De la standardisation de taqbaylit (partie 4/4)

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Professeur Kamel Bouamara

De la standardisation de taqbaylit (Tamurt) – Nous disions précédemment que l’intervention de « normalisation » sur taqbaylit doit se faire à plusieurs « niveaux », dont les suivants:

1. Celui de l’alphabet (= phonético-phonologique) ;
2. Celui de l’orthographe des « mots » (= unités lexicales) ;
3. Celui de l’orthographe des syntagmes et celle des phrases ;
4. Celui du choix du (ou des) corpus de référence ;
5. Celui de la production d’outils de grammatisation (grammaires, dictionnaires, …).

Dans la précédente mouture, nous avons discuté des « niveaux » 1 et 2, nous en venons maintenant aux suivants. Il va de soi que les principes retenus aux « niveaux » 1 et 2 sont également valables aux « niveaux » qui sont immédiatement supérieurs, étant donné que lesdits « niveaux » sont et doivent être articulés. Ainsi, avec les différents caractères qui composent l’alphabet usuel, on peut noter tous les « mots » de cette langue ; de même, à l’aide de ces « mots », on peut constituer aussi bien des syntagmes que des énoncés ou phrases, de quelque nature qu’elles soient, simple ou complexe, nominale ou verbale.
Par ailleurs, il y a des problèmes particuliers qui se posent au niveau du syntagme et d’autres au niveau de la phase.

3. Niveau du syntagme et celui de la phrase

  • Le niveau du syntagme

Le syntagme n’est encore pas un énoncé minimal, autrement une phase, au sens grammatical. Un énoncé contient au moins deux éléments : un prédicat (qui, dans le cas de taqbaylit, n’est pas nécessairement un verbe) ou un prédicatoïde, en plus d’un sujet.

Donnons quelques exemples d’énoncés minimaux :

(1) énoncé nominal : D argaz. Ici, d joue le rôle de « prédicat » (i.e. « verbe »), argaz étant le « sujet ».

(2) énoncé verbal : Yura. Dans yura, il y a deux éléments : l’indice de personne « y » (qui joue le rôle de « sujet ») et le verbe « aru ».

Nous disions qu’un syntagme n’est pas un énoncé minimal. Exemples : axxam-nneɤ, deg ubrid ; deffir-s, ar azekka, am wassa, argaz-a (gi)

L’un des problèmes d’orthographe importants qui se pose au niveau du syntagme a trait au traitement des unités qui composent la chaîne (i.e. le syntagme), autrement dit à la manière dont il faut les segmenter : doit-on les fusionner (et en faire un seul « mot »), les séparer par un blanc, ou par un trait d’union ?

(i) Le trait d’union (au niveau du syntagme)

Pour pouvoir traiter ce genre de problème de façon cohérente et logique, il n’est pas nécessaire d’identifier à chaque fois les unités qui composent une chaîne donnée, cela donnerait d’innombrables cas à inventorier puis à traiter. Il suffit d’en identifier simplement les types, dont le nombre est somme toute fini ; des types comme : Nom + pronom possessif : comme axxam-is ; préposition + nom : deg uxxam; nom + démonstratif/adjectif : tameṭṭut-nni, …

Une fois que ces types de syntagmes sont inventoriés, on leur fixera des règles d’orthographe simples et cohérentes. Si la règle dit, par exemple, qu’ « entre un nom et le pronom possessif s’intercale un trait d’union », il faudra que cette règle soit valable partout, quel que soit le type de nom et quel que soit la longueur du pronom.
En vertu de cette règle, simple et claire, on écrira donc : amcic-nneɤ, aḍeggal-im, jidda-s, axxam-is/nneɤ/nsen

(ii) L’état d’annexion (au niveau du syntagme)

La classe des noms (et adjectifs) est définie par trois modalités : le nombre (singulier/pluriel/collectif et, dans de rares cas empruntés à l’arabe, le duel), le sexe (masculin/féminin) et enfin l’état (libre/d’annexion). Cela ne signifie pas cependant que tous les noms de taqbaylit disposent du singulier et du pluriel, du masculin et du féminin et enfin des deux états suscités. Dans les faits de la langue, certains noms n’existent en fait que sous certaines formes. Ainsi : meddenallen, lxalat, tiwermin, … n’ont pas de singulier ; argaz, aḍar, aḍu, uzza, aḍil, … n’ont pas de féminin. Il en est de même en ce qui concerne l’état. Beaucoup de noms en effet n’ont pas d’état, en ce sens qu’ils n’ont pas, comme d’autres, un état libre et un état d’annexion. Exemples : tala, taga, tizi, tirni, baba, yemma, laẓ, fad, lmal, lwacul, lɤaci,

Quel est le morphème grammatical qui provoque le changement d’état, du libre à celui de l’annexion ? Comment et doit-on le noter?

