Alors que les voyous y circulent en toute quiétude : Abominable crime au village de Bouhinoun

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La découverte macabre a été faite par un citoyen de ce village, qui, malgré son choc, a donné l’alerte. Aussitôt informés, les éléments de la protection civile et de la gendarmerie nationale se sont déplacés sur les lieux de l’horrible découverte. Selon les premières constations, la victime, originaire du village de Bouhinoun, aurait été tuée d’un coup de marteau ou de quelque objet similaire. Toujours

selon les premières constations, le coup mortel aurait été donné à l’occiput. Par ailleurs, le corps de feu Kamel Ouarbi a été affreusement mutilé. Plusieurs os de ses membres ont été brisés. C’est ce qui laisse supposer qu’un marteau aurait été utilisé par le ou les meurtriers dans cette besogne. Quant à l’acharnement quasi certain du ou des meurtriers sur la victime, il est démontré par au moins deux faits. Le premier : la mutilation du corps comme c’est mentionné ci-dessus et le second : la nudité totale du corps sans vie. Selon une source locale, le téléphone ayant appartenu au défunt a été trouvé près du corps. Ce qui laisse dès lors penser que cette affaire relève d’un cas de règlement de compte. Mais la partie adverse, c’est qui ? Là aussi, selon notre source, les enquêteurs semblent être sur la bonne piste.

En effet, après avoir recueilli les premières bribes d’informations, les gendarmes se sont vite dirigés vers les lieux d’un bar clandestin se trouvant non loin de la découverte du corps sans vie lequel était géré par un homme âgé d’une trentaine d’années et répondant aux initiales S.B. Celui-ci est également originaire de Bouhinoun. Devant l’entrée du débit de boissons alcoolisées, les enquêteurs ont trouvé deux cyclomoteurs dont l’un est de type scooter. Sur celui-ci, des taches de sang ont été relevées. A l’intérieur du bar, un sceau plein d’eau mêlée à du sang a été également trouvé. Le sang trouvé dans le sceau était effectivement de couleur rougeâtre. Le sang découvert sur le scooter et dans le sceau mêlé à de l’eau serait-il celui de la victime ? Son analyse le déterminera car une comparaison sera faite avec celui qui sera relevé du corps de la victime, lequel a été acheminé vers le CHU de Tizi-Ouzou pour autopsie. Quant à la présence humaine dans cet établissement exploité illégalement, les gendarmes n’en ont trouvé aucune. Selon notre source, le gérant aurait pris la fuite. Toutefois, la nature exacte de l’établissement est vite déterminée par les enquêteurs, puisqu’ils y ont trouvé une certaine quantité de bouteilles alcoolisées ainsi qu’une caisse dont nous ignorons le contenu. Selon notre source, la caisse en question ne pouvait contenir que des pièces de monnaie.

Notons enfin que le crime aurait été probablement commis la veille de la découverte du cadavre ; soit donc au cours de la nuit du 30 au 31 août 2011. Nos lecteurs doivent savoir que ce qui laisse perplexe et met en émoi les habitants de Bouhinoun, ce n’est pas tant le crime commis mais le fait qu’il soit commis sur la personne de Kamel Ouarbi. Le défunt, avons-nous appris, était l’exemple même de la bonne conduite. Il était maçon de son état et jamais il n’a attiré sur lui d’une manière répréhensible les services de sécurité. Pour le reste, à savoir la mainmise de voyous et autres rebus de la société sur le village de Bouhinoun, elle ne date pas d’aujourd’hui. A plusieurs reprises, selon notre source, les services de sécurité ont été saisis par les paisibles citoyens de ce village pour leur signaler la présence de voyous et les activités malsaines auxquelles ils s’y adonnaient, mais rien ne se fit. L’exploitation de bars clandestins, la commercialisation et la consommation de stupéfiants et des fois même la pratique de la prostitution se faisaient au su et au vu de tous. La responsabilité des services de sécurité dans le climat de déliquescence avancé au village de Bouhinoun, à l’instar de la plus part des villages de Kabylie d’ailleurs, est avérée.

L’ennemi de l’Etat algérien, outil de la mafia politico-finacière, n’est autre que le peuple kabyle. Car à bien étudier ce qui semble être un phénomène, ces voyous et malfrats qui rendent la vie infernale aux paisibles et honnêtes citoyens sont pour la plus part d’entre-eux des indicateurs et des délateurs. Ils font la délation et le mouchardage au profit de qui et sur qui ? La réponse est toute simple. Cette racaille renseigne les services de sécurité sur les faits et gestes de celles et ceux ne partageant pas la politique et la manière de faire de la mafia politico-financière. Car, si réellement les services de sécurité étaient motivés par la protection des biens et des personnes honnêtes, ils solliciteraient la collaboration de celles-ci. Sous d’autres cieux, en Occident notamment, il est connu que des policiers ou des gendarmes laissent délibérément en liberté un salopard. Celui-ci est dans ce cas soumis au chantage. Il accepte de faire la taupe ou aller séjourner quelques temps en prison, soit le temps de payer sa dette envers la société. Cependant, l’objectif des policiers et des gendarmes en laissant « leur » racaille en liberté est d’identifier et de neutraliser des éléments plus dangereux et plus nuisible que leur taupe.

En Algérie, en Kabylie particulièrement, tous les malfrats sont laissés en liberté car les services de la majorité d’entre eux sont sollicités. En d’autres termes, l’insécurité en Kabylie est voulue au plus haut niveau de l’Etat. La question pertinente qui se pose alors est de savoir jusqu’à quand ces méthodes machiavéliques continueront à faire les « bonnes affaires » des décideurs.

Addendum :

Selon une information de dernière minute, le nommé Kamel Ouabri, aurait été tué par trois personnes qui venaient d’arriver du Sud algérien et qui ne seraient autres que ses voisins. Par ailleurs, nous avons appris que les présumés meurtriers auraient été vus par un témoin, lequel a pris la fuite suite au drame. En effet, celui-ci était déjà recherché par les autorités, puisqu’il était déjà condamné pour trafic de stupéfiants et, par conséquent, ne pouvait pas témoigner devant le magistrat. Toutefois, selon toujours notre source, ce témoin aurait répété aux parents de la victime ce qu’il avait vu. Notons enfin qu’une source de bonne foi nous a révélé que ce crime relève d’un règlement de compte.

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