L’anti-sémitisme, une maladie algérienne

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CONTRIBUTION (Tamurt) – De ce fait, l’Etat palestinien doit être mis sur pied avec les garanties nécessaires pour l’épanouissement des Palestiniens dans un climat de liberté et de prospérité. En revanche, les israéliens ont le plein droit de vivre dans la paix dans leur territoire. C’est pour ainsi dire que les attentats terroristes perpétrés par les groupes terroristes du Hamas doivent cesser pour, d’un coté, encourager le processus de paix, ensuite, isoler les groupuscules extrémistes de part et d’autre. Mais chez les pouvoirs arabes et leurs peuples, la paix passe d’abord par la négation de l’Etat juif, même si, les Palestiniens eux-mêmes, les premiers concernés (sic), négocient une autre issue à ce conflit, avec ceux que leurs alliés nient.

Un discours pour la consommation interne

D’aucuns estiment qu’un fossé sépare la réalité palestinienne et le discours distillé par les pouvoirs totalitaires arabes. Ainsi, les Juifs sont de tout temps présentés comme un ennemi coriace qu’il faut, à tout point de vue, combattre, voir exterminer. Ce discours, tenu exclusivement par des pouvoirs comme celui d’Alger vise non pas le soutien a cette cause, par ailleurs juste, mais à la simple consommation interne. Il sert de catalyseur et d’échappatoire à la fois, pour détourner les peuples de leurs premières occupations, à savoir se libérer d’abord des dictateurs qui les gouvernent.

Ce racisme et cet antisémitisme passe chez les Arabes comme une preuve de bonne citoyenneté arabe. L’arabisme est fondé d’abord par le sentiment anti-juif. Il confère à ses instigateurs une meilleure souplesse dans le discours raciste. Ce même discours qui leur sert de moyen de fédérer leurs peuples, non pas autour d’un projet, mais, autour d’un idéal qui n’est pas forcément celui de la société dominée. Si, par malheur, on badine avec le soutien à la Palestine, l’on sera aussitôt désigné comme un traître à la Nation arabe. Comme un pro-sioniste, comme un espion qu’il faut abattre.

Après, bien entendu, les défaites des armées arabes, face à l’Armée du Tsahal, Anouar Sadate, assassiné par des fanatiques islamistes, a mis l’accent sur la nécessité d’engager des pourparlers entre les deux peuples, juif et arabe. Dès lors, ni le Maroc, qui entretient des relation plus qu’amicales avec l’Etat hébreu, ni les monarchies d’Arabie, ni la Tunisie, ne sont désignés comme des traîtres à la cause dite arabe, alors que la première cause de ces peuples, est d’abord, se débarrasser de leurs pouvoir répressif et prôner la démocratie.

Malgré cette avancée dans les mentalités, l’Algérie, héritée de Boumediene, demeure le seul et unique pays à soutenir la Palestine, avec tous les moyens, sans prendre en considération les nouvelles données du conflit.

Les guerres de 67 et 73 et la lâcheté arabe

Le général Chazli, le chef militaire égyptien qui a guidé les forces arabes lors des guerres de 67 et 73, une mise à nu des pouvoirs arabes, notamment égyptien, est présenté d’une manière loquace. Ce chef militaire exilé à Alger en raison de son opposition à la politique de paix de Sadate, explique le comment de la défaite des armées arabes alliées contre l’armée israélienne. Ces défaites restent une énigme du fait de la complicité des régimes arabes qui envoient des jeunes appelés en pâture dans une guerre perdue d’avance.
Sur ce point, il faut souligner que plusieurs jeunes Kabyles ont été enrôlés par les services de Boumediene pour servir de chair à canon dans un conflit qui n’est en réalité qu’une pure manipulation des régimes arabes, qui ont pris le peuple Palestinien en otage.
Sur un autre registre, comment expliquer une aventure guerrière sans y mettre les moyens nécessaires pour sa réussite ? Il faut tout de même souligner qu’aucun régime arabe engagé dans cette guerre n’est exempt de complicité avec les Etats proches d’Israël, à savoir les USA, la France…

Un moyen de propagande

L’on se souvient qu’en 1967, lors du coup d’Etat d’El Kadhafi, ce dernier avait annoncé son engagement à exterminer les juifs et libérer la Palestine. Même Sadam Hussein, avait, en 1991, menacé de bombarder les territoires occupés pour titiller l’ego arabe et l’enrôler à sa cause. Même Boumediene, l’un des adeptes de la grande nation arabe, a usé du sentiment anti-juif pour calmer les ardeurs de la contestation interne portée essentiellement par la Kabylie, en désignant cette dernière comme le bras long du Mossad.
« Maâ filastin dalima aou madlouma », »(Nous sommes avec la Palestine, qu’elle ait raison ou tort), résume ce soutien sans queue ni tête à une cause utilisée plutôt pour se maintenir et s’accrocher au pouvoir, que pour libérer un peuple sous la colonisation.
Le FATAH, unique représentant du peuple palestinien est foncièrement aux antipodes de tous les régimes arabes. Le FATAH de Mahmoud Abbas prône plutôt un Etat laïc, moderne et démocratique. Donc, les soutiens arabes se font rares, en dehors des aides financières, au futur Etat palestinien.

Le Sahara occidental et les régimes arabes

Le cas de la Palestine est présenté comme l’unique conflit de décolonisation, pourtant, un autre cas est éludé, systématiquement, par les régimes arabes, sauf, celui d’Alger pour des raisons connues de tous. Le cas du Sahara occidental est très cocasse. Boumediene avait baptisé cette république « république arabe sahraouie » pour obtenir le soutien des Arabes. Mais ni les monarchies arabes, qui soutiennent la monarchie marocaine, ni les républiques baathistes qui considèrent que ce sont les impérialistes qui ont divisé la nation arabe, ne l’ont soutenu.Ceci dit, ni les régimes arabes, ni les intellectuels arabes ne se sont souciés de défendre les peuples non arabes, à plus forte raison lorsqu’ils sont opprimés par les arabes.

Amnay Ait Ifilkou

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