Abderrezak Mokri à Tizi-Wezzu : « Aucun projet politique ne peut aboutir sans l’adhésion et l’appui de Tizi-Wezzu »

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Aberrazak Mokri
Aberrazak Mokri

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le président du parti islamiste Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), le Dr Abderrezak Mokri, n’y est pas allée avec le dos de la cuillère, hier en milieu d’après-midi, à l’occasion du meeting qu’il a animée à la salle Mouloud Mammeri de Tizi-Wezzu.

Le nouveau premier responsable du MSP, fraîchement élu le 4 mai dernier, a commencé son discours en annonçant qu’après avoir fait des sorties à Blida, « région natale de feu Cheikh Nahnah, M’sila, Oued-Souf et Chlef, j’ai décidé de donner la priorité à Tizi-Wezzu, car je sais qu’aucun parti politique ne peut construire sa politique s’il ne jouit pas de l’appui et la sympathie de Tizi-Wezzu ». L’orateur avoue ne pas «jeter des fleurs pour Tizi-Ouzou et ne fait que dire la vérité». L’orateur ajoutera que « sans Tizi-Wezzu, l’Algérie n’est rien ».C’est aussi suite à cela que l’orateur changera non seulement de thématique mais aussi de ton.

En effet, avec une voix plus solennelle, Abderrezak Mokri dénoncera la perversion de la pratique politique et le climat politique délétère marqués surtout par le carriérisme « abject ». L’orateur a surtout ciblé certains personnages de son propre parti sans toutefois les nommer puisqu’il dira tout de go : « celui qui n’est motivé que par ses intérêts personnels n’a qu’à aller les chercher ailleurs car il ne peut pas avoir de place au MSP ». Abderrezak Mokri mettra un accent particulier sur le 5ème congrès de son parti, tenu, rappelons-le, les 1er, deux et trois mai dernier. Le successeur d’Aboudjerra Soltani fera également référence à sa victoire puisqu’il dira que « le choix des hommes à l’issue de ce congrès a été fait démocratiquement puisque « cela s’est fait devant les médias ».

L’orateur donnera ensuite un aperçu sur le rôle de la politique qui est un moyen de « présenter et de faire aboutir un projet de société, de diriger les institutions et d’orienter les affaires de l’Etat pour le bien du citoyen… ». S’agissant de la situation politique générale du pays, non seulement le président du MSP tirera la sonnette d’alarme mais tirera aussi à boulets rouges sur les gouvernants et dirigeants du pays qu’il accusera d’être « responsables de la gabegie que l’on connaît ». « Comme seule économie, explique-t-il, ils n’ont compté et investi que dans le secteur des hydrocarbures. Or, cette énergie pétrolière, bien des experts mondiaux attestent à l’unanimité qu’elle sera épuisée dans un avenir pas lointain ». Le président du MSP a reconnu que le choix du développement économique de la Turquie, qui n’a pourtant pas de pétrole, est meilleur que celui de l’Algérie. « Il est urgent de lancer l’économie nationale en dehors du secteur des hydrocarbures », a lancé l’orateur qui a plaidé pour une petite et moyenne entreprise.

Se saisissant ensuite du dossier du Sud algérien, Abderrezak Mokri, tout en légitimant les revendications des habitants de cette région, a clamé qu’il est hors de question que les Algériens cèdent une percelle de cette partie du pays à une quelconque puissance étrangère. « Nos Moudjahidines, durant la guerre de libération nationale, se sont bien battus face à la France pour cette partie de notre territoire », a expliqué le n° un du MSP, avant d’expliquer les raisons des convoitises du Sud algérien par l’étranger, la France notamment. Et, encore une fois, Abderrezak Mokri accuse les dirigeants algériens d’être responsables des turbulences que connaît actuellement le sud du pays. Il ira même jusqu’à parler de l’existence d’une mafia qui dirige d’une main de fer l’Algérie. Dans ce contexte précis, il citera à titre d’exemple le cas de Chakib Khellil, sans toutefois le nommer, qui a quitté l’aéroport Houari Boumediène sans inquiétude au moment même où son nom était cité dans les affaires scandaleuses de SONATRACH. « Cela est la preuve de l’existence d’une mafia qui lui a garanti l’impunité », a souligné l’orateur.

S’agissant de la question de tamazight, le MSP exige à ce qu’elle soit langue officielle. Abderrezak Mokri dira tout simplement qu’en ce qui le concerne, il se mettra « dès maintenant à l’apprentissage du kabyle car il me faut absolument prononcer mon discours dans cette langue au moins durant un laps de temps de dix minutes ou un quart d’heure lors de ma prochaine visite ici en Kabylie ». En revanche, le président du bureau MSP de Tizi-Ouzou, le Dr Malik Gourari, dira que « nous les militants MSP de cette région, insistons à ce que tamazight soit langue officielle ». « Nous avons tous le droit de revendiquer cette langue car c’est notre langue à tous et aucunement le bien de certains », a avancé le premier responsable du MSP de Tizi-Ouzou. « Il est temps pour nous de l’arracher des mains de ceux qui prétendent en détenir des droits particuliers ». Pour ces propos, le Dr Malik Bourari sera remercié par un « tonnerre » d’ovations et de youyous. Pour sa part aussi, Mouloud Chebili, secrétaire à l’administration et aux finances du bureau MSP de Tizi-Ouzou ne manquera pas d’abonder dans ce sens. Mouloud Chebili expliquera même à l’assistance que l’exigence de l’officialisation de tamazight est bien notée et mentionnée au chapitre 6, article 4 de nos résolutions arrêtées lors du 5ème congrès.

Il y a lieu de noter enfin qu’en signe d’hospitalité des Tizi-Ouziens et surtout en guise d’amitié et de fraternité à l’endroit d’Abderrezak Mokri, les militants et militantes de son parti lui ont remis à la fin du meeting deux cadeaux. Le premier est une parure de bijoux en argent composée d’une chaîne, une broche et un bracelet. Le tout incrusté dans un tableau. D’ailleurs de loin, on prendrait les bijoux comme des éléments photographiés. Le second cadeau est un bidon de 5 litres d’huile d’olive vierge. Il s’agit naturellement de l’huile de Kabylie.

Said Tissegouine pour Tamurt.info

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