Convention Nationale Kabyle : De l’incertitude au concret

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Pour sortir un peu de ces introductions protocolaires, je préfère entrer directement dans le vif du sujet.
Quoi que je suis frustré face à ce qui se passe ces derniers mois dans « le monde arabe », plus exactement chez nos voisins.

A l’entrée de ce siècle la volonté des peuples est entrain de façonner l’histoire, avec une nouvelle physionomie géopolitique de la région nord africaine.

Nous assistons a l’évolution de ce monde dans son ensemble à une vitesse frénétique ; alors là chez nous, les choses demeurent invariables, j’ose même dire qu’elles s’aggravent encore plus davantage, le pire encore demeure dans le fait que l’algérien, dans son attitude passive, manifeste le sentiment de céder au désespoir.

Cette rencontre historique de son genre est justement venue au meilleur moment ; d’une part par sa coïncidence avec la célébration du printemps berbère 1980 et du printemps noir 2001, une période très symbolique dans la mémoire collective du peuple kabyle, du fait qu’elles ont marqué l’histoire récente de la Kabylie, par l’éveil prématuré de la région aux aspirations progressistes et démocratiques, mais aussi elles constituent un tournant historique dans la mise a nu des objectifs cachés du régime islamo-baathiste sous le règne des pouvoirs successifs.

De l’autre part cette rencontre coïncide aussi avec cette tempête de contestation populaire aux régimes monocratiques et dictatoriaux, ce qui butera certainement sur un nouvel ordre international.

A cette occasion et dans cette conjoncture un peu particulière, je m’adresse spécialement aux membres de la CNK, pour une maitrise élevée des débats et à amener l’assistance à s’accorder sur des décisions consensuelles, je m’adresse aussi aux animateurs du MAK pour l’abnégation, afin de pouvoir organiser en maître le déroulement des actions ultérieures, qui seront dégagées au cours de cette rencontre.

Je ne peux omettre de citer la communauté kabyle à étranger, les travailleurs dans les différents secteurs ainsi que la masse estudiantine et lycéenne, qui ont apporté une contribution indéniable par leur implication dans l’ensemble des mouvements de lutte pour la dignité et l’honneur de la Kabylie.
Mes hommages s’adressent à toutes les personnes qui, par un travail souvent ingrat, ont amené cette convention sur une question longtemps taboue, qui est l’autonomie de la Kabylie, toutes ces personnes de près ou de loin qui ont contribué à cette démarche trouveront ici notre gratitude.
Les débats riches et approfondis vont faire émerger les idées directrices, pluralistes dans l’approche politique et socioculturelle kabyle.

Il est indéniable que ce mouvement pour l’autonomie a opéré un saut qualificatif sur le plan politique a l’échelle national et international.
Maintenant, il nous faut redoubler d’ardeur et travailler dans chaque village, chaque quartier pour que cet ambition soit intériorisée chez tous les kabyles la où ils sont.
Dans la perspective de nourrir et de donner une impulsion de grande envergure à ce combat, nous avons besoin d’une part d’un cadre d’expression et de mobilisation et de l’autre part d’une durée pour clarifier les positions, afin de précipiter une décantation pour toute les questions nécessitant clarté et réflexion.

Revenons au point de départ ; donc les kabyles ne peuvent pas rester en marge de l’Histoire, et c’est par rapport à l’actualité immédiate qu’ils doivent marquer leurs points et faire signe qu’ils ne sont plus impassibles à ces moments intenses de l’Histoire ;
Ces changements substantiels qui affectent les régimes arabes, devront servir de carburant pour mieux ressusciter notre combat identitaire, si nous voulons vraiment nous adapter à ce nouveau contexte géopolitique, nous rattraper dans ce nouveau cycle historique et pérenniser notre existence en temps que kabyles.

{{Un alibi de plus pour la CNK:}}

La Kabylie est aujourd’hui dénudée de toutes ses valeurs essentielles pouvant lui assurer sont équilibre, son existence et sa pérennité devant cette nouvelle hégémonie mondiale.

Elle est ainsi livrée à elle-même et enclin dans sa vulnérabilité à toutes formes de dérapage.

« {Qui a perdu l’honneur, n’a plus rien à perdre.} » disait Syrus.

