En Kabylie, désormais les citoyens se prennent en charge

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KABYLIE (Tamurt) – Abandonnés à leur triste sort, les citoyens de la Kabylie, ne ressemblant nullement à ceux des autres contrées d’Algérie, ont décidé de se prendre en charge. Ne voulant pas vivre dans l’insalubrité et ne voyant rien venir de la part des autorités pour le leur éviter, ils se sont constitués en communautés dans leurs cités respectives pour donner un coup de balai dans leur environnement immédiat. C’est le cas de la majorité des quartiers de la station balnéaire d’Aokas qui ressemblait, il n y a pas si longtemps de cela, à une énorme poubelle géante.

Avec la contribution financière de certaines âmes charitables, les habitants des différentes cités de la ville, sacrifiant leurs week-ends et jours fériés, organisent des volontariats pour aménager et redonner une autre image à leurs secteurs respectifs. C’est le cas de cette cité dite des 60 logements sociaux où la volonté populaire a voulu qu’elle se transforme, en l’espace de quelques semaines, en une belle place.
Dans une première phase, en tarabustant les services communaux, ils ont pu obtenir l’installation de poubelles pour remplacer le coin nauséabond réservé auparavant au dépôt des ordures. Avec une détermination inégalable et débordant d’énergie, les jeunes et moins jeunes du quartier ont planté des arbres, dallé les allées, installé des balustrades en fer forgé, mis en place des lampadaires et nettoyé tous les espaces verts pour les gazonner tout en projetant , dans un proche avenir, d’y ériger une clôture de sécurité pour la cité.

Très bonne initiative de la part de la population d’Aokas mais que font les responsables pour cette commune ? Une décharge balnéaire créé par l’ancien maire, devenu par la suite président de l’assemble populaire de la wilaya de Bougie durant deux mandats, n’a toujours pas été délocalisée malgré sa mitoyenneté avec la plage. Ce laxisme des autorités démontre que les décideurs veulent éloigner les touristes de la région kabyle pour les orienter vers Annaba, Skikda et Jijel et pourquoi pas vers l’Ouest du pays, région de Boutef. Pauvre Kabylie dépendante du bon vouloir d’un régime qui ne cesse de la marginaliser. N’est-il pas temps de se prendre en charge dans tous les domaines et non pas seulement dans le nettoyage des cités ?

Amaynut

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