L’autonomie de la Kabylie, la voie de la raison et de la lucidité politique

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le régime postcolonial d’Alger par sa brutalité constante sur les Algériens en général et sur le peuple kabyle en particulier, ne cesse de démontrer qu’il a la ferme intention de continuer à gouverner avec les méthodes qu’il a héritées du colonialisme en 1962. Mathématiquement, sociologiquement, et historiquement, un Kabyle n’accédera jamais à la magistrature suprême en Algérie, aussi nationaliste et « algérianiste » soit-il. Le sort réservé aux premiers maquisards de l’ALN, Krim Belkacem, le colonel Amirouche et bien d’autres est un des exemples qui confirment cette règle.

Les raisons de cette impossibilité sont au minimum de deux types:
La première tient tout simplement au fait que les Kabyles sont une
minorité en Algérie. Leur nombre ne pourrait excéder les dix millions
d’habitants même en incluant ceux de la diaspora et ceux de l’immigration interne en Algérie. Dix millions de personnes ne pourront imposer leur façon de vivre à 25 millions d’autres sur les trente-cinq millions que compte l’Algérie. Ils sont répartis sur le territoire naturel de leur langue et de leur culture.
D’ailleurs le morcèlement et le grignotage de leur territoire au profit des
départements limitrophes arabophones, Boumerdes, Sétif, Bordj Bou Arreridj, Jijel, Msila a été imposé par l’administration algérienne pour réaliser son projet ethnocidaire.

La deuxième raison consiste en le refus des Kabyles d’utiliser la violence pour accéder au pouvoir. Ils n’ont jamais commis d’assassinat politique avant ou après l’indépendance de l’Algérie. Par contre, l’inverse regorge d’exemples où les intellectuels et hommes politiques kabyles sont souvent victimes de la haine et d’assassinats.

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie issue de la contagion des révoltes populaires des pays arabo-musulmans est
composée d’associations, de syndicats, et de partis politiques. Cette
coordination a occulté, à tort ou à raison, la revendication identitaire pour montrer qu’elle a un caractère national et non régional.

Les Kabyles qui sont animés par le sentiment « algérianiste », et qui
s’entêtent à étendre la démocratie et la laïcité au reste de l’Algérie, ne font que reproduire les échecs du passé. Déjà une certaine presse arabophone spécialisée dans l’antikabylisme accuse cette coordination de séparatisme et d’être à la solde des puissances occidentales.

Si les actions menées par la coordination nationale pour le changement et la démocratie, aboutissaient, elles remplaceraient, dans le meilleur des cas, le clan de Tlemcen par un autre clan (BTS ou autre) avec la figuration de quelques Kabyles de service comme d’habitude.

Ce serait tout simplement un retour à la case de départ pour les Kabyles,
qui après avoir subi la terreur de la part de la junte militaro-islamiste pendant 50 ans, risqueraient de subir encore, le diktat d’un président issu d’une majorité non kabyle.

La lutte entre les deux peuples arabophone et kabylophone pour la prise du pouvoir ne fait qu’exacerber les tensions et retarder l’instauration de la démocratie, qui ne pourra advenir en Algérie que par l’autonomie de la Kabylie et par la reconnaissance de son peuple par le pouvoir central d’Alger, ce qui aura pour mérite d’éviter des exactions actuelles et futures contre les Kabyles, et de provoquer une sérieuse réflexion sur la démocratie et la liberté de conscience pour les autres.

La sagesse et la lucidité politique devraient nous inciter, dans l’intérêt de tous les Algériens, à méditer les mérites du système d’autonomie en Espagne ou le fédéralisme en Allemagne, en Suisse, aux États-Unis et au Canada, et qui font la quiétude de leurs peuples.

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