Marche populaire à Akbou le 28.02.2011, le MAK défie la dictature algérienne

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Marche des hommes et femmes kabyles à Akbou pour dénoncer le complot ourdi contre leur pays par Paris et Alger
Marche des hommes et femmes kabyles à Akbou pour dénoncer le complot ourdi contre leur pays par Paris et Alger

AKBOU (Tamurt) – Une nouvelle fois, le MAK défie la dictature algérienne en appelant les citoyennes et citoyens de Kabylie à « s’affranchir de la tyrannie en effectuant des marches en Kabylie ». La première de toute une série arrêtée lors de la dernière rencontre des militants organisée dans le département de Béjaïa est programmée pour la journée du 28 février à Akbou (Béjaïa).

Dans un appel lancé à l’ensemble du peuple kabyle, le MAK laisse entendre que « les dictatures issues de la colonisation sont entrées dans une phase de turbulences pour longtemps et sont suivies avec attention par l’opinion internationale ». « Les gouvernements étrangers, jusqu’ici complices de leurs forfaits et de leurs crimes, notent encore les rédacteurs de l’appel dans le préambule, sont contraints de lâcher leurs protégés sous peine d’être eux-mêmes contestés ».

Selon le MAK, c’est le moment idéal pour rappeler ce que « nous voulons vraiment : vivre libres et en paix sur notre terre et exister dans notre culture ». « Le peuple kabyle, peut-on lire dans le document, dispose d’un énorme capital de sympathie auprès des chancelleries et États étrangers » et estime qu’il est propice de consolider cet acquis.

En faisant un bref rappel historique, le MAK écrit qu’en 1926, quand les fondateurs de l’Étoile nord-africaine (ENA), tous Kabyles, ont intronisé comme chef, Messali Hadj, originaire de l’Ouest, pour donner à ce mouvement une assise nationale, celui-ci imposa l’option d’une identité algérienne niant la leur.
La crise de 1949, connue sous l’appellation de « crise berbériste » est aussi évoquée par les auteurs de l’appel aux marches en Kabylie. « Comment oublier 1949, écrivent-ils, lorsque les militants lucides, refusant une définition ethnique et religieuse de la future Algérie, ont été taxés de “berbéristes” et où certains ont été exclus et d’autres assassinés ? ».

« Comment chers compatriotes, harangue le MAK, ne pas exiger la liberté pour le peuple kabyle qui, déjà, en 1963 a refusé au prix de 400 vies des siens la confiscation de l’indépendance algérienne que la Kabylie avait chèrement payée ? Comment ne pas exiger la liberté pour un peuple qui, en 1980, soit une dizaine d’années avant la chute du mur de Berlin, ébranla le dogme de la pensée unique ? Comment ne pas exiger la liberté pour un peuple qui en 2001, une décennie avant que ne commence le vent de la liberté sur les terres soumises à la dictature, s’était soulevé contre le déni identitaire et a fait face, seul, à la répression qui lui a ravi au moins 127 de ses enfants ? »

Les rédacteurs de l’appel estiment aussi qu’à l’heure actuelle, le succès des marches à Alger pour le changement et la démocratie « bute toujours sur l’origine kabyle de leurs initiateurs. “La contestation du régime serait-elle une affaire kabyle ?”, s’interroge le MAK avant de réaffirmer que “revendiquer la liberté de notre peuple n’est pas une œuvre de ghettoïsation”. “Au contraire, soutiennent les initiateurs des marches, il est urgent de nous démarquer des stratégies qui visent à nous sacrifier pour la liberté de ceux qui ne nous ont rien demandé”.
“La Kabylie n’a pas vocation à offrir la démocratie à l’Algérie, mais elle sera solidaire de tous les combats démocratiques”, écrit encore le MAK avant de lancer : “Montrons au monde entier notre détermination à nous affranchir de la tyrannie en marchant en Kabylie ! ».

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