Direction des Moudjahidine de la wilaya de Tizi-Ouzou : administration ou parc à bestiaux ?

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Algérie Constitution
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TIZI-OUZOU (Tamurt) – En tout cas les services de la direction des Moudjahidine de la wilaya de Tizi-Ouzou n’ont pas évolué d’un iota. Nous pouvons même dire que la situation a empiré depuis que le pouvoir d’Alger a lâché en pleine nature ses hordes terroristes au nom de l’ex-Front Islamique du Salut (FIS).

En effet, tous les lundis et tous les mercredis, journées de réception du public, des centaines de personnes des deux sexes, tous les âges et de toutes les conditions physiques, se font parquer comme de vulgaires bestiaux devant le portail principal de l’institution d’abord et dans les halls de ladite institution ensuite. Tout d’abord, pour avoir droit à faire la chaîne devant le service où l’on a à faire, il faut jouer des coudes pour avoir un jeton lequel vous permet d’avoir accès à l’intérieur du bâtiment.

Les agents ayant pour mission de distribuer ces jetons sont débordés tant la demande est forte et tant les bousculades et cris sont légion. Une fois devant le bureau concerné, le malheureux citoyen doit faire preuve de patience, voire de longanimité pour se retrouver enfin devant l’agent ayant la charge du dossier ou tout simplement du document dont on a besoin. Et souvent, le malheureux citoyen revient bredouille car on lui rétorque que son dossier n’est pas prêt, et, par conséquent, est « prié » de revenir ultérieurement.

Dans le hall réservé à l’attente, les bancs sont en nombre insuffisant. C’est pourquoi, la plus part des citoyens sont condamnés à ne compter que sur les muscles de leurs jambes pour supporter leur poids. De leur côté, les fonctionnaires ne savent plus où donner de la tête tant des dizaines de voix les interpellent au même temps. Une seule administration pour l’ensemble des habitants de la wilaya de Tizi-Ouzou. Que peut-on dire de celles et ceux habitants à la limite territoriale de la wilaya ?

A quel moment, les malheureux citoyens doivent quitter leur lit douillet pour arriver à l’ouverture du « parc à bestiaux » appelé direction des Moudjahidine ?

Ce que nous avons constaté aujourd’hui (lundi, 23 juillet 2012) dépasse tout entendement. C’est de l’innommable. Bien avant neuf heure, moment de l’ouverture du portail, la foule, déjà nombreuse, s’est agglutinée dans la rue debout à supporter stoïquement les rayons solaires d’été. Après une attente qui a semblé une éternité, car au soleil déjà tapant fort, il faut ajouter l’effet du ramadhan, le portail s’ouvre enfin. A ce moment, une course effrénée s’engage. Normal puisque chacun est dans le désir ardent d’en finir pour pouvoir rentrer chez lui. Dans la cour donc, un nouveau round est engagé : il faut réussir à arracher son jeton. La troisième phase consiste à attendre son tour devant le bureau concerné. A ce niveau, l’élément temporel devient atemporel. Un stressé, un claustrophobe ou quelqu’un souffrant de quelque maladie organique peut facilement subir une attaque.

Tel est le climat qui règne tous les lundis et tous les mercredis à la direction des Moudjahidine de la wilaya de Tizi-Ouzou. Nos lectrices et lectrices doivent savoir que les protestations et les crises de nerf qui se comptent par dizaines ne sont prises en compte dans le présent écrit. La grande question est de savoir pourquoi le pouvoir d’Alger, plus exactement le ministère que dirige le sieur Chérif Abbas, s’obstine à refuser la décentralisation de sa direction des Moudjahidine de la wilaya de Tizi-Ouzou. Cette décentralisation est plus que
jamais nécessaire. Car la seule façon de mettre fin aussi bien aux usagers de cette direction que ses fonctionnaires est le transfert des compétences administratives aux communes concernées. Certains pseudo analystes et intellectuels accusent les agents administratifs d’être les responsables de la bureaucratie qui fait ravage. De telles accusations sont sans fondements. La responsabilité totale de cette bureaucratie « criminelle » incombe totalement aux hauts fonctionnaires d’Alger.

