Cela s’est passé à Tassaft (Tizi Ouzou) : La famille Aït-Hamouda met en avant son arbre généalogique

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Colonel Amirouche

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Et en toute vérité, la famille Aït-Hamouda peut être très fière du sien. Tout d’abord, il y a l’élément temporel de cet arbre généalogique qui n’est pas des moindres. En effet, grâce à un travail de recherche mené, chacun de son côté, par les membres de la famille, il est permis de savoir aujourd’hui que l’arbre généalogique des Aït-Hamouda repose sur l’élément temporel de six siècles. Cela veut dire que l’espace géographique appelé « Tassaft » a accueilli le premier Aït-Hamouda Il y a six siècles de cela.

Le suivi et la lecture de l’arbre généalogique faits sur écran par le support Data Show ont mis bon nombre de paires de yeux dont la nôtre à rude épreuve. Toutefois, l’enseignement et le renseignement recueillis ont largement compensé la fatigue et le mal des yeux. Par ailleurs, l’arbre généalogique présenté par l’animateur a permis à la nombreuse assistance de connaître, preuve à l’appui, le rôle joué par les Aït-Hamouda à travers les générations pour la défense et la protection de l’Algérie en général et la Kabylie particulièrement.

De l’époque où la Kabylie était aux prises avec l’administration ottomane jusqu’à l’indépendance de l’Algérie, la famille Aït-Hamouda a versé beaucoup de sang. A chaque époque, c’est-à-dire à chaque soulèvement kabyle contre l’envahisseur et l’oppresseur, la famille Aït-Hamouda inscrivait à son martyrologe un nouveau martyr. A la célèbre bataille d’Icheriden de I857 puisqu’elle a été particulièrement sanglante, c’est Saïd El Hadj Aït-Hamouda qui laissa sa vie sur le champ de bataille. D’ailleurs, la rencontre familiale d’aujourd’hui a été baptisée au nom de ce martyr. A noter que les rencontres à venir – il y en aura beaucoup – chacune sera baptisée au nom d’un martyr. « Nous avons tellement de martyrs que nous n’aurons aucune difficulté à baptiser nos futures réunions », a lancé avec fierté et assurance l’animateur.

L’autre enseignement à tirer de cette rencontre mémorable a trait incontestablement à l’histoire combattante de la Kabylie et de son ordre politique, sociologique, religieux et culturel. Avec de solides références historiques, l’assistance a été informée que la Kabylie a combattu avec courage, honneur et férocité tous ses agresseurs. Des Turcs jusqu’aux Français. Même le refus des Kabyles par les voix de leurs « lamines » de se soumettre à l’autorité de l’émir Abdelkader après qu’il eut tenté de leur faire abandonner leur mode sociologique et structurel en embrassant le sien a été évoqué à l’issue de ce cours d’histoire.

Idem concernant l’anecdote relative à l’algarade qu’il a eue avec un « Lamine ». Celui-ci, bien renseigné sur les tractations de l’émir avec les autorités françaises, a reproché à son interlocuteur (l’émir Abdelkader ) son manque de loyauté et de franchise envers les Kabyles. Une autre anecdote rapportée et relevant incontestablement de l’histoire : l’émir Abdelkader, une fois soumis à l’autorité du conquérant (Français) a conseillé à un général français (Beaumont), chargé de la conquête de Kabylie, de jouer la division des rangs kabyles pour mieux les briser.

S’agissant de la pénétration du territoire de la Kabylie, les conquérants français y ont consacré un temps de pas moins de I7 ans. Quant à l’arrivée des Français en Algérie, c’est évidemment un certain lundi, I4 juin I830. L’animateur l’a si bien rappelé aujourd’hui. Il a également rappelé que le lundi, 5 juillet I830, Alger a capitulé. S’agissant de l’affrontement (bataille de Staoualli), les guerriers kabyles (I8.000) étaient au nombre beaucoup plus important que celui des troupes et miliciens mobilisés par le Dey d’Alger. Une autre information d’une grande valeur : la mobilisation des guerriers kabyles a été faite dans la précipitation.

En effet, les lamines n’avaient pas le temps de saisir tous les hommes en âge de se battre. Au début du I9ème siècle, les communications d’urgence se faisaient par le biais de messagers montés à cheval. En dépit de cette course contre la montre, les combattants kabyles étaient de loin plus nombreux que les autres à faire face aux soldats français, parfaits connaisseurs de la science de la guerre et, surtout, mieux équipés militairement. Notons enfin que nos lecteurs auront l’occasion de lire dans les pages de ce même journal la saga des Aït-Hamouda et d’importants passages sur l’histoire combattante de la Kabylie. Quant à l’initiative de la famille Aït-Hamouda, il va sans dire qu’elle relève de l’inédit. Et le journal Tamurt.info l’en félicite vivement.

Said Tissegouine

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