Le pouvoir avec tous les régimes successifs à nos jours, a établi d’une manière solide et efficace des bases, lui permettant d’évoluer dans un environnement sociopolitique complexe plein d’incertitude hostile à son originalité et valeurs identitaires ancestrales.

{{ Contexte historique récent:}}

Durant la période coloniale, plus particulièrement après l’insurrection de 1871, la Kabylie fut frappée dans ses ressources et dans ses institutions, mais fut également traumatisée par la répression sanglante, les exécutions sommaires, les jugements arbitraires, les condamnations hâtives et les déportations vers les camps de concentration de la Guyenne et de la nouvelle Calédonie.
C’est aussi la perte d’un mode de vie due a l’écroulement des structures sociales et politiques, et la ségrégation des valeurs traditionnelles qui perturbent une population privée de ses biens, dépossédée de ses terres, puis l’écroulement des unités traditionnelles tel que « Tajmaât ».

{{Ce que nous sommes maintenant:}}

En ce moment notre position est franchement fragile, elle est à l’écart de nos véritables ambitions et le redressement se voit déjà difficile.

Devant cette conjoncture nous sommes irréductiblement entrainés vers une situation d’incertitude et de méfiance entre nous même.

Comme étant individu regardant à ma dignité, je vois que les choses ne vont bien pour personne et ce n’est pas par un simple hasard que les choses sont ainsi.

Qu’on le veuille ou non, les conséquences se surenchérissent de plus en plus et au fur et à mesure le mal surgit de partout et dans tous les coins de la Kabylie.

C’est un constat alarmant, mais il nous faut dire ce qui pèse sur l’ensemble, si le climat est mauvais, nous n’allons pas chasser les nuages rien que pour dire qu’il fait beau temps.

La situation est grave, périssante et n’est confortable pour personne ; c’est un véritable kaléidoscope qui donne des images contradictoires et variables à l’infini.

– De la régression sans précédent de la situation sociale (insécurité, mendicité, vol, viole, kidnappings, drogue, prostitution…etc.) tous ces fléaux sont nouveaux a notre société kabyle.

– Ségrégation des différents secteurs économiques, due au mépris constamment affiché par les plus hauts responsables à l’encontre de la région.
– Politique de compromis avec les islamistes dans la Kabylie (exemple : affaire de la mosquée d’Aghrib et le procès des non jeuneurs d’ighzer Amokrane …)
– Émergence d’une mafia politico-financière dans la région qui commence à s’accaparer du foncier, d’infrastructure publique et de grands chantiers publics…
-Bureaucratie et toutes les formes de violence de l’état.

– Pressions sur les libertés d’expression et de manifestation.
– Refus obstiné de prise en charge de la question identitaire.
– Quadrillage militaire et policier de la Kabylie, pour intimider toute sorte de soulèvement populaire.

Tous ces facteurs ne cessent de dissimuler des sentiments de désaveu et de fuite de la réalité, et l’imprégnation d’autres éléments extrinsèques ne ressortent plus de l’imprévu.
Le plus désagréable encore c’est que plus nous avançons dans le temps plus nous constatons ces éléments se fertilisent et gagnent encore plus de l’ampleur caractériel au détriment de l’authenticité et de l’efficacité.
Une véritable persuasion collective par des faussetés et duplicités.
De l’embrigadement des consciences à l’indifférence, de l’immobilisme collectif au sentiment de lassitude chronique.

Tous ces facteurs sont déterminants dans l’aboutissement à ce marasme multidimensionnel de la Kabylie.
Nous assistons a un abâtardissement de toutes nos valeurs et à la délinquance de nos véritables idéaux.

{{La question identitaire ; un problème de repère:}}

Les kabyles d’aujourd’hui s’intéressent médiocrement à leur patrimoine identitaire, cette faute a fait de nous des amnésiques actifs.

Nous avons tendance à accepter plus facilement les autres cultures, qu’on nous impose au fil des siècles, et maintenant nous sombrons dans le sentiment d’avoir été souillés, dépersonnalisés et dépourvus de repères essentiels de nos valeurs ancestrales.
La problématique est justement là ; le kabyle est fondamentalement en quête de sa Kabylie.