Le morphème qui conduit le nom à changer d’état est, entre autres, la préposition. Exemples : axxam/deg uxxam ; awal/n wawal ; aɛekkaz/s uɛekkaz, …Toutes les prépositions, à l’exception de « s » de direction, exemple : Iruḥ s axxam (ici le nom axxam n’a pas changé d’état).

Notons par ailleurs que l’état d’annexion, ayant trait aux noms masculins, ne se manifeste pas toujours à l’oral. Exemple : axxam ilemẓiyen ; sin ilemẓiyen ; … Par économie d’énergie, l’usage oral de la langue fait ici abstraction de la préposition n et de y, marque de l’état d’annexion. Comment le savons-nous ? Il suffit de convoquer le procédé de substitution : remplaçons ilemẓiyen par tilemẓiyin ou par tilemẓit. On dira alors axxam n tlemẓiyin ou … t-tlemẓiyin et axxam n tlemẓit ou … t-tlemẓit. On voit bien qu’ici le n et la chute du i, la marque de l’état d’annexion du nom tilemẓit, réapparaissent tous les deux.

NB. Pour que la règle qui régit l’état d’annexion soit claire mais surtout cohérente, il convient d’énoncer ceci : après les prépositions (à l’exception de « s » de direction), les noms à état qui suivent se mettent toujours à l’état d’annexion.

– Le niveau de l’énoncé (ou de la phrase)

Nous disions plus haut que, contrairement au syntagme, l’énoncé minimal est constitué d’au moins deux éléments : un prédicat (ou prédicatoide) et un sujet. Ceci est aussi valable pour la phrase verbale que pour la nominale
Oui, en taqbaylit, il existe bien des phrases nominales comme :

(i) D tameṭṭut

(ii) Axxam inu (par opposition à : axxam-inu … qui n’est pas un énoncé). On voit bien que le trait d’union joue un rôle dans la désambiguïsation des énoncés et, par conséquent, au niveau du sens des syntagmes et celui des énoncés.

NB. On retrouve le (i) dans un proverbe connu de tous : Axxam inu, nekk bezgeɤ. Il s’agit ici d’une phrase (complexe) verbo-nominale, dont les deux propositions sont coordonnées.
En voici une autre similaire : Ass-a inek, azekka inu.

Comme au niveau du syntagme, au niveau de l’énoncé également se posent les problèmes du trait d’union et de l’état d’annexion.

(i) Le trait d’union (dans le cas de la phrase verbale)

Dans les phrases verbales comme les suivantes :

(i) Iruḥ-d.
(ii) Ad iruḥ.
(iii) Iruḥ-asen.

Les énoncés (i) et (iii) sont constitués chacun d’un élément principal, qui est le verbe, et un morphème grammatical qui apporte une information secondaire à l’énoncé principal. C’est la raison pour laquelle s’intercale le trait d’union entre ces deux éléments, de nature différente. En revanche, dans (ii), il n’y a qu’un seul énoncé, c’est-à-dire un verbe présenté sous l’aspect particulier qu’est l’aoriste (par opposition au prétérit, au prétérit négatif et à l’intensif). Ce ad est par ailleurs le morphème qui différencie le prétérit (= iruḥ/truḥ/nruḥ…) de l’aoriste (= ad iruḥ/truḥ/nruḥ…).

NB. Les morphèmes grammaticaux, comme les particules de direction (d et n) et les pronoms personnels directs et indirects, sont toujours rattachés au verbe par un trait d’union.

(ii) L’état d’annexion (au niveau de l’énoncé)

Soient les exemples suivants :

(i) Yečča azger.
(ii) Yečča uzger (ou : wezger).
(iii) Yefka tuga i uzger.

On remarquera que le « mot » azger est à l’état libre dans (i) et à l’état d’annexion dans (ii) et (iii). Pourquoi ? Parce que azger assure la fonction de complément d’objet direct (COD) dans (i), celle de complément d’objet indirect (COI) dans (iii) et celle de complément explicatif (CE) dans (ii).

