L’implantation des terroristes et des groupes de malfaiteurs
Tuvirett : « Règne d’insécurité totale »

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Tuvirett
Tuvirett

TUVIRETT (Tamurt) – À l’instar des autres régions de la Kabylie, Tuβiret est pratiquement encerclée par les forces de l’armée populaire nationale (ANP). La thèse officielle est celle d’éradiquer les groupes terroristes qui ont choisi les maquis de Tuβiret pour installer leurs quartiers généraux. Mais la vérité constatée sur le terrain est pratiquement l’inverse : si les entrées et les sorties vers le chef-lieu de la ville de Tuvviret sont quadrillées par les services de la police et de la gendarmerie, l’insécurité persiste toujours dans la région.

Le dernier acte terroriste en est la preuve vivante. Le lieu Ath-Laksar, sis à quelques kilomètres de Tuβiret ville, l’unique pompe à essence présente dans la région, gérée par un privé, qui assurait les services de sa profession au profit de tous les citoyens, a été la cible d’une attaque terroriste en plein jour ! Un groupe de « Ninja » pourvu de tous les types d’armes, y compris, des Kalachnikovs, avait investi les lieux. Menaçant les employés de la station-service, ils ont volé toutes les réserves de la caisse de la station, avant qu’ils ne prennent la fuite, vers une destination inconnue. Il faut savoir que le lieu du crime n’est qu’à 3 kilomètres du siège de la brigade de la gendarmerie nationale. Quelques jours auparavant aussi, un groupe de terroristes, qui semblait circuler librement pour exercer son activité criminelle, avait placé une bombe de fabrication artisanale, à la sortie nord de Tuβiret, à quelques kilomètres seulement de la route nationale N5, utilisée par tous les citoyens, puisque la route est la principale liaison entre Tuβiret, Boumerdes et Alger. Si l’explosion de la bombe n’a pas fait des dégâts, l’activité des groupes terroristes permanente désavoue le discours officiel de l’éradication de ces groupes au niveau de la région de Tuβiret.

Cette région reste en effet, l’une des principales zones d’activité du terrorisme et notamment dans le relais montagneux entre Tuβiret et Boumerdes, ainsi que dans le massif forestier du village de Saharidj, frontalier avec Tizi-Ouzou. L’un des citoyens et témoins de ce village nous a confié que les groupes armés circulaient normalement, dans la montagne. Ce constat de la dégradation sécuritaire est presque camouflé par des jugements d’une minorité d’individus au niveau des tribunaux Cs mêmes jugements, ne constituent qu’une tentative de jeter la poudre aux yeux, afin d’éviter l’évocation du véritable bilan sur la situation sécuritaire.

Le constat est alarmant, dans un autre domaine, qui est la commercialisation de la drogue au niveau des villages de Kabylie. À Tuβiret, les citoyens ont sans doute remarqué que la majorité des barons du trafic des stupéfiants ne sont pas inquiétés par les services de sécurité. L’un des témoins de cette affaire nous a expliqué que ceux qui alimentent les jeunes de la région en drogue et stupéfiants sont connus des services de sécurité, mais que plusieurs points d’interrogation se posent quant à la non-arrestation de ces personnes qui menacent l’ordre public à Tuβiret. Et en dehors des grosses quantités de différents types de stupéfiants qui rentrent à Tuβiret, les services de sécurité, qui possèdent pourtant des moyens importants, se contentent d’assurer un service minimum comme exemple l’arrestation de deux jeunes à bord d’un véhicule en possession de quelques grammes de drogue, ou bien la saisie d’une quantité minimale en possession des jeunes consommateurs, dans le village d’Ath-Laaziz, au lieu d’opter pour une stratégie globale pour la neutralisation de ce fléau et la présentation des responsables à la justice.

Sur un autre plan, Tuβiret est devenue le théâtre de plusieurs actes d’agressions à l’arme blanche contre des individus isolés, mais l’amélioration de la sécurité des personnes et des biens n’est pas, semble-t-il, la priorité la plus importante pour les services habilités, qui préfèrent opter pour le harcèlement judiciaire des militants, l’interdiction des activités de la société civile et l’imposition d’un diktat en matière de liberté religieuse.

Amirouche Ait A

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