En effet, ce sont ces scribouillards d’en haut qui signent les circulaires portant mode d’emploi et d’exécution. Le fonctionnaire de l’administration régionale ou locale ne fait qu’exécuter les directives qu’il reçoit de sa hiérarchie. En clair, ce sont les responsables du ministère des Moudjahidine qui ne veulent pas d’assouplissement dans le traitement des dossiers des Moudjahidine, veuves de Chouhada et ayant droit. Antérieurement à l’avènement terroriste, certains dossiers étaient pris en charge au niveau des kasmas (une kasma au niveau de chaque commune). De la sorte, la difficulté était mineure. A partir de 1992, année où le pouvoir a lâché ses mercenaires pour tuer, saccager et détruire, le ministère des Moudjahidine a sauté sur l’occasion pour centraliser le tout au niveau des directions des wilayas, et ce, en invoquant le motif sécuritaire. Argument fallacieux dans la mesure où une kasma ou une commune ne peuvent résister à l’assaut d’une horde de mercenaires, la direction des Moudjahidine ne peut pas non plus leur résister. L’autre argument devant justifier la décentralisation est avancé même par le gouvernement algérien à savoir que le terrorisme est réduit à son stade résiduel. Ce n’est pas des arguments qui manquent pour appuyer le non fondé de cette centralisation criminelle. La vraie grande problématique est de pouvoir convaincre le
ministre, Chérif Abbas, qu’il est temps pour lui de prendre sa retraite. Il a trop de mal pour l’Algérie et principalement pour la famille révolutionnaire. Après tout, cet homme, même si dans la réalité il est doté de la force d’Hercule et qu’il fait l’amour cinq fois par jour avec les prostituées fréquentant les chics hôtels de Tipaza, est reconnu comme un Moudjahid réformé à 100%. En Effet, notre « beau » Chérif Abbas est classé à la catégorie 3 dans son handicap physique. Sa retraite serait même bénéfique pour la réputation de la république. Qui dit effectivement que quelqu’un est handicapé à 100% et classé à la catégorie 3, sous-entend qu’il est grabataire et, par conséquent, ne peut en aucun cas exercer quelque activité, surtout pas des fonctions ministérielles.

Alors ? Ou ce ministre cède son fauteuil pour le motif d’handicap physique ou mental où il rend l’argent qu’il a pris à ce titre sur le dos du contribuable. En vérité, même le Premier ministre algérien, M. Ahmed Ouyahia, et le président de la république, M. Abdelaziz Bouteflika, sont directement concernés par le cas Chérif Abbas. Quant aux biens que ce ministre des Moudjahidine qu’il a en France, pays, paraît-il, qu’il a combattu, les peuples kabyle et algérien peuvent fermer les yeux sur cela. Quand ils ont appris cette chose de la part même des dirigeants français, ils en ont même ri. Nos lecteurs et lectrices doivent savoir à ce propos que lorsque M. Chérif Abbès a déclaré publiquement que c’est le lobby juif qui a placé Nicolas Sarkozy à la tête de la république française, celui-ci, alors en plein exercice présidentiel, a demandé une enquête au sujet de l’auteur de la déclaration. L’enquête dirigée par les services secrets n’a pas duré longtemps. Dans sa réponse, le responsable de l’enquête a déclaré à Nicolas Sarkozy : « Monsieur le président, vous n’avez pas plus confiance en la France que M. Chérif Abbas ». « Comment ça ? », répond Nicolas Sarkozy pour la forme car il a bien deviné ce que voulait lui signifier son interlocuteur. « Pour la simple raison que le ministre algérien des Anciens Combattants, explique le responsable de l’enquête, a tous ses biens ici en France. Même ses enfants qui sont, il est vrai apolitiques et à la moralité irréprochable, vivent ici en France ». Cette anecdote se veut une parabole qui signifie ceci : est-ce raisonnable de faire confiance à un homme, même ministrable, qui n’a pas confiance en son pays ?

Saïd Tissegouine

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