La règle est donc la suivante : le nom qui suit le verbe se met à l’état d’annexion lorsque celui-ci assure la fonction de CE ou celle de COI.

NB. Notons que l’état d’annexion, aussi bien au plan du syntagme qu’au plan de l’énoncé verbal, est régi par des règles d’ordre grammatical. L’usage oral de la langue peut, dans certains cas, en faire abstraction, pour des raisons d’économie ou autres. Mais à l’écrit, il est recommandé de le faire apparaître et de le noter.

4. Le choix du (ou des) corpus de référence

Cette langue sur laquelle nous intervenons et que nous voulons normaliser doit se manifester à travers un (ou plusieurs) corpus de référence, c’est-à-dire un (ou plusieurs) texte(s) dans le(s)quel(s) nous trouverions les règles d’orthographe et autres que nous avons fixées au préalable ; ce(s) texte(s) doit (doivent) être par ailleurs largement diffusé (s) au sein de la communauté. Certains peuples, à l’instar des Arabes, ont pour corpus de référence un texte sacré ; d’autres, comme les Grecques anciens, un texte littéraire (cf. L’Iliade et L’odyssée de Homère).

Quel(s) corpus de référence pour taqbaylit ?

Le seul corpus qui circule tant bien que mal au sein de la communauté des Kabylophones est fait de chansons. Mais, bien qu’il contribue à la reconstruction identitaire, ce type de corpus ne sert la standardisation qu’indirectement, pour l’heure, étant donné que ces chansons, lesquelles sont d’ailleurs très rarement écrites, sont destinées à l’écoute. A l’avenir, on peut cependant faire des choix parmi toutes ces chansons à texte et établir un corpus écrit, corpus qu’on mettra par la suite à la disposition des membres de la communauté. Mais ce corpus de textes poétiques suffira-t-il à lui seul ? Constituera-t-il un corpus de référence pour taqbaylit et surtout pour les Kabyles ? Personnellement, j’en doute.

Dans la mesure où la langue est l’institution sociale la plus importante qui soit et qu’elle est la seule qui puisse rassembler, autour d’un minimum de « choses », tous les membres de la communauté kabylophone, quelles que soient leurs différences d’ordre politique, idéologique, religieux, philosophique, etc., ce corpus doit être le plus large possible ; en conséquence, il doit embrasser le maximum de champs de connaissance possibles. Dans ce corpus de référence à mettre en place, il y aura bien entendu de la poésie et de la littérature, en général, mais également de l’histoire, la politique, la religion, la philosophie, le droit, l’économie et … A titre d’exemple, si les Kabyles, en particulier et les Imazighen, en général, ont été contraints de pratiquer l’islam en arabe depuis les temps immémoriaux, c’est parce que ce texte sacré n’a jamais été traduit dans leur langue. Aujourd’hui, depuis que nous disposons de traductions en taqbaylit des principaux textes sacrés, à l’image du Coran et du Nouveau Testament, les représentations, peu reluisantes, que se font les Kabyles de leur langue pourraient s’améliorer et, par conséquent, taqbaylit gagnerait en prestige, dans la mesure où il est enfin sorti des sentiers battus : il n’est plus confiné dans les usages somme toute traditionnels, tels que les usages familiaux, familiers, littéraires et folkloriques ; aujourd’hui elle commence à traduire d’autres réalités et d’autres savoirs « prestigieux », tels que la politique, la religion, le savoir scientifique… La traduction en taqbaylit des classiques de chaque discipline scientifique ou autre amènerait ses locuteurs à changer leurs représentations dans le sens positif et conférerait à cette langue un statut social meilleur.

A l’état actuel des choses, parce que nous ne pouvons pas faire de taqbaylit une langue « moderne » et adaptée au monde du 21e siècle, lorsque deux Kabyles communiquent entre eux et veulent, par exemple, traduire une réalité, qui sort de l’ordinaire, ils ne se contentent le plus souvent pas de changer de registres (de langue)– ce qui serait normal –, ils changent carrément de langue ; ils choisissent, selon le cas et selon le sujet de discussion, le français, l’arabe, …