On ne retrouve cette identité que lorsqu’on se reconnaît dans cette Kabylité avec toutes ses composantes ; certes notre particularisme a été contaminé par les différents apports étrangers dans le passé et dans le présent, mais ça devra être perçu comme richesse.

La Kabylie a connu un passé protohistorique, un passé punique, un passé romain, un passé byzantin, un passé turque, un passé espagnol, un passé français et une éternité arabe.

Mais ce passé ne semble pas être constructif de notre personnalité, il faut que les patrimoines soient expressif de notre Kabylité, non pas des patrimoines qui parlent seulement des autres, mais de ce que nos ancêtres ont fait avec les autres pendant qu’ils étaient là, ou encore de ce que l’on fait avant que les autres ne soient pas là, ou encore de ce que l’on a fait pendant que les autres n’étaient plus là.

{{Comment peut-on-nous repérer dans un climat de confusion ?}}

-Le besoin et l’exaspération populaire ne sont pas encore cristallisés dans la région.
-Les divisions internes au sein de la classe politique kabyle.
-La faiblesse de nos élites politiques dans leur leadership, ne semble pas indiquer qu’il existe pour le moment plus de chance pour l’émergence d’une nouvelle pensée réactionnaire en Kabylie.
-La disqualification de l’islamisme radical et la renaissance du nationalisme émotionnel, ne sont plus en faveur de la Kabylie (exemple : mobilisation populaire pour le soutien de l’équipe nationale lors de la coupe d’Afrique et de la coupe du monde 2010.)
-la richesse dont dispose exceptionnellement l’Algérie et son positionnement géostratégique, importantes aux yeux des occidentaux, mais non plus en faveur de notre ambition autonomiste.
-La génération facebook et twitter, non embrigadée dans les partis politique et non plus encadrée par les leaders politiques kabyles, peut montrer une remarquable habilité à pouvoir changer le destin de cette région vers un autre horizon encore plus flou, la preuve elle a pu le faire ailleurs en mobilisant et faisant descendre les gens dans la rue.

Contexte international et notre position

L’Algérie ne constitue plus un état pivot dans la stratégie compétitive des américains et de la communauté européenne dans l’espace nord africain.

De ce fait l’influence de cette communauté internationale reste secondaire dans l’actualité immédiate sur la kabyle.

Donc la forme et la substance de la contribution de ces états, se situent dans les considérations d’intérêt stratégique, c’est pour ça même qu’ils se montrent complaisants avec les autorités algériennes, alors que parmi les objectifs dissimulés de leur politique volontariste en Afrique du nord reste la démocratisation et leurs intérêts géostratégiques.

– A propos de cette démocratisation justement dans le contexte géopolitique méditerranéen entamé par l’union européen à la faveur de la réunion de Barcelone en 1995, était sensé œuvrer a l’émergence des sociétés civiles dans le sud de la méditerranée, cette zone est importante pour les occidentaux, du fait qu’elle constitue une barrière de protection pour l’Europe contre les incursions des populations de l’Afrique profonde.

– Aux yeux de la communauté internationale et même nationale, le président actuel garde encore un certain crédit pour avoir terminer avec la période noire des années 90.

– Puis il existe encore des soupapes de sécurité pour son régime, à savoir l’armé, les partis de coalition, les organisations de masse, les medias publiques et le pétrole bien sûr.

– Par rapport à tout se qui se passe actuellement dans « le monde arabe », le peuple algérien n’a pas encore manifesté son mécontentement et sa volonté de vouloir changer les choses d’une manière claire.
– Le seul élément qui reste à exploiter au niveau institutionnel reste le changement générationnel dans le leadership politique algérien au sein duquel actuellement la moyenne d’âge des dirigeants est très avancée.
Le processus de renouvellement de ces élites devra se faire par rapport à l’âge, à la qualification intellectuelle et à l’efficacité politique.

{{Celui qui vit avec la peur de mourir, finira par avoir peur de vivre:}}

La Kabylie est riche de tous ces apports civilisationnels divers, c’est un patrimoine d’une richesse exceptionnelle qui traduit dans sa plénitude une histoire millénaire façonnée par l’apport de plusieurs générations par des habitudes, des traditions et des coutumes qui plongent leurs racines dans une façon de vivre, qui reflète bien le génie de nos ancêtres, une des marques de la personnalité kabyle est cet attachement quasi rituel des fêtes kabyles et quelques éléments de notre patrimoine matériel et immatériel.

