Feux de forêt dans la wilaya de Tizi-Ouzou : 6271 ha dont 3431 de forêts ravagés par les flammes

4

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Aux résultats de notre enquête, il ressort que les feux ont détruit exactement 3431 ha de forêts, 841 ha de maquis, 817, 8 ha de vergers dont 445 oliviers et 1075 ha de broussailles.

Au regard de ces chiffres, il ressort que les incendies ont surtout touché nos forêts dont le pourcentage est de l’ordre de 94,5%. La forêt de Boumehni, sise au sud-ouest de la ville de Tizi-Ouzou et dont la superficie était de l’ordre de 3360 ha et qui était fort connue pour sa densité est aujourd’hui réduite presque à néant.

Les feux l’ayant ciblé étaient si répétitifs que les cellules des arbres ont fini par mourir. Cela veut dire donc que cette forêt ne peut plus se régénérer.

Aussi, pour faire retrouver à Boumehni son aspect d’autrefois, il faudrait une vaste campagne de reboisement. Selon des experts de la culture sylvicole que nous avons contactés, il faudrait en moyenne, et ce, en terme temporel, 80 ans pour qu’un arbre de chêne-liège arrive à maturité, c’est-à-dire productif. Dans les milieux à fort taux d’humidité, le chêne-liège peut prendre l’aspect d’un arbre en un laps de temps de 35 ans au minimum. Selon les services forestiers de la wilaya de Tizi-Ouzou, la surface forestière totale de la wilaya de Tizi-Ouzou est de l’ordre de 112.000 (cent douze mille) ha. En tout, il y a six (06) forêts et que voici :

– Forêt d’Akfadou : 4. 600 ha,
– Forêt d’Ath-Ghobri (Yakouren) : 5.700 ha,
– Forêt de Mizrana : 2.230 ha,
– Forêt de Tamgout : 3.698 ha,
– Forêt d’Azzouza (Zekri) : 2. 157 ha,
– Forêt de Boumehni : 3.360 ha.

Selon les ingénieurs et cadres des services forestiers de la wilaya de Tizi-Ouzou, le chêne-liège constitue une richesse incontestable pour l’environnement puisqu’au tour de lui pousse une richesse végétation et variée dont le lentisque, la bruyère, etc… « Il n’est pas moins vrai, ajoutent nos interlocuteurs, que le chêne-liège joue un rôle non des moindres pour l’industrie ». Par ailleurs, ll est connu que le chêne-liège est un arbre typiquement méditerranéen. En effet, on ne peut voir cet arbre que dans les pays tels que l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Espagne, la France, le Portugal, etc…

Nos lecteurs doivent savoir que dans les années soixante et soixante-dix, l’Algérie, non seulement répondait largement à la demande nationale en matière de chêne-liège mais exportait aussi cette matière. De nos jours, l’Algérie arrive de très loin après le Portugal en matière de production de ce bois précieux et ses dérivés. Principale cause de ce recul : incendies répétitifs ciblant nos forêts. Pour ne pas jouer avec les mots comme un couple de collégiens désireux de découvrir les joies que procure le corps opposé, disons-le tout de suite : la destruction de nos forets par les moyens incendiaires obéit à un schéma dessiné au plus haut niveau de l’Etat, lequel schéma porte un nom : le sabotage économique de la Kabylie. Sous le fallacieux prétexte de déloger des terroristes de leurs cachettes, on met le feu aux forêts. A croire que ces terroristes – s’ils venaient à exister réellement en Kabylie – ont le même
mode de vie que les troglodytes. A considérer que c’est la lutte contre le terrorisme qui justifie ces feux de forêts, force est de conclure que ce n’est pas la meilleure solution pour venir à bout de ces « partisans de la république islamiste » puisque ceux-ci seraient apparemment toujours là.

Y a-t-il campagne de reboisement ou repeuplement de nos forêts ? La réponse est oui. En effet, selon les services forestiers de la wilaya de Tizi-Ouzou, entre l’année 2006 et l’année 20II, pas moins de 1608 ha ont été reboisés en chêne-liège. Nos interlocuteurs avouent toutefois que bon nombre d’hectares de reboisement ont été ravagés par les flammes. Autant comparer dès lors les efforts des services forestiers au Supplice des Danaïdes.

Addenda : nos interlocuteurs ne se sont aucunement prononcés sur l’origine de ces 381 foyers d’incendies. Ils nous ont simplement avoué que les importantes chutes de neige de l’hiver dernier ont été à l’origine de cassage d’un nombre important de branchages fournis en feuilles. En tombant, ces branchages ont à leur tour écrasé d’importants bosquets. Etant privés d’oxygène et d’alimentation nécessaire, ces bois ont fini par pourrir et, conséquent, devenir fort comestibles. Et définitive, le feu les parcoure vite et, au même temps, y trouve matière à l’alimenter.

Notons enfin que les forêts et vergers de la wilaya de Béjaia, à l’instar de ceux de la wilaya de Tizi-Ouzou, ont connu d’importants incendies. Ce qui s’est passé à Adekkar, il y a quelques semaines seulement, relève de l’apocalypse.

Saïd Tissegouine

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici