Sur décision du conseil constitutionnel algérien : les veuves et enfants de martyrs n’ouvrent pas droit à la licence d’importation de véhicule

40

SOCIÉTÉ (Tamurt) – Aussi, cette décision risque de choquer cette frange des ayants droit. Jusqu’à maintenant, les enfants des martyrs crient à qui veut les entendre qu’ils sont victimes des pratiques du système. « Etant les enfants de celles et ceux qui sont morts pour l’indépendance de ce pays, la monnaie qui nous est rendue par les tenants du système est très en-deça de nos mérites », clame cette frange de citoyens.

Jusqu’à présent effectivement, le seul acquis accordé aux enfants de martyrs est la prise en considération des années de maquis du parent martyr dans le cadre du départ à la retraite. Cependant, leurs requêtes sont nombreuses. Entre autres, figurent le droit à un logement social pour tout enfant de martyr n’ayant jamais obtenu cet avantage, une pension de retraite d’un montant non inférieur à 30 000 DA par mois, la reconnaissance en qualité de Moudjahida (combattante) pour toutes les veuves de martyrs y compris pour celles qui sont décédées ; donc à titre posthume. Le droit aussi à la licence d’importation de véhicule ; cela va de soi. Il se trouve aujourd’hui qu’hormis, rappelons-le, le droit à compléter ses propres années de travail par les années de maquis du parent martyr, l’ayant droit qu’est le fils de Chahid, ses revendications n’ont d’effet que leur consigne sur un bout de papier.

Cet état de fait est dû à la mauvaise organisation des enfants de martyrs même s’ils ont réussi à créer des appareils où ils peuvent unifier leurs forces. L’Organisation Nationale des Enfants de Chouhada (ONEC), la Coordination Nationale des Enfants de Chouhada (CNEC), la Fédération Nationale des Fils de Chouhada (FNFC) sont de parfaits exemples. Avec le temps lequel joue toujours en faveur du pouvoir, ces organisations, notamment les deux premières citées, sont devenues de simples organisations de masse à l’instar de l’UNGA (union générale des travailleurs algériens), l’UNJA (union nationale de la jeunesse algérienne), l’UNPA (union nationale des paysans algériens) etc. Leurs principaux responsables respectifs sont pris en charge par l’Etat. En contre-partie, l’Etat actionne ces organisation à chaque fois qu’il sent l’utilité.

Et souvent, l’Etat veille à ce que ces organisations placent à leurs têtes des personnages sachant à peine lire et écrire, donc peu rompus à la pratique politique et au combat pour la démocratie et le progrès. C’est le cas par exemple de Tayeb El Houari et Khaled Bounedjma. L’un est à la tête de la CNEC et l’autre dirige l’ONEC. Les deux hommes seraient incapables de faire la différence entre une mappemonde et un pop corn. En dépit de cela, MM Bounedjma et El Houari sont considérés, décisions juridiques à l’appui, comme des cadres de la nation. Pire encore ! Certains fils de martyrs sont réduits à l’abject statut de mouchards et indicateurs. Certains mouchardent au profit de la police et la gendarmerie et d’autres pour le compte du DRS. Faut-il s’étonner dans ce cas que la grande famille des enfants de martyrs soit victime d’une iniquité ? Même le conseil constitutionnel lui refuse un misérable document la dispensant de l’impôt douanier. En tout cas une chose est sûre : les enfants de martyrs ayant eu le courage d’affronter les aléas de la vie en ne comptant que sur eux-mêmes ont toujours refusé de faire leur entrée dans ces organisations de « masse ». Ceux-là ont réussi.

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici