Entrée sociale 2011 – Elle s’annonce aussi négative que les précédentes

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Le premier : les dépenses faramineuses inévitables auxquelles feront face les ménages dont la plupart font partie de la classe ouvrière, dont l’ indigence matérielle est flagrante.

Le second : les ingrédients habituels servis par-ci et par-là à chaque période qui précède la rentrée sociale. Il semble que chaque partie concernée par le sort des familles ouvrières connaît à la perfection son rôle à jouer et les ingrédients à mettre dans le petit plat à servir.

En effet, les partis dits d’opposition, comme par magie, se réveillent dès la fin du mois d’août pour se rappeler les différents maux dont souffre la population. Rien n’est oublié. De l’insécurité jusqu’à la faiblesse criarde du pouvoir d’achat via les relations contre-nature qu’entretiennent entre eux les différents appareils de l’Etat. Pour l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA), conduite par un certain Madjid Sidi-Saïd, symbole du carriérisme et de l’indigence intellectuelle, le remède à la crise aiguë que vivent les salariés depuis des lustres est toujours à la portée de la main : la tripartite (UGTA, gouvernement et patronat). Et comme de coutume, celle-ci est programmée pour le mois d’octobre ou novembre. Un mois et demi pour déblatérer et sortir avec des résolutions où le travailleur ne se reconnaît aucunement.

De son côté, le gouvernement annonce des mesures à faire « crever de jalousie » les travailleurs les mieux payés des grandes firmes internationales et pourquoi pas à faire « réveiller » Karl Marx pour crier au monde la justesse et l’exactitude de son « Capital ». Oh dieux, rien que du pipeau. L’Algérie est malade. Elle est rendue malade par ses dirigeants et ses conseillers, nationaux et étrangers. Les symptômes de la maladie sont identifiés et connus. Il suffit donc d’un courage pour choisir le bon remède. Qui oserait donc imposer les solutions idoines à la problématique algérienne ?

La question est beaucoup plus complexe qu’elle ne le paraît. En effet, le statut et le poids véritables de l’Algérie sur la scène internationale, peu d’Algériens les connaissent. Même la nature relationnelle exacte entre la France et l’Algérie est ignorée de la majorité des Algériens. Il y a quelques années, l’ex-directeur général de l’ENTV, M. Hamraoui Habib-Chawki a interviewé M. Jacques Chirac, alors président de la république française en exercice, au cours de sa visite officielle en Algérie. Au cours de cet entretien, l’ancien patron de l’ENTV a raté une belle occasion de renseigner les Algériens sur la relation existante réellement entre la France et l’Algérie. Pourquoi ce ratage de la part de Hamraoui Habib-Chawki ? Manque de courage ou de compétence ? Probablement les deux.

Tentons donc de colmater un tant soit peu les brèches laissées par l’ex-directeur général de l’ENTV qui, d’ailleurs, a fini par être accusé de vols et détournements de deniers publics. La question qui aurait due être posée à M. Jacques Chirac et qui, cependant, reste aussi bien pertinente que d’actualité est la suivante : A conjecturer que l’Algérie soit victime d’une agression militaire d’un pays tiers, qu’elle serait la réaction de la France ? Le pays de Charles de Gaulle et de Georges Clemenceau se contenterait-il d’appeler au calme l’agresseur et l’agressé ou ordonnerait-il sans perdre une minute à ce que ses appareils volants de combat et ses bâtiments de guerre interviennent pour repousser et punir l’agresseur de l’Algérie ? C’est de la réponse honnête, c’est-à-dire sans l’ombre d’une périphrase à cette question qui semblerait « idiote » et dépourvue de toute logique que dépend celle concernant la relation exacte entre la France et l’Algérie.

Beaucoup d’Algériens sont persuadés que le Français se conduit comme un grand frère, c’est-à-dire comme protecteur vis-à-vis de l’Algérien. Cette protection est également vue et interprétée comme « payante et monnayable ». Le Français ne joue pas au « Zoro » pour le simple plaisir de plaire. C’est comme un amant qui protège sa maîtresse. Il la protège oui, mais en contrepartie, il profite de ses charmes. Donc si la France protège l’Algérie, qu’est-ce qu’elle gagne en contrepartie ? Est-ce un hasard si l’Algérien ne consomme que du produit français ? La France, pays non producteur du pétrole, exporte fort bien ce produit dit vulgairement l’or noir. Quel pétrole exporte donc la France en sus de répondre largement à ses propres besoins en matière de consommation ?

Même les responsables français ont la bouche cousue sur cette question. Normal puisque ceci relève du secret d’Etat. Il se trouve cependant que si sur le plan de danger extérieur, les Algériens peuvent dormir tranquillement sur leurs deux oreilles, puisque le « grand frère » français assure la garde sur sa guérite il n’en est pas de même en ce qui concerne la sécurité interne.

En effet, le citoyen algérien souffre non seulement de l’insécurité physique, puisque le terrorisme et le banditisme constituent son lot quotidien, mais vit journellement aussi un mal plus grand, à savoir la malnutrition et la sous-alimentation. Naturellement, si l’on en croyait le premier ministre algérien, M. Ahmed Ouyahia, « l’empereur » de la falsification des chiffres, le produit interne brut (PIB) algérien serait presque identique à celui d’un pays industrialisé. Quant au chef de l’Etat, M. Abdelaziz Bouteflika, il se base sur le niveau de vie de ses courtisans pour avoir une idée sur celui de la majorité des Algériens. Le comble dans tout ça, c’est que cela a fini par devenir une banalité. Pour calmer le peuple qui crie famine, on lui sonne à l’oreille l’existence d’un mal plus profond et plus dur que la faim et autres misères matérielles qui le rongent depuis des années. L’existence du banditisme et autres phénomènes a pour origine la condition sociale qui a atteint un seuil intolérable. Appeler la population à rester vigilante ne résout pas le problème. Rester vigilant vis-à-vis de qui ou de quoi ? La vigilance est synonyme de prévention. Le citoyen simple vit déjà avec le pire.

L’issue de sortie réside donc ailleurs. Et pourquoi pas inviter le « grand frère chéri » français à fournir plus d’efforts dans ses gestes « altruistes ». La bonne vache qu’est l’Algérie peut assurer à tout le monde sa ration de lait. Et en attendant que le choix le moins mauvais se fasse, le cauchemar de la classe ouvrière algérienne continue.

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