Cet attachement a parfois subit l’usure du temps, c’est pourquoi aujourd’hui, il devra y avoir un véritable travail de renaissance à mener, de restauration et une volonté d’ancrer de nouveau cette tradition qui vient du plus profond de notre histoire.

Faisant partie de la conscience collective, cet objectif devra s’inscrire en lettre d’or dans le programme de redynamisation de la Kabylie.
Nous vivons en effet une époque où la plongée dans le passé agit comme une fascination, et le retour aux sources comme une marque d’attachement à des valeurs ancestrales que les vicissitudes de la vie moderne ont pu parfois altérer.

Alors qu’il y a dans la richesse de ce passé, un extraordinaire vivier qu’il faut préserver et transmettre, il est un élément constitutif de notre personnalité et un gisement au service de cette ambition autonomiste.
Une Kabylie autonome est en conséquence une Kabylie qui se réapproprie un projet économique, social et culturel, notamment en initiant une ou plusieurs dynamiques de développement durable.

Maintenant il nous faut redoubler d’ardeur et travailler dans chaque village, à l’étranger dans les universités dans un but à capitaliser les expériences du passé et approfondir la réflexion pour prendre les bons rails.

Donc, partant d’une connaissance pointue de notre réalité, de nos véritables problèmes qu’on trouvera les ressorts nécessaires pour préserver notre fond commun qui est la souveraineté de la Kabylie.

Il n’y a que cohésion de tous qui peut surmonter les difficultés conjoncturelles, ce qui assurera par conséquence la pérennité de cet héritage aux générations avenir.

Notre ambition est de mettre en valeur ce capital, mais aussi de trouver les mécanismes possibles pour l’adapter au regard des besoins actuels du kabyle moderne.

Nous devons d’abord nous mettre d’accord sur les éléments de la discorde et de malentendu, connaître nos défaillances et nos erreurs commises dans notre passé commun.

Notre mission aujourd’hui est donc :

– Poser un diagnostic.
– Emettre des propositions.
– Etablir des recommandations.

Donc dans un premier temps, nous sommes tenus à établir un état des lieux puis dresser un diagnostic sur la situation dans chaque secteur et chaque région, tout en montrant les choses telles qu’elles sont.
Cette stratégie apportera beaucoup de choses nouvelles ; l’objectif principale est de bien cerner la raison d’être de ce mouvement, d’avoir une conscience tranquille vis-à-vis du citoyen kabyle et d’avoir une satisfaction du devoir bien accompli, mais encore de dégager le maximum de valeur-ajoutée, de résultats positifs sur le plan constructif et mobilisateur.

« {Dieu me garde de mes amis, mes ennemis, je m’en charge} » disait Antigone II

Dans ce mouvement il semble facile d’identifier les contraintes pour ne pas dire les ennemis, ignorer ses obstacles principaux est une forme de myopie politique qui finira par nous rendre aveugles.
L’identification et l’analyse des contraintes doivent se faire en terme de besoin et de leurs échelles, et derrière chacune se profile une vocation, certains ont un impact à court terme, d’autre à long terme.
Donc il est impératif de commencer à rassembler les données de base sur chaque échelle et chaque catégorie, afin de pouvoir évaluer nos forces et nos faiblesses.

Pour cela nous devons déchiffrer les comportements et pour mieux les connaître et reconnaître, nous devons rester à l’écoute de la société, examiner leurs points-de-vue, leurs priorités et leurs besoins réels et exprimés, ceci nous permettra peut-être d’anticiper leurs réactions.

A travers ce processus nous pouvons identifier trois échelles de contraintes :
– Locale ; tel que les partis politiques, les clients du système, les arabophones de Kabylie, les corps constitués…etc.
– Nationale, le système en place, ses relais, l’armée, tout les algériens par leur kabylo phobie bien dopée par le pouvoir….

