styles de parlers.
    ii. ETablir des regles de la communication ecrite.

    La Charge 3 elle consiste a construire un ensemble de regles d’introduction des regles grammaticales qui gereront les un savoir nouvellement introduit – Un moteur generateur, d’idees, concepts, etc. SAVOIR, incluant l’extension de la grammaire-meme.

    Le savoir etant un ensemble d’idees normalisees, une des normes qui le gouverne est la Pensee, comme dans « pensee philosophique » – Celle-ci, est trouvee, pour toute langue, dans la culture et l’histoire culturelle, du Peuple qui la porte. Il y a lieu donc lieu de caracteriser notre culture, la culture Kabyle.

    Notre culture, qui a conditionne’ notre histoire, automatiquement carecterise le savoir gravee dans la memoire Kabyle, puisque l’histoire est un object complexe avec une partie reelle(le vecue), et abstraite(la qualite’ morale). Les deux, nourrissent la conscience Kabyle.

    C’est en cherchant dans notre parle’, que les caracteristique de la culture et donc de la langue Kabyle, se devoile – L’auteur du dictionnaire Issin, doit etre d’accord avec moi –

    Les consequence sont geantes – De 1. il s’avere vite qu’une copie de notre histoire vecue ainsi que son cote’ abstrait, existe, et est codifiee dans des langues qui ne sont notres, malgre’ la pratique de celles-ci par nos ancestres – Essentiellement, il s’agit du Latin et du Greck, et une peu de Francais. Puis une partie de ce qui se vit par les Kabyles, est emprunte’, volontairement dans des circumstances et de force dans d’autres. Ces pratiques cependant, ne decoulent pas directement de notre memoire ancestrale, ni sont-elles des codifiees d`ans notre langue – Tans leur pratiques, substance et expression sont emprunte’es en BLOCK. C’est le cas du contenu Arabe inserre’ dans notre culture, par le biais de la croyance, c.a.d. religion. Tandis que la regle est inforce’e sa pratique est impossible, car pas codifie’e dans notre conscience. Nous(Kabyles) ne sommes pas les seuls a ressentir ou faire l’experience de cela. Le discours religieux(la preche) est est une nouveaute’ chez nous, ainsi que la priere, individuelle ou collective. On ne fais la priere islamique qu’en arabe, est cette langue n’arrive toujours pas a s’ancrer dans la memoire Kabyle.

    Il est donc clair que le savoir Kabyle, est a reconstituer/reconstruire – Et on ne reconstruit une maison en pierre qu’avec des pierre, quelque soit le produit qu’on utilise pour les coller ensemble(le ciment), et dans le cas de la langue: l’alphabet, le vocabulaire et la grammaire. C’est la que je me suis rendu compte que la grammaire et les regles d’ecritures meme de Mas Lmulud, ne sont pas ce qu’elles devraient etre – comme suit.

    Apres avoir etabli le vocabulaire Kabyle (les mots connus), J’ai compare avec les alphabets de 2 langues que je connais: Le Francais et l’anglais – Il y a besoin de completer, car ces langues, comme explique’ plus haut, contiennent une copie de notre memoire et savoir ancestral – Pour extraire celui-ci de ces langues, il va falloir emprunter des mots et peut-etre meme des expression qui codifient le concept/idee derrier.

    La premiere consequence de cela, est l’alphabet – l’Alphabet Latin necessaire.
    La seconde est celle de casser les mots, et arreter de traffiquer des mots quand ils sont soumis a des regles, et separer les articles des mots, etc. On examinant les mots Kabyles, je me rends compte que cela est plus que possible, le collage est une pratique emprunte’e – Par example, le mot emprunte’ iqvayliyen, se doit de se transformer en un article plus le mot, soumis aux regles Kabyles nouvelles, au diable les anciennes, d’ou:

    the (prononce’ dhe) qvayli le kabyle) ou
    the ……………….. dha qvaylithe (la transformation introduit un ajout pour marquer le feminin) mais l’article reste singulier pour l’homme comme l`a femme.

    Plus que ca… une fouille dans les sons des mots, revele le partage avec les langues Europeennes, ce qui arrange les choses, puisque notre contenu est dans les langues Europeennes, en ce qui concerne le passe’ (le cote Savoir Artistique), et c’est aussi la que ce trouve le savoir Formel (Science).

    Mais comme il y a beaucoup d’injection, dans le Kabyles qu’on parle aujourd’hui, je me suis dis, qu’il y a peut-etre lieu de commencer avec le vocabulaire d’une langue Europeenne riche, et d’y associer tous les termes utilisees, sur une base phonetique, et de selectionner ceux qui s’armonise avec l’objectif cherche’ – son usage dans les 2 cas (artistique et formel) –

    Cela pourrait se faire avec la participation de tous en ligne !

  8. je pense qu’il ya deux phonemes qui posent probleme dans le systeme graphique de tamazight , le premeir est le son A ou E comme aamar ,aoudiw – aelay qui est reproduit par le lettre aa tres proche de celle de l’arabe aantar ,cette lettre effectivement est un phoneme intrus dans la langue et de plus n’esxiste pas sur le clavier de l’ordinateur ou autre materiel de transcription : ce phoneme doit au plus vite disparaitre et declarer tout les mots qui le portent comme des arabismes .Exemple ; (aawdagh repeter par ulsagh )- aamayen (sin issegasen -deux ans ) .A ce entrave s’ajoute le de GH – comme dans amazigh – qui a mon sens peut etre reabiliter par la transcription de Gha dans le ulghu – arghigh – cela ne peut se faire evidement qu’apres enrichissement du dictionnaire kabyle et le remplacement de tous les emprunts qui portent les son aa et h comme dans tahnachat -glissade .Pour conclure je dirai qu’aucune langue n’est parfaite et sont toutes sujettes aux changements ,le cas de taqvailit peut depassera assurement cette etape ,le plus important pour le moment est la production .Nous devons le plutot reussir a faire un amawal junior du moins de 20 000 mots et maintenir la pression de sa generalisation du moins comme matiere a l’echelle de la kabylie .