5. Production d’outils de grammatisation

La grammatisation (cf. S. Ouroux) concerne l’enseignement/ apprentissage d’une langue à l’aide d’outils (de la grammatisation), tels que les grammaires et les dictionnaires. Mais on peut, comme dans le cas des langues orales, en l’occurrence taqbaylit, apprendre/enseigner les langues en contexte, sans l’existence, ni l’aide de ces outils. Mais ce mode d’enseignement/apprentissage est trop contraignant : ainsi, les locuteurs qui ne sont pas en contact direct et permanent avec le « contexte naturel » de cette langue, en l’occurrence taqbaylit, finissent le plus souvent par perdre la langue ; quant à ceux et celles qui n’y ont pas vécu, ils ne peuvent tout simplement pas l’apprendre.
Comment avons-nous appris les langues enseignées en Algérie, tels que le français, l’arabe ou l’anglais ? Avons-nous tous été respectivement en France, en Arabie ou en Angleterre pour apprendre tant bien que mal ces langues ? La réponse est, dans la plupart des cas, non. Nous les avons apprises – et apprises à les enseigner aux autres –, parce que ces langues ont été grammatisées, c’est-à-dire qu’elles disposent d’outils de grammatisation, d’outils pédagogiques et didactiques ainsi que d’autres documents utiles à leur enseignement/apprentissage.

Où en est la grammatisation de taqbaylit actuellement ?

Aujourd’hui, avec le recul nécessaire, on se rend bien compte que nous n’avons jamais eu et que, jusqu’à l’heure actuelle, nous n’avons pas encore les moyens … de notre politique. Sinon, comment expliquer la revendication « tamazight, langue nationale et officielle » que nous crions chaque année et périodiquement, depuis 1980 ? On a cru peut-être qu’il suffit de fixer l’objectif à atteindre, pour que les moyens nécessaires viennent d’eux-mêmes … C’est là une erreur d’appréciation.

Le statut réel des langues ne se modifie pas par enchantement ou par génération spontanée ; il ne peut être changé que par le travail sur la langue elle-même et par la production d’outils nécessaires à son enseignement/ apprentissage. Or, dans ce domaine précis, la moisson est encore trop maigre. Peu de « choses » en effet ont été produites jusqu’à maintenant. A titre d’exemple, nous ne disposons pas encore d’une grammaire actualisée et didactisée à ce jour ; on objectera en disant qu’il y en a bien une : Tajerrumt… de M. Mammeri ; oui, heureusement qu’elle est là et qu’elle existe, mais celle-ci s’avère, sur certains plans, dépassée aujourd’hui et nécessite, par conséquent, une actualisation ; son contenu nécessite également une didactisation pour dégager des niveaux. En matière de lexicographie et de confection de dictionnaires, autre outil indispensable pour continuer le cours de la grammatisation de taqbaylit, le travail ne fait que commencer.

Qu’en conclure au terme de contribution ?

On ne peut souhaiter faire de taqbaylit une langue « moderne » et une langue adaptée aux réalités du XXIème siècle en utilisant seulement les moyens traditionnels, tels que les méthodes d’apprentissage oral. C’est là une évidence, mais chez nous on doit tout expliquer, y compris les évidences.

Par K. Bouamara

47 COMMENTAIRES

  1. Au quebec ,on trouve presque dans tous les organismes charges de l’immigration,les commissions scolaires et pleins de lieux ,des ecritaux en kabyle ( azul -tanemirt -ar tufat -etc) ecrits bien sur en latin alors que dans son pays la majorite des commune ne daigne meme pas metionner un mot n’est ce pour signaler qu’en est en kabylie.Poutant la majorite de celles -ci sont aux mains des partis locaux tels que le FFS et le RCD. Cet exemple a mediter

  2. Le choix des caracteres latins a notre langue est indiscutable ,et tout debat pour remettre en cause cette option est vaine surtout lorsqu’elle vienne des gens qui n’ont contribue en rien pour la la sauvegarder ou la revendiquer .Cet choix est deja enterrine .Ceux qui s’agite pour remettre le debat du choix des caracteres arabes sont motivesen realite par la peur de voir notre chere langue reprendre sa place ,et ils doivent savoir que ceux sont des milliers d’eleves et d’enseignants qui veillent sur elle .