– Internationale : tel que les pays arabes qui croient encore au nationalisme arabe ; les américains et la communauté européenne pour leurs intérêts géostratégiques…

Donc il faut faire intervenir plusieurs acteurs opérationnels et fonctionnels à travers le processus de planification et mise en œuvre d’actions correctives, si nous voulons atteindre nos objectifs, tout en veillant à la cohésion globale.

Nous devons prévoir, ainsi agir sur plusieurs fronts, en s’appuyant sur les complémentarités et les expériences vécus par les acteurs et partis politiques.
Ménager nos efforts en vu d’améliorer le processus d’une alliance stratégique avec toutes les forces kabyles et de la société civile.
Impulser une pratique de mise à niveau d’un comité de pilotage qui doit être gérer d’une manière transparente et avec orthodoxie kabyle.

Débattre l’ensemble des sujets d’actualité et prendre connaissance des derniers développements du mouvement dans des délais régulier.

Les différents rapports devraient apporter les éclairages nécessaires aux actions de la période en cours et le suivi de l’exécution du plan adopté pour les actions à venir.

{{ Pour la mise en perspective dans un monde en plein mutation.}}

Il est impératif de mettre en place des solutions sur mesure, si nous voulons réellement sortir de cette impasse.

C’est Jean Marie Discarpentier qui nous résumait l’enjeu en une formule lapidaire « avant il y avait les bons et les mauvais, puis il y eu les bons et les rapides et aujourd’hui il ne reste que les rapides et les morts. »

La bonne idée émerge au bon moment, elle est le fruit d’une audace éclairée.

L’originalité ou le non conformisme ne sont pas les seules vertus de la créativité. Innover c’est ce montrer visible sur la scène et anticiper déjà le prochain cycle de son histoire.

Le temps est désormais à l’effet de la propagande, qui sera destinée à détourner l’attention de l’impasse et de cet immobilisme collectif.
« Les personnes pro-actives ne sont pas des arrivistes, elles sont intelligentes, obéissent à des valeurs, comprennent la réalité, savent ce dont ils ont besoin.. » disait Stephen P Corvey.

Il va falloir dans le temps présent et en ces circonstances particulières prendre un certain nombre de mesures, par le choix d’un nouveau scenario de propagande, avec des systèmes de mutation rapide à mettre en place, pour mieux piloter les actions ultérieurs, et pour ne pas encore tomber dans les mêmes pièges de 1963 et de 2001.

Donc il faut développer un nouveau plan stratégique, sans risquer d’offenser et de disperser l’opinion publique kabyle.

C’est un challenge pour nous tous, beaucoup de choses arrivent au même temps, et il fallait qu’on les prenne en charge et c’est là où la mobilisation des ressources humaines est très important, ce n’est pas un choix accidentel ou émotionnel, une révolution pacifique ne pourra jamais aboutir sans ces ressources humaines.

Nous sommes tenus à ce que nos ambitions et les outils de faire aboutir nos objectifs soient mieux définis et intégrés dans ce nouveau cadre de challenge.

C’est là où le changement de mentalité que nous devons apporter, par la création de nos cellules de réflexion, d’échange et de concertation à travers tous le territoire national kabyle.

Et pourquoi ne pas engager des ateliers de réflexion stratégiques et de grande qualité dans les milieux universitaires ? Ceci nous permettra de trouver des mécanismes pour imbriquer la production intellectuelle des chercheurs universitaires dans le processus de prise de décisions, ce qui produira un impact dont les effets ne resteront plus marginaux, et exercer aussi une influence directe pour l’exploitation optimale des décisions accumulées, cela pourra constituer en effet un gage de rigueur méthodologique.

Une action positive et stratégique ne peut être créée que par ces ressources humaines.

La structuration du GPK en dispositif opérationnel autonome de toute interférences étrangères, est une nécessité vitale pour qu’il soit chaleureusement adopté par les kabyles, ce dispositif ne sera pas un slogan de prestige aux yeux de la communauté nationale et internationale, il ne sera pas une propagande en faveur d’un courant philosophique ou idéologique occulte ou utopique, comme il ne sera non plus un cheval de trait pour les opportunistes et charognards de tous bords.

Ce dispositif devra émaner de la conviction profonde des kabyles et devra être l’expression de l’ensemble des mécanismes qui s’inspirent des sentiments de dignité et de l’honneur kabyle.