  9. {tutlayt nnaɣ taqvaylit dagerruj amuqran, dnettat kan araɣdissufɣen si ṭlam ɣer tafat. Ilad asnefk azal is.}
    Il est urgent de standardiser taqvaylit écrite. Dans cette standardisation il ne faut pas introduire une différence importante par rapport à la langue parlée de tout les jours, pour la simple raison qu’un locuteur ne peut pas assimiler une langue standardisée qui est loin de sa langue de tout les jours, s’est donc une question de capacité de mémoire du cerveaux humain.

  10. Aaul dda kamal.

    merci pour tout l’interet et l’effort que tu portes pour resoudre les petits problemes de taqvaylit.

    leur resolution avant « l’arrachage « de l’autonomie sera une longueur d’avance et un guain de temps considerables à nos enfants et aux générations futures.

    simplement je voudrais attirer ton attention sur l’urgence de la reintegration du v.

    il est vrais que c’est une frustration de ne pas l’utiliser.

    Ne pourait-on pas avec les instances du ministere de la laungue du GPK sous l’egide de l’inalco
    decreter la reintegration de ce v?.

    Les autres problemes peuvent attendre que des etudes soient realisées sur l’ensemble des differentes regions.

    l’effort de tout les utilisateurs de taqvaylit ecrite pour le respect des recommendations de l’inalco demontre bien l’amour qu’on lui porte car on sait que ce n’est q’avec taqvaylit que notre peuple ira dans le sens de sa liberation.
    tanmirt-ik

  11. Azul,
    Pour statndardiser taqvaylit il faut passer par des étapes. Je vois tout de suite une qui simplifiera rapidement le nombre de cas à traiter. Parfois les differentes variantes des mots sont dues à la déformation des mots originaux par l’influence d’autres langues, principalement l’arabe.
    Par exemple: adar et atar
    Le vrai mot est adar. atar est déformé par une tendance à arabiser les mots. On dit d’ailleurs en kabyle « itâârev wawal-is » quand quelqu’un prononce des mots kabyles avec consonnaance arabe, Donc je pense qu’il faudrait repertorier tous ces mots là c’est à dire « awalen itâârven » et les écrire d’une seule façon c’est à dire s-tqvaylit.
    adar c’est adar. Il ne peut être atar. Nous devons revenir à notre langue et corriger notre façon de parler.
    Celà est donc est ma première constation. Pour les autres cas il faut chercher le consensus ou les garder tous comme synonymes peut-être?

  12. « la standardisation de tamazight en général »? On s’on fou eperdument. Nous en tant que Kabyles on veut stardiser notre propre langue. On a rien a foutre des autres lamgues amazighs. Que chaque amazigh s’occupe de ses onions! Jusqu’a quand allons-nous continuer a nous preoccuper des autres sans que personne n’arrive a se preoccuper de notre sort, de notre langue et de notre de liberte! Basta, Ca suffit, le Kabyle n’est pas un figuier publique ou tout le monde vient se nourrir sans que personne ne prenne soin de lui. Et franchement y’en a marre!

    Occupons-nous de nous-memes d’abord et avant tout! Pour paraphraser Boudiaf: LA KABYLIE D’ABORD ET AVANT TOUT!

  13. Azul akkwit s-umata,

    Taqbayllit = tamazight, avec plus d’emprunt au vocabulaire de langue arabe, essentiellement dû à l’islam.

    Pour ce qui est du vocabulaire les emprunts à l’arabe se manifeste comme doublet exp

    anu/ lbir cf tala bbw-una (de triste mémoire) à noter que le pl unan est le pluriel Zénète, alors qu’en Isenhadjen nous avons = inawen forme que l’on s’attend de trouver en Kabyle.

    Uragh/ddheb = l’or, cf agwni bbw’uragh

    tuga/ lehcic= herbe cf tuga d’usaghur

    ales/Eiwed = recommencer

    ull/Eiwen = aider cf tg allel etc

    Pour ce qui est de la standardisation faut il conserver les deux son sémitiques qui son « E » et « H », primitivement étranger à la langue Berbère?? Car une fois le vocabulaire d’origine réapproprié ces sons disparaissent.

    Quelques précision ameccuk n’est pas synonyme de aqcic, mais de amezzyan, c’est dailleurs la forme employée en Tamaceq = imttyak = petit, de même que le mot tayyint = marmitte se retrouve aussi sous cette forme en tamaceq.

    Concernant la particularité du son ppw/bbw, qui n’est pas uniquement d’un usage typiquement féminin c’est selon les villages, je pense qu’il y aura lieu de statuer, cependant peut être que l’on pouraint inclure la lettre p dns notre alphabet.

    Mai au delà de la Kabylie, nous avons chez les Isenhadjen du Rif le son « H » intercalaire tout comme le touareg AHAGGAR, dans queleques mots seulement, or les Isenhadjen parlent un parler Kabyle, dailleurs certains Marocains les nomment les Kabyles du Maroc.

    Ces mots sont = tahala = fontaine comme en targui

    muzhur = épais etc, ce qui laisserait envisager que cette particularité d’intercaler un « h » n’est pas spécifique aux seuls Touaregs Ahaggar, et que par le passé etait d’un usage plus fréquent et ou peut être réservé à une classe dirigente ou noble ??

    Bref seule une politique allant dans ce sens pourra en dotant nos futures institutions de moyens necessairesaboutire de façon pérenne.

    Tanemmirt, azul seg’ul

    AGWZUL

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