Poursuites contre Kahled Nezzar, un non événement pour la Kabylie

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La question entre les « pour » ou les « contre » Nezzar ne se pose même pas.
Personne ne semble accorder intérêt à cette affaire, si affaire il y a d’abord, alors que ce sujet fait quotidiennement la une des journaux de la presse algérienne.
« À chaque fois que j’ouvre un journal, je tombe sur le visage de Khaled Nezzar. Il est le seul à tirer profit de cette affaire puisqu’il est hyper médiatisé et a refait surface sur la scène politique ces derniers jours alors que tout le monde l’a oublié. Il me parait un peu qu’il se réjouit de ces poursuites », commente un confrère.

Notons que Nezzar, âgé de 75 ans, un des artisans de l’arrêt du processus électoral en 1992, suite à la victoire du FIS lors des législatives, est esté en justice par l’ONG suisse Trial, après le dépôt de plaintes par deux ex-militants du FIS pour torture.
Pour rappel, l’accusé a été arrêté à la capitale Helvétique pour la première fois le 20 octobre de l’année dernière, lors de son voyage pour des soins liés au tabagisme, il avait été remis en liberté après avoir passé 36 heures de détention et répondu à une série de question pour crimes de guerre commis entre 1992 et 1994.

Il avait bien sûr tout nié en bloc. Les deux partis fortement implantés en Kabylie, le FFS et le RCD, même si par le passé leurs positions étaient diamétralement opposées sur l’arrêt du processus démocratique en 1992, le premier avait dénoncé un coup d’état alors que le second a applaudi les généraux, cette fois leurs avis, sur la poursuite de Khaled Nezzar par la justice Suisse, semblent converger, d’une manière instinctive.

Ces deux partis politiques gardent le silence, pour le moment, à l’image d’une Kabylie qui vomit ce militaire et ces islamistes. Connue pour son racisme envers les Kabyle, le fameux général major Khaled Nezzar, qui était dans les rangs de l’armée française jusqu’à la fin de la guerre de libération nationale, 1959, selon une biographie rédigée par ses propres mains, ne s’est pas attaqué aux militants du FIS qui sont derrière ces démêlées, lors d’un passage à la télévision Nahar TV.

Il a déversé son fiel sur Hocine Aït Ahmed pour la simple raison qu’il est Kabyle. « On a pas de choix à faire entre le choléra et la peste. Les militaires et les islamistes sont l’ennemi numéro un de la Kabylie. Nezzar prétend avoir défendu la démocratie et les institutions de la république. Un régime qui a privé tout un peuple et une région de ses droits culturels et linguistiques depuis 1962.

Quant aux Islamistes, créés justement par les militaires, faut-il le préciser, ce n’est pas la peine d’en parler », nous dira un citoyen de la région de Boudjima.

Par ailleurs, Nezzar et montré du doigt aussi dans l’affaire de l’assassinat du président Mohamed Boudiaf.br>Le 24 juin dernier, jour de l’anniversaire de l’assassinat de Boudiaf, Nezzar a osé même se déplacer au cimetière d’El Alia, à Alger, pour lui rendre, soi-disant, hommage.

Il a été interpellé par quelques jeunes présents sur place. “Vous êtes responsable de ce que nous vivons aujourd’hui !”. “Qui sont ces gens puissants qui sont en train de cacher la vérité sur les disparus ?”

“Qui a assassiné Boudiaf ?”, lui a lancé un jeune. Une interpellation qui a mis dans la gène l’ex-ministre de la défense. Il a essayé de répondre mais sans convaincre. [La vidéo->http://www.youtube.com/watch?v=hr3xDskPYuU] a fait le tour de monde.

Nadia Iflis

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