Notre mission actuelle est l’adhésion massive de la population à ce nouveau dispositif institutionnel kabyle !

Mais aussi d’engager le débat avec certaines élites et animateurs kabyles qui gardent encore une distance de réserve avec cette tendance dite « radicaliste »

Donc il est utile que les premières actions à engager, doivent répondre au plus urgent à baliser la voie vers l’élaboration d’un plan stratégique par des méthodes participatives.

– Stratégie : une vision nouvelle est nécessaire — autonomie de la Kabylie.

– Structure : une nouvelle forme d’organisation — gouvernement kabyle.
– Fonctionnement : en s’appuyant sur les synergies possibles.
– Objectifs : s’articulent sur ;

1- Capitaliser :

– savoir d’où on vient ?
– savoir où on est ?
– pour mieux savoir où on va ?

2- Partager : passer de l’intelligence individuelle a l’intelligence collective.

3- Créer : innover pour survivre et anticiper déjà son futur cycle d’histoire.

Pour ce, il faut faire intervenir plusieurs acteurs opérationnels pour une meilleure prise en charge en terme :

– D’objectifs à atteindre.
– Mise à la disposition de recommandations bien étudiées.
– Et l’appel à une solidarité mutuelle avantageuse.
Face aux enjeux du nouvel ordre mondial, aux conséquences prévisibles de la future adhésion de l’Algérie a l’OMC, et un éventuel embargo économique sur la Kabylie, vu la nature répressive du système d’Alger à toute tentative de changement en dehors de sa vision centraliste.
La mise en œuvre d’une stratégie de développement durable par le GPK, est une nécessité absolue pour la Kabylie.

Et pour sa mise en œuvre, il est impératif de cerner tous les éléments influants existants dans la région sans tenir compte des puits de pétroles et des gisements d’or existants au grand sud de l’Algérie.
Ce n’est qu’avec une décantation bien clarifiée qu’on peut maitriser l’évolution de ces mécanismes de renaissance.

Une étude prospective et introspective pourra nous emmener à élucider les quatre valeurs suivantes à savoir :

– Le potentiel culturel local.
– La dynamique démographique.
– Les ressources naturelles.
– La sécurité alimentaire.

Ceci nous apprendra que nous possédons de nombreux atouts que ça soit sur le plan géographique ou en gisement humain.
L’objectif de cette stratégie est de fournir les modalités d’une revitalisation progressive de la Kabylie, par la mise en valeur de toutes ses potentialités économiques non encore exploitées et de mieux prendre en compte les situations réelles de ces territoires kabyles.

Le GPK pourra proposer des dispositifs d’accompagnement permettant de réorienter les efforts d’investissement et de promouvoir les nouvelles activités économiques en mettant à contribution le savoir faire dans les milieux ruraux kabyles, tout en favorisant le partenariat, ce qui permettra de rapprocher les acteurs prêts a investir et à établir un lien étroit entre les besoins et les ressources naturelles et humaines de la région.

{{La Kabylie ; un défi pour l’avenir :}}

La Kabylie recèle un potentiel de développement remarquable, dont la valorisation et l’exploitation ne sont jamais mis en œuvre par les gouvernements algériens.

Les mutations que la région a connues ces dernières années ont été rythmées par l’émergence de trois principaux facteurs économiquement intéressants à signaler :

– La libéralisation de l’investissement privé pour les PME et PMI.
– L’évolution des systèmes d’exploitation agricoles et halieutiques.
– Le potentiel touristique énorme.

{{1- L’industrie}}

Le secteur de l’industrie en Kabylie se compose de trois sous-secteurs essentiels; celui des entreprises publiques en difficultés financières, celui des entreprises privés pas trop performantes et celui de la micro entreprise en plein expansion, aujourd’hui le poids de l’activité industrielle et de construction occupent une place très importante dans l’activité économique globale de la Kabylie.

{{2- L’agriculture}}

La Kabylie recèle d’importantes potentialités foncières de hautes valeurs agricoles, particulièrement les terres situées dans les plaines. La fertilité de ces sols confère au secteur de l’agriculture des aptitudes à une exploitation intensive, et son développement va certainement produire des externalités positives sur le secteur de l’agroalimentaire.

