Échec des manifestations à Alger, la Kabylie doit tirer les leçons

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KABYLIE (Tamurt) – Devant le verrouillage politique actuel, quel sera le rôle de la Kabylie dans le processus d’un éventuel changement démocratique du régime algérien?

Si le RCD et la coordination nationale pour le changement démocratique, qui semble maintenir la pression sur le gouvernement algérien, annonçaient d’autres initiatives et marches populaires chaque samedi à Alger jusqu’au départ du régime actuel, comme l’avait déclaré, maître Mustapha Bouchachi, président de la ligue Algérienne de défense des droits de l’homme, l’unanimité politique au sein de la coordination, n’a pas été totalement atteinte. Après le retrait du Front des Forces socialistes de l’initiative, des voix s’élèvent de l’intérieur même de la coordination, sur la stratégie de communication du RCD, qui s’est approprié, selon eux, la marche du 12 février dernier, alors que dans la logique des choses, elle est le fruit des efforts de toutes les parties qui composent la coordination nationale pour le changement démocratique.

D’autre part, la violente répression des manifestants et la stratégie du tout sécuritaire posent des questions sérieuses sur la réussite des objectifs lancés par la coordination nationale pour le changement démocratique. On se souvient, comment la capitale Alger, a été mise sous état de siège lors de la marche à laquelle le RCD avait appelé pour le 22 janvier dernier. Le régime n’a pas hésité à bloquer la circulation et les trains en provenance des villes limitrophes vers Alger. D’ailleurs, selon des observateurs, la composition des manifestants de la marche du 22 janvier dernier était kabyle dans sa majorité, ce qui laisse entendre le manque de la cohésion nationale autour de l’initiative du Dr Saadi.

Le peuple kabyle doit tirer les leçons de ce manque de cohésion et de la répression menée par les services de l’ordre, a chaque fois que des hommes politiques kabyles tentent d’unifier les rangs de la classe politique algérienne, dans le but de revendiquer la liberté et la démocratie. L’engagement de la Kabylie, pour le reste de l’Algérie, depuis plusieurs années, n’a pas été suivi par des actions de solidarité de la part des partis politiques nationaux, bien au contraire, le peuple kabyle, a été contraint depuis toujours, de faire face seul au régime totalitaire algérien et notamment durant le printemps noir, en 2001.

La spécificité de la composante de la population de l’Algérie nous impose une mure réflexion, qui permettra de trouver des solutions durables aux réalités de chaque région et de chaque peuple. La Kabylie, pour sa part, optera pour un statut d’autonomie régionale qui reste la seule voie pour garantir les droits du peuple kabyle, notamment la liberté et la démocratie, pour lesquelles nos aînés se sont battus.

Une Kabylie autonome politiquement et prospère économiquement, permettra aux autres peuples d’Algérie d’engager des projets militants, similaires. L’Algérie des peuples est la seule solution désormais qui permettra d’en finir avec le verrouillage politique, que le régime central algérien nous impose.

Amrouche At Azi

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