  3. In order to think and elaborate a better transcription of tamazight, I believe that it is worthwhile to look into the historical  evolvement  of modern languges.
     For instance there is the book « adventure of English » by Melvyn Bragg 
    It can give us ideas on the spirit of people, writers, remarkable men and women that helped to push forward English  and become universal language. 
    Also, the historical , cultural, economic and religious circumstances  that contributed to shape this language from basic dialect spoken only in rural Areas to a modern language.
    Tanemirt

  4. Azul a kamal,
    Je me suis rendu compte un peu en retard que tu répondais aux commentaires.
    Alors je saisi l’occasion pour te saluer et te dire tout simplement merci pour tout ce que tu fais, toi et tes collègues, pour notre langue. Vous êtes notre fierté et l’espoir de taqvaylit et tamazight.
    Nous comptons beaucoup sur vous. Il est de notre devoir de notre côté en tant que peuple de vous aider par tous les moyens.
    tudert i tqvaylit

  5. Azul Mass Kamal Bouamra,

    Tout d’abord un grand merci pour vos contributions. Une ou deux questions, un peu techniques j’ai bien peur.

    Dans l’ouvrage «Terminologie grammaticale berbere (amazighe) paru aux éditions l’harmattan.»

    {{Noura El.Azrak de l’IRCAM nous fait part vu l’importance pédagogique de cette terminologie de l’élaboration d’un projet de mise en contexte (exemples d’emploi).}}

    L’auteur indique qu’ils feront l’objet de la part de l’équipe TERMGRAM (Terminologie grammaticale) d’une publication a part intitulée ‘Guide d’emploi des termes grammaticaux’. L’auteur cite quelques exemples lies a la définition des termes (extrait ci-joint).

    Exemple p 112 de l’ouvrage (geolecte « marocain »):
    {{azwir}} d amslaγ itillin g tzwiri n tguri
    « Le prefixe est l’affixe figurant a l’initial d’un mot’
    ….
    nqqar {{tudift}} i tguri nna isnmal msmun awal
    « On appelle entrée le mot que definit le dictionnaire »

    {{La reflexion de l’auteur porte sur l’importance de la mise en contexte.}}

    De votre cote vous soulignez en parlant d’autres langues « {{c’est-à-dire qu’elles disposent d’outils de grammatisation, d’outils pédagogiques et didactiques ainsi que d’autres documents utiles à leur enseignement/apprentissage.}} »

    Mes questions

    1) Dans ce cadre ne pensez-vous pas qu’une réactualisation de l’ouvrage de Tajerrum de M. Mammeri ou d’un autre ouvrage de même facture -si il existe – avec les exemples didactiques et en utilisant le lexique (IRCAM/INALCO) serait un pas -probablement couteux en ressources humaines- mais indispensable pour cette mise en place d’outils pédagogiques.

    2) Existe-il pour la langue kabyle une equipe du type TERMGRAM (TERMGRAM (Terminologie grammaticale) ?

    Cordialement,

    Iader

    _________________________________

    TERMINOLOGIE GRAMMATICALE BERBÈRE (AMAZIGHE)
    Abdellah Bounfour, Kamal Naït-Zerrad, Abdallah Boumalk (Ed.)
    Bibliothèque des Etudes africaines
    LINGUISTIQUE MAGHREB, MONDE ARABE, MOYEN ORIENT EUROPE Algérie Maroc

    L’extension de l’enseignement du berbère au Maroc et en Algérie (et même en Europe) fait qu’il était devenu indispensable de proposer une terminologie grammaticale en berbère. L’objectif premier de ce vocabulaire grammatical est donc d’ordre pédagogique et il s’adresse en particulier aux enseignants et étudiants du domaine. L’ouvrage est constitué de deux parties : les interventions des chercheurs spécialistes du domaine invités à des journées d’études (à Rabat et à Paris), la terminologie grammaticale proprement dite avec les équivalents en français, anglais, arabe.

  6. Le corpus ne devrait être très difficile à constituer ou du moins à initier.
    Des professeurs comme Bouamara pourraient lancer des mémoires de licences sur ce sujet.
    La recherche consisterait pour un mémoire de licence en ceci:
    Eexmple:
    Sujet = corpus de l’électronique
    Documents de référence = lexique de l’électronique + un cours de de présentation et de vulgarisation de l’électronique élaboré par un prfesseur d’électronique (connu et reconnu) traduit et transcrit en Kabyle (selon les règles de grammatisation établies) par le jeune chercheur.
    Allez , Feu!

  7. Et que fera-t-on des phrases comme: « Akamyun istasiuni d garaj »! « Likasat-ni aregistrentedtid di lestidio i fransa »!

    Tanmmirt

    P.S. Je suis nul en linguistique mais j’aime ma langue tout autant que ma liberte!

  8. La standardisation de taqvaylit peut aussi se faire en trois etapes: Une 1ere standardisation genrale mais non definitive qui doit se faire le plus vite possible et qui englobera toute la langue, une 2eme standardisation (apporter les retouches necessaires) apres 5 ans d’experience de la premiere standardisation dans l’enseignement et les autres domaines, et une 3eme stadardisation definitive (apporter les dernieres retouches) qui tiendra compte de l’experience et des feedbacks de tous ses enseignants et ses utilisateurs pendant les 10 ans ayant suivi sa premiere standardisation.

    Mais il serait plus interessant que nous soyons vraiment autonomes pour avoir tous les moyens politiques, economiques et scientifiques pour realiser ce travail revolutionnaire!

    P.S. Je suis nul en linguistique, mais j’aime ma langue tout autant que ma liberte!

  9. A propos de l’apprentissage –

    Vous avez mentionne’ que commencer par apprendre a repeter verbalement des phrases toutes faites, n’etait pas la meilleure facon. Pas tout a fait d’accord avec vous. Le Kabyle demeure ma premiere langue, malgre que je ne le pratique point depuis une 30eine d’annees. Ce que j’en connais, je l’ai memorise’ – provient de ma jeunesse – La melodie, est tres puissante. Bref, l’effort de l’etat fachiste algerien de transformer notre langue en folklore, et le manquement de nos ancestres de la transcrire, la mettent en danger, plus que jamais, car en ces temps modernes, les autres langues envahissent la Kabylie, de plus d’une facon. En plus de l’ecole, il y a la radio, la tele et biensur l’internet.
    Enfin, transferrer le savoir d’une langue a une autre est un phenomene naturel, qui depend de la psychologie plus que d’autre chose – Un environnement, et un contenu agreable et amical est la clef. En plus, quand on commence par des sujets de cette nature, le cerveau cre des associations, plus facilement – Des qu’il y en a suffisemment, les neuronnes ont tendance a completer le reseau, d’eux-memes. Le secret est d’arriver a un montant suffisemment grand pour declancher ce processus.
    En connaissant des termes, le cerveau a tendance a creer de lui-meme, les connections qui etablissent les relations entre ces termes. Example: Je ne pense pas avoir utilise’ le terme/verbe TRAIRE depuis ma jeunesse, et je ne pratique le Francais que rarement, mais le mot LAIT et VACHE l’ont tire’ de ma memoire, comme ca ! –

    En resume », faute d’ecoles et programmes normaux, pour la langue Kabyle, faire enttendre et repeter avec un soutien visuel, des expressions « sympatiques », sans trop se preoccuper des regles qui ont genere’ la combiinaison phonetique, tout en exposant les termes ecrits, fait enregistrer meme la grammaire, dans un etat passif – Dependant de l’eleve, des qu’une douzaine d’expressions, sont memorise’es et l’eleve commencant a generer des phrases avec un vocabulaire d’une dizaine de termes, les regles simples de liaison peuvent etre introduites, de facon a ce que le cerveau se mette de lui-meme a les accorder avec des regles deja enregistre’es dans une langues deja pratique’es. L’introduction de regles plus complexes peut alors se faire avec succes.

  10. I posted a message with a comment and a question, but realize that neither it, or the answer to it, will will be appear soon on your site. So here’s the question again: Why do you overwhelm us with dots everywhere, to accomodate the sounds of foreign words, instead of just making it known that it is a borrowed term, and at the same time generate a kabyle term for it – Eventually, the borrowed term will be abandoned, by stigmatizing it as « umproper », i.e. « for uneducated folks – folklore? Of course that will not happen overnight, but, over few generations, it will eventually… The rules being established here, will remain long after all of us are done, in the future.

    Many thanks.

  11. Dans le but d’apprendre l’Arabe aux Israeliens, Jouifs et Musulmans avec des contenus differents, qui feraient la prevention un enseignement ideoligue oriente’ vers l’extremisme religieux, ou une ideologie de combattant et de mepris, une Unversite’ Isralienne s’est chargee d’une etude, pour voir d’ou provient la difficulte’ de l’apprentissage de l’Arabe, et la conclusion est que l’alphabet Arabe surtaxe l’apprentissage et meme l’usage. Cela est due a la ressemblance entre les caracteres qui constituent l’alphabet Arabet En voici un resume des trouvailles:

    Pour decoder un charactere, l’un ou l’autre des sphere du cerveaux, communemment dites le cerveau logique et le cerveau du coeur, c.a.d. Gauche ou Droit s’occupent de l’identification du charactere dans le mot et du mot dans la ligne. Ainsi, c’est un va-et-vient, auquel s’exerce le cerveau, a une vitesse famamineuse. Or, parce que la difference graphique entre les characteres n’est pas suffisante et categorique, un effort supplementaire est fourni. Cet effort, tandis qu’il ne derange pas la sphere logique, a un effet nefaste sur la sphere droit (le sympatique) – Celui, se lasse vite, et souvent rejette l’effort – C’est penible plutot qu’amusant !!! Du coup, l’apprentissage est partiel, mais surtout chaotique…desordonne’, c.a.d. Pas harmonieux ! C’est meme penible a l’oeil, ces histoire d’un point,2 points, ou 3 – A gauche a droite, en haut ou en bas, etc…. Une barre verticale reprsente la lettre A, et avec un petit bidule (qui peut etre une decoration), devient L – L’effet de bloccage s’amplifie, astromineusement en passant du charactere, au mot, a la phrase, en faisant le pont entre syntaxe et semantique, c.a.d. representation au sens… Alors on apprend phonetiquement !!! sans image engravee.

    En vue de cela, pourquoi encombrez-vous Taqvaylt avec autant de points?, plutot que de standardiser les sons et la phonetique. C’est un peu l’histoire des chiffres dits Arabes, qui ne le sont pas il s’avere, contre les nombres romains, ou on ajoute une barre pour passer d’un nombre a un autre…

    Voici un example que les Anglais ont resolu de la forme originale de leur langue LE PICT – qui semble ressembler enormemment au Kabyle – et on on avance qu’il a des origines nord-africaines – L’article THE.

    Dans sa forme d’origine qui feminise ou masculinise l’article, on trouve le son « euh » suivi du son « D » comme D en Francais, ou du son « T » Leger, comme le Tse’ Jijilien, c.a.d. un melange de T de S, ressemblant au Z – pour indiquer donc le feminin ou femelle. On harmonize cela, on revise la pensee derriere et on aboutit que la difference entre object ou anumal et Personne est plus logique a faire, et on decide que « The » prononce’ entre les deux autres formes (D et T), comme DHE, est la convention – Plus que ca on le soutire au besoin d’accordance avec l’object qu’il avance – qui lui exhibit les characteristiques importantes, comme le nombre, et on finit par dire The Man/Men ou The Woman/Women. On soumet l’article qu’a ce qu’aux contrainte de sa fonction, affirmatif, demonstration, et on obtient Tese, those aussi applicable au 2 genres/sex. Pourquoi faire comme les francais et creer ces unions marque’es par les appostrophes, plutot que de laisser les mots intacts et harmoniser la prononciation… comme.

    Une question:

    QUelle est la difference entre

    DAGGI et DARGAZZ, et quel est le denominateur commun?

  12. Tanemmirt a Kamal ghef umagrad-agi. Awal-ik ghef tmeslayt taqbaylit issugh-d fell-i am adfel ghef tizi maca atan bdan isqeqsiyen ara ttafgen deg uqerruy-iw.

    Tua imi s tefransist i turid’ amagrad inek atan a k-in steqsigh s tefransist ghef yiwen usentel ur gzigh ara ar tura. Atan ihi:

    – L’état d’annexion et libre d’un mot: il me semble un peu dur de fixer des règle strictes pour régir l’état d’annexion des mots. Reprenons l’exemple de {{Axxam}}
    – Kkigh-d seg {{uxxam}}
    – Teddugh s-{{axxam}} (teddugh ar {{wexxam}})
    – Z’righ at {{wexxam}}
    Ma question: est-ce qu’il serait pas plus judicieux d’isoler justement les éléments qui changent ou qui font l’annexion et garder le mot tel quel? on voit bien dans l’exemple que {{xxam}} ne chnage pas du tout, pourquoi ne pas écrire {{a xxam}} en état libre et {{u xxam}} en état d’annexion?

    – que dire également des emprunts comme {{Ataksi}} qui à l’origine est bel bien {{taksi}}
    – ddigh deg {{taksi}}
    – bu-{{taksi}}
    – seg {{taksi}}
    – n {{utaksi}}

    ou mot comme tuga:
    – icca tuga, si tuga, atg.

    Et surtout merci pour la diffusion du savoir. Il est important que ces sujets soient traités et partagés avec le grand public.

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