Les zones piémonts et de montagnes qui constituent l’essentiel du territoire kabyle concentrent presque toute les activités a vocation polyculture et élevage, et les espèces arboricoles les plus dominantes sont l’olivier et le figuier, ce qui fait d’ailleurs la prédilection de notre région vers le renforcement et le développement de cette agriculture de montagne, de part son relief, son climat et ses traditions ancestrales qui fait de la Kabylie une locomotive au niveau national de ce modèle d’agriculture par rapport aux autres régions de l’Algérie.

Le secteur de l’élevage constitue l’une des composantes majeure de l’économie rurale kabyle, il emploi une bonne partie de sa population active et représente une trésorerie permanente de la petite exploitation.

Vu ses divers rôles socio-économiques, l’élevage devra être parmi les domaines prioritaire dans la politique de développement agricole de la Kabylie.

{{3- Le tourisme}}

De toutes les régions d’Algérie, la Kabylie est celle qui recèle tous les produits touristiques universellement connus, qu’ils soient de type balnéaire, de santé, rural, culturel, scientifique, de masse ou promotionnel, toutes les formes de tourisme pourront s’y adapter magistralement.

La Kabylie tire sa substance d’un cocktail de passé antique, d’une histoire contemporaine glorieuse et d’un présent tourné vers le modernisme, elle est située au cœur de l’espace méditerranéen, la Kabylie est une terre de rencontre et d’échange économique, culturel et scientifique, région à partir de laquelle les chiffres soit disant arabes ont été popularisés en Europe.

La splendeur de ses paysages durant les quatre saisons de l’année, ses villages dont l’architecture fortement adaptée au climat, son tissu urbain caractérisé par une continuité ininterrompue d’occupation depuis l’antiquité, elle renferme de nombreux sites naturels et vestiges historique qui témoignent encore aujourd’hui les fastes de sa longue histoire et qui peut faire d’elle une destination privilégié des chercheurs et spécialistes en la matière.

Grâce aux sources thermales, le tourisme se décline également en activité de santé et de remise en forme ; le patrimoine matériel et immatériel de la Kabylie est l’expression vivante d’un art, coutumes, artisanat, art culinaire purement local, costumes, architecture…sont tous l’expression d’un mode de vie typiquement kabyle.

Les marchés hebdomadaires qui rassemblent tout le monde ; les paysans, les artisans, les guérisseurs, les artistes et les notables offrent une multitude de possibilités de faire ses emplettes, mais font aussi la jonction entre les différentes tribus kabyles et constituent des espaces de rencontre, d’échange d’information, de règlement des conflits, de relations matrimoniales… etc.
Donc toutes les formes de tourisme s’adaptent à notre région.

– Tourisme culturel.
– Tourisme rural et champêtre.
– Tourisme balnéaire.
– Tourisme scientifique.
– Tourisme climatique et écologique.
– Tourisme économique

Pour tirer profit de toutes ces potentialités et dans la perspective du développement durable touristique en Kabylie, le GPK doit inscrire des zones d’extension touristique à travers la Kabylie et les projets qui se décideront au niveau central, devront être étudié dans le respect des caractéristiques que présentent les sites concernés, grâce à des études d’impact sociologique, environnementale et architecturale, reprenant le style kabyle dans le choix de certains matériaux de construction et en maintenant l’écosystème par la création des espaces tampons.

{{L’essentiel}}

L’approche globale vise une meilleure cohérence entre l’objectif de l’autonomie politique de la Kabylie et la réalisation d’une économie et d’une politique sociale adaptée.

Une région qui ambitionne de devenir un pole régional économique d’envergure de par le tissu industriel existant, une vocation touristique qu’elle tente de construire et un potentiel agricole important, d’autre part la Kabylie est l’une des rares régions qui offre pratiquement le service de la totalité des infrastructures économiques de base que nécessite un développement harmonieux, tant pour les activités de production, de service ou de commercialisation ; un réseau routier intense mal aménagé, chemin de fer, un aéroport international, trois ports de pèche et un port marchand dynamique auquel l’union européen ébauche une autoroute de la mer, tous ces services constituent a cet effet un système compact d’infrastructure complémentaires entre elles.

C’est à la lueur de ces grandes tendances que devra se justifier la création du MAK, dans cette conjoncture de rupture entre la région et les institutions centrales.

Et c’est dans cette situation justement que le GPK doit mettre en œuvre un dispositif mobilisateur d’intégration de la société civile et de la préservation de l’environnement économique et culturel de la Kabylie.

La concrétisation sur le terrain des concepts d’une économie solidaire et d’un développement participatif, sera une preuve de pouvoir relever le défi, celui de la reconstruction de la cohésion sociale en réussissant a gagner les forces vives de la région, altérée sous le règne des vautours, et impulser une renaissance économique de la Kabylie, pour pouvoir ainsi concilier entre les exigences économiques de ce temps, les impératifs sociaux du kabyle moderne et de l’ambition politique autonomiste.

« Pour atteindre un but, il faut se voir déjà au but. » disait Friederich Nietzsche.

{{Axes directeurs du plan d’action}}

{{1- A court terme}}

-a- Information et mobilisation : investir en priorité dans la mobilisation et la sensibilisation, il est important de réunir au préalable tout les atouts du coté de ce mouvement, le citoyen doit être informé et sensibilisé par tous les moyens de communication existants (medias, presse, affichage, meetings…etc.) sur le caractère vital de cette démarche, pour qu’il se sentira impliqué et concerné.
Donc le volet information est l’épine dorsale de tout le processus.
-b- Renforcement des capacités des ONG et l’appui aux organisations de masse.

Les ONG disposent de plus en plus des pouvoirs qui leurs permettent d’être consultées lors des grandes rencontres diplomatiques internationales, cette dernière décennie elles signent des contrats avec les grands operateurs économiques internationaux, rien que pour leur offrir une vision globale sur l’environnement mondial, elles jouent aussi un rôle important dans la médiatisation des besoins et des mouvements de lutte des peuples à travers la planète.

A cet effet, pour la mondialisation de la question kabyle ; l’engagement de ces ONG est absolument indispensable, ceci grâce à une médiation de proximité des associations et organisations professionnelles, sociales, culturelles et sportives existantes en Kabylie.

L’objectif dans le cadre d’appui aux organisations professionnelles et associations citoyennes, est de contribuer à l’accélération du rôle de la société civile dans le processus de sensibilisation et de mobilisation pour l’autonomie de la Kabylie.

{{Les principaux objectifs de cette vision sont :}}

– Consolidation de l’organisation interne et des capacités de gestion de ces assoc
– Encouragement des interactions entre associations locales et méditerranéennes.
– Accompagnement des associations pour assurer leur viabilité et leur fonctionnement.
– L’encouragement et la dynamisation des réseaux associatifs, par domaines d’intérêts à l’échelle de tout le territoire kabyle.
– Mise en relation et échange inter-association autour des projets spécifiques.

Ces programmes devront être enrichis et alimentés par le travail de proximité avec les cellules pluridisciplinaires rattachées au GPK.

{{2- A moyen terme :}}

Une fois l’adhésion est acquise, il convient alors de passer à la phase opérationnelle, dans laquelle ce gisement humain est le véritable acteur dans cette stratégie.

Dès que la réaction citoyenne est intériorisée, il appartient aux institutions centrales de se fendre au delà du cadre de référence que constitue la constitution algérienne.

{{3- A long terme :}}

S’inscrire résolument dans la composante incontournable de notre personnalité kabyle.

Sur le terrain il n’existe pas de solutions types, il n’y a que des situations et des contraintes auxquelles il faut trouver les meilleures réponses et mettre en œuvre des mesures adéquates.

Je termine avec cette formule de J F Kennedy : « nos problèmes ont été créés par l’homme et nous pouvons donc les résoudre, nos possibilités ne connaissent pas de limites, aucun problème humain ne va au delà nos capacités. »

Je vous remercie pour votre attention et mes remerciements un peu particuliers aux organisateurs de cette rencontre que je trouve révélatrice d’un nouveau processus d’évolution qui commence a germer sur cette terre de braves gens, et pour nous avoir donner cette précieuse occasion pour pouvoir exprimer notre vision sur une question que je pensais indiscutable un certain temps,

Une humble pensée pour tous les martyres de la cause berbère.

Moussa L Mehdi

Tizi l qarn le 02 